<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473</id><updated>2011-08-01T06:53:44.471-07:00</updated><title type='text'>Le blog de Roland LAURETTE</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>28</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-6430489024785678450</id><published>2011-05-20T13:06:00.000-07:00</published><updated>2011-05-20T13:13:06.163-07:00</updated><title type='text'>AFFAIRE DSK : LE POIDS DES MOTS</title><content type='html'>En préalable : je n'ai pas d'intérêts dans la maison Strauss-Kahn et je n'aurais vraisemblablement pas voté pour lui au premier tour de la présidentielles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème avec la presse, c'est qu'elle n'est jamais échaudée. Elle retombe toujours dans les mêmes bouilloires. Tout en jurant ses grands dieux qu'on ne l'y reprendra plus. Et si elle rappelle l'affaire Baudis, c'est pour n'en tirer aucun enseignement.&lt;br /&gt;Dans l'affaire DSK, hormis les premiers intéressés, personne ne sait ce qui s'est réellement passé ni même s'il s'est passé quelque chose. La simple prudence, la déontologie, le respect humain voudraient donc qu'on ne tire aucune conclusion, aucun enseignement tant que des faits patents ne sont pas avérés. Or, la quantité des commentaires est inversement proportionnelle à la somme des certitudes. &lt;br /&gt;Le comble, c'est qu'on voit monter au créneau de l'indignation des groupes et des gens qui protestent contre le fait que la "victime" et sa "souffrance" seraient oubliées. Elles le seraient parce que dans une société machiste on préférerait plaindre le satyre plutôt que la bergère. L'accusation est grave et mérite d'être examinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons d'un côté un homme riche, célèbre, qui occupe une position éminente dans le monde et à qui l'avenir promet des lendemains encore plus brillants. Cet homme perd tout en quelques heures, sa position sociale, sa carrière politique et son honneur. Il était au Capitole. Le voilà précipité dans la boue depuis la roche tarpéïenne. Ou sur le fumier de Job, comme on voudra selon la mythologie à laquelle on préfèrera se référer. Il est juste de dire qu'avant d'avoir été reconnu coupable par un tribunal, cet homme-là a déjà été très durement sanctionné. Et si, au bout du compte, il était reconnu innocent, comment la société lui rendrait-elle ce qu'elle lui aurait injustement pris ? Deuxième point. On ne s'intéresserait qu'au violeur et pas à sa victime. Mais d'une part, pour l'instant, la "victime" n'est qu'une bouche anonyme dont on ne sait rien sinon ce qu'en disent unilatéralement ses défenseurs. Elle est loin d'avoir démontré que son accusation est fondée. Si elle y réussit un jour, c'est elle que nous plaindrons et son bourreau que nous vomirons. A ce moment-là et à ce moment-là seulement, nous pourrons le faire l'âme en paix et la conscience tranquille. Toute prise de position, aujourd'hui, en sa faveur relèverait du préjugé ou de la voyance extralucide. D'autre part, l'immense majorité des commentaires, n'est qu'un glose jusqu'à la nausée sur l'addiction de DSK envers les femmes et le sexe. Ce qui revient à établir implicitement la déduction suivante : DSK aime trop les femmes donc il est un violeur. Donc il est coupable. &lt;br /&gt;Deux faits découlent de ce qui précède. L'un touche au vocabulaire employé. L'autre à un silence béant.&lt;br /&gt;Les mots d'abord. Si on parle de la femme de chambre du Sofitel, Nifissatou Diallo, on la désigne presque systématiquement par un mot : "La victime". Qui ne comprend que ce mot contient déjà la condamnation de l'accusé ? Oh, certes, au détour d'une phrase, on se donnera les gants de l'impartialité en invoquant la présomption d'innocence. Mais ce n'est manifestement qu'une clause de style, une formule vide de sens et de portée. Le seul mot neutre qu'on devrait utiliser, pour l'instant, c'est "La plaignante". La jeune guinéenne est une plaignante qui accuse l'ancien directeur du F.M.I. de l'avoir violentée dans la chambre d'un hôtel de luxe. On est certain que la plainte existe. Mais, on a deux versions de deux personnes. La première accuse. La deuxième affirme son innocence. Forcément, l'une ment, l'autre dit vrai. Aucun des commentateurs ne peut affirmer à coup sûr, ici est la vérité, là est le mensonge sans tomber dans l'insignifiance des cafés du commerce.&lt;br /&gt;Mais si on admet que les deux plaideurs sont encore, dans l'état actuel de l'information, à égalité devant le tribunal de l'opinion, puisque c'est parole contre parole, on est bien obligé d'admettre qu'il faut envisager, tour à tour les DEUX cas de figure selon lesquels chacun dirait la vérité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier cas, la plaignante dit la vérité. DSK est alors un criminel, sorte de docteur Jekyll et Mister Hide, grand économiste le jour et satyre psychopathe la nuit. A l'appui de cette hypothèse : tout ce qui traîne contre lui sur son addiction aux femmes et quelques affaires suspectes. Il aurait donc franchi la frontière entre sexualité galopante et crime sexuel. Plus le temps passe et moins il maîtriserait ses pulsions. A quelques jours de déclarer sa candidature pour la présidentielle française, et malgré sa crainte d'être victime de ce qu'il sait être l'un de ses talons d'Achille, il aurait couru le risque du déshonneur ne résistant pas à la présence d'une femme de chambre qu'il aurait contrainte à une fellation en l'enfermant dans une salle de bains. Mais après l'avoir satisfait, elle lui aurait échappé et se serait enfuie. Elle se serait plainte auprès de ses collègues qui auraient appelé la police. Si ce scénario est avéré, DSK mérite ce qui lui arrive et Nafissatou Diallo que son patron couvre d'éloges a droit à toute notre compassion. &lt;br /&gt;Deuxième cas. DSK est de bonne foi quand il affirme son innocence. Dans ce cas, il a subi un préjudice incommensurable. Et celle qui l'accuse est une criminelle. Mais dans ce cas de figure, on ne peut pas se contenter de formuler une hypothèse.  Si DSK est calomnié, pourquoi ? A qui profiterait le crime ? Il faudrait imaginer ici plusieurs scénarios plus ou moins complexes. Le plus simple impliquera une jeune et jolie -nous dit-on -femme de milieu modeste qui aura vu là l'occasion de faire chanter un pigeon de haut vol et d'en tirer des sommes substantielles. Elle pourrait avoir été aidée dans la conception d'un piège tendu à un client habituel, archicélèbre et connu pour sa vie sexuelle débridée, par cet homme qui s'est présenté un temps comme son "frère" et qui s'est révélé ne pas l'être. Cette explication est peu vraisemblable mais pas impossible. On peut imaginer aussi que DSK est tombé, victime de gens qui n'avaient pas envie de le retrouver comme candidat en France et ont utilisé le décor de cet hôtel appartenant à une chaîne française pour faire tomber dans le traquenard de ses pulsions cet homme vulnérable. On aurait ainsi déclenché contre lui le feu nucléaire annoncé. Mais on peut imaginer tout aussi bien qu'il est tombé sous les coups de gens que sa politique ou sa présence à la tête du FMI dérangeait considérablement. Il y aurait donc bien complot.&lt;br /&gt;Complot ? La mode médiatique, aujourd'hui, est à considérer que les complots n'existent que dans les têtes fumeuses. L'affaire Baudis ou l'affaire Boulin et tant d'autres encore, sont là pour montrer le contraire, mais rien n'y fait. &lt;br /&gt;Et pourtant, il y a dans cette affaire DSK un certain nombre d'indices, matériels ou non qui ne permettent pas d'évacuer l'hypothèse d'un revers de main. Ainsi, par exemple : il est peu vraisemblable qu'un homme dans la position de DSK et au moment où il est, et qui plus est, un homme qui s'attend à un coup monté utilisant sa faiblesse à l'égard des femmes, se laisse aller à ce type d'agissements criminel. On n'a publié jusqu'ici que des rumeurs qui ne peuvent venir que des milieux de l'enquête, du Sofitel ou de l'entourage de la plaignante. Voyons-en quelques unes. On nous a dit que la suite du Sofitel coûtait la bagatelle de 3000 $ puis la somme s'est dégonflée pour retomber aux alentours de 500$. La différence est notable. On nous a donné un certains nombre de faits qui laissaient imaginer la fuite précipitée d'un coupable qui court se réfugier dans les bras de la mère-patrie : il oublie son téléphone portable et des effets personnels dans sa chambre d'hôtel ; on le retrouve dans un avion en partance pour la France et on l'arrête dix minutes avant son départ. Mais on découvre, au bout du compte que, loin de partir dans l'affolement du forfait accompli, DSK est sorti de sa chambre avec ses bagages, il est allé à la réception payer sa chambre, une française qui le rencontre (la malheureuse ne sait pas quel risque elle a couru !) parle d'un homme qui quitte tranquillement son hôtel ; ensuite il va au restaurant déjeuner avec sa fille ; il rejoint l'aéroport pour prendre un avion dans lequel une place est réservée depuis longtemps. Entre temps, il s'est aperçu qu'il a égaré l'un de ses téléphones portables et il téléphone à l'hôtel afin qu'on vérifie s'il n'est pas resté dans sa chambre ; il dit qu'il va à l'aéroport pour qu'on puisse le lui apporter là-bas. Voilà donc un fuyard bien peu inquiet des traces qu'il laisse derrière lui. Quant au téléphone, il me semble avoir lu qu'il n'était pas à l'hôtel. On nous a dit aussi que sur le chemin de l'aéroport, DSK aurait téléphoné à son épouse pour lui dire que « quelque chose de grave venait de se passer ». Comment le sait-on ? Imagine-t-on Anne Sinclair livrant à la presse ce type d'information ? Quelque temps plus tard cette rumeur se dégonfle à son tour. On notera toutefois la similitude de l'expression prêtée à DSK censé appeler sa femme au secours et celle que rapporte le "frère" de la plaignante évoquant l'appel de sa "soeur". Voilà donc des détails livrés au public qui ont deux caractéristiques communes : ils se révèlent erronés et ils visent tous à donner une image négative de DSK. Parallèlement, on nous donne de la plaignante une image la plus positive possible. C'est une belle jeune femme de 32 ans, grande (1 m 80), courageuse, travailleuse, elle élève sa fille de 15 ans. La direction de l'hôtel, manifestement très attachée à ses employés, fussent-ils les plus modestes, la défend contre l'un de ses clients habituels, un homme puissant et riche. C'est tout à son honneur. Son "frère" à qui elle téléphone en plein désarroi et en larmes la dépeint comme une bonne musulmane bien incapable de mentir et de participer à un complot. C'est même lui qui est censé lui apprendre - le lendemain - qui était son agresseur. Et la preuve qu'elle dit vrai est suggérée par les caméras de surveillance qui la montrent sortant, affolée de la chambre occupée par DSK. Et puis, on apprend qu'il n'y a pas de caméras de surveillance dans les couloirs de l'hôtel. Sans commentaire ! On constate donc que beaucoup de ces rumeurs qui ont filtré se dégonflent les unes après les autres ou sont invraisemblables : la scène de violence sexuelle qui nous est décrite est-elle vraisemblable dans les détails qui sont donnés ? Cette grande femme de trente ans a-t-elle pu se laisser contraindre par ce sexagénaire quelque peu bedonnant et désarmé ? &lt;br /&gt;Bref, la matérialité des faits connus à ce jour n'accable pas DSK autant qu'on le dit (au prix d'un véritable terrorisme intellectuel). Ils ne le disculpent pas pour autant. Il est donc bien urgent d'attendre que les choses se clarifient. Et si on veut explorer la piste de la sexualité de DSK, il serait juste d'explorer aussi celle d'une machination dont les motivations sont multiples et bien possibles. &lt;br /&gt;Il serait donc juste aussi d'utiliser les mots neutres qui conviennent - la plaignante, l'accusé - et non des mots - la victime, le coupable - qui contiennent implicitement les réponses aux questions qu'on a fait mine de ne pas poser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dernier mot. On profite de ce scandale pour faire amende honorable devant la tradition journalistique anglo-saxonne qui aurait le courage d'entrer dans les chambres à coucher. Beau courage,en effet ! Le puritanisme a bon dos. Je renvoie aux Sorcières de Salem. tout y est dit. Un ouvrage récent évoque le retour de la pudibonderie. Notre monde, sous ses airs délurés a la haine du corps. Il est en cela l'héritier de ces sociétés monothéistes qui ont fait du sexe - pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la morale - le péché majeur. Cela permet de faire oublier, grâce aux émois de Tartuffe ("cachez ce sein que je ne saurais voir"), des crapuleries autrement conséquentes que l'adultère ou la grivoiserie s'ils sont pratiqués entre adultes consentants.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-6430489024785678450?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/6430489024785678450/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/affaire-dsk-le-poids-des-mots.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/6430489024785678450'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/6430489024785678450'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/affaire-dsk-le-poids-des-mots.html' title='AFFAIRE DSK : LE POIDS DES MOTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-409121504737094830</id><published>2011-05-19T07:26:00.000-07:00</published><updated>2011-05-19T07:33:20.057-07:00</updated><title type='text'>Yvan COLONNA, D.S.K. et la présomption d'innocence</title><content type='html'>Beaucoup de bonnes âmes se répandent sur les antennes pour demander le respect de la présomption d'innocence pour D.S.K. Elles le font après avoir bien développé tout ce qui incline à la présomption de culpabilité. On peut se dire que, pour beaucoup d'entre elles, elles sont aussi sincères dans cette prière que Tartuffe lançant son fameux "Cachez ce sein que je ne saurais voir".&lt;br /&gt;Et pourtant, D.S.K. a bien droit à la présomption d'innocence. Comme n'importe qui. Comme Yvan Colonna, par exemple. Et l'on eût aimé que beaucoup de ces hiérarques du P.S., par exemple, sachent la réclamer en son temps pour le berger de Cargèse. Et qu'ils sachent donc aussi faire taire les propos calamiteux du ministre de l'intérieur de l'époque, Jean-Pierre Chevènement.&lt;br /&gt;Observons aussi qu'on peut  se réclamer du respect de la présomption d'innocence et  agir au rebours de ce principe. L'affaire D.S.K., dans ce qu'elle a de si intensément actuel et de si lourd quant aux multiples conséquences du scandale en est la démonstration lumineuse.   Laissons de côté les verseurs politiques de larmes de crocodile dont la satisfaction et l'intérêt sont si manifestes qu'il est inutile de leur faire un sort. Examinons plutôt, du côté des comportements médiatiques, ce qui apparaît de leurs caractéristiques au grand jour.&lt;br /&gt;Jusqu'ici (lundi 16 mai à 14 heures), on n'a de cette histoire qui implique deux personnes (la victime auto-proclamée et l'accusé) qu'une version unilatérale et parcellaire. C'est celle qui émane des bribes d'information collectées ( à quelle source ?) par des médias américains. Nous ne connaissons pas la réalité exhaustive de l'accusation formulée par la femme de chambre du Sofitel. Nous n'en avons que des échos partiels, incertains et déformés par la rumeur. Même chose pour les premiers éléments de l'enquête. De la version de D.S.K. et de sa défense, nous ne savons rien sinon qu'il va plaider non coupable et qu'il compte se défendre "vigoureusement". Là-dessus, que font nos journalistes (et je regrette beaucoup que ceux de Médiapart ne fassent pas exception) ?&lt;br /&gt;De peur d'être en retard d'une bataille, ils traitent l'événement "à chaud" et répandent aussitôt et à satiété tous les bruits qui courent sans aucune distance ni retenue. Première caractéristique. &lt;br /&gt;Pour faire bonne mesure, ils bâtissent aussitôt des constructions chimériques sur ce qui devrait se passer dans un mois, dans un an et au delà. Un bon journaliste se doit de prédire l'avenir. Deuxième caractéristique. &lt;br /&gt;Ils utilisent pour cela des formules qui n'ont que l'apparence de la prudence et de l'impartialité. Troisième caractéristique. Arrêtons-nous un instant sur ce point. La dite information "à chaud" n'est rien moins qu'impartiale. Ce qui est mis en valeur, c'est tout ce qui concourt à la thèse de la culpabilité et - cela a été dit et redit - du comportement pathologique. On "oublie" systématiquement ce qui pourrait laisser penser à un piège dans lequel on aurait fait tomber le candidat possible à la présidentielle française ou le directeur du FMI. On "oublie" donc de s'interroger à qui pourrait bien profiter la machination si machination il y avait. En revanche, on a répété inlassablement les éléments propagés (par qui ?) pour suggérer la fuite précipitée du coupable affolé. Jamais on ne s'interroge sur le vraisemblable ou l'invraisemblable de cette fuite. On finit par faire une place - dérisoire - aux informations pourtant plus consistantes : la place d'avion était réservée depuis longtemps ; D.S.K. s'en va sereinement du Sofitel, il paye sa chambre - 500 dollars (au fait, pourquoi avait-on parlé de suite à 3000 dollars ? au fait, encore, comment se fait-il que le personnel de l'hôtel qui est censé avoir appelé la police dès que la femme de chambre a échappé aux griffes du satyre ait laissé le dit satyre quitter tranquillement les lieux ?) ; le même D.S.K. appelle lui-même l'hôtel pour demander s'il n'a pas oublié l'un de ses téléphones et il indique où le lui porter... Voilà un drôle de fuyard. On pourrait s'interroger aussi sur ce patron de grand hôtel de luxe qui prend résolument le parti d'une femme de chambre contre un client de cette importance. On ne s'attendait pas de sa part à un tel altruisme pour les petites gens. Et encore moins de la part du groupe ACCOR (le groupe français propriétaire de l'hôtel. Au fait, ses gros actionnaires sont-ils membres du Premier cercle ?) qui se fend d'un communiqué en faveur d'une obscure employée de New-York... Voilà donc des patrons bien sociaux. &lt;br /&gt;On pourrait multiplier les incohérences qui n'intéressent pas la presse. Elle préfère écrire "C'est une bombe si la gravité des faits est confirmée" là où on aurait pu écrire tout aussi bien : "C'est une bombe s'il s'avère qu'un complot a été mis en place pour abattre D.S.K.".&lt;br /&gt;Mais ce n'est pas tout. On s'en va, avec dévotion, proclamant que c'est à la justice américaine "d'établir les faits et de faire émerger la vérité". Autrement dit la justice américaine (puisqu'elle est la justice et américaine) est au-dessus de tout soupçon. Il n'y a pas eu d'affaire Kennedy, il n'y a aucun innocent dans les couloirs de la mort... Cette Amérique-là, n'a jamais fait croire à la terre entière qu'elle était menacée par les armes de destruction massive de Sadam Hussein dont l'armée était prétendument la quatrième du monde.&lt;br /&gt;D.S.K. a des antécédents fâcheux ? Peut-être. Mais les USA ?&lt;br /&gt;Alors, attendons d'avoir entendu toutes les versions et qu'on donne à chacune la même place. Mais comment l'espérer ? La culpabilité de DSK est tellement plus croustillante et commercialement intéressante que son innocence.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;C'était la même chose pour Yvan Colonna. L'amère expérience de celui-ci montre que le mensonge répandu, il faut beaucoup de courage et d'efforts pour rétablir la vérité. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-409121504737094830?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/409121504737094830/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/yvan-colonna-dsk-et-la-presomption.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/409121504737094830'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/409121504737094830'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/yvan-colonna-dsk-et-la-presomption.html' title='Yvan COLONNA, D.S.K. et la présomption d&apos;innocence'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-906835974689101765</id><published>2011-05-19T07:07:00.000-07:00</published><updated>2011-05-19T07:08:47.609-07:00</updated><title type='text'>Lettre à Christian Cavaillé</title><content type='html'>GRAVITES&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de Christian CAVAILLE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ed. l'Harmattan&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m'a fallu du temps pour entrer dans "Gravités". Plus en tout cas que pour "Instances accrues".&lt;br /&gt;J'ai sans doute été gêné par le brio de la performance stylistique comme si la forme éblouissait le regard et le rendait aveugle à l'essentiel.&lt;br /&gt;Ah funambule, illusionniste, magicien ! Batteur de cartes, brouilleur de pistes ! Craignais-tu donc tant que l'on te suive dans tes labyrinthes : jusqu'au point où l'on est nu devant son propre miroir ? Produiras-tu jusqu'à la fin des tragédies en forme de comédies musicales ? Est-ce une autre façon de te moquer de toi-même, de voiler le fond tragique - réellement - par l'éclat, la pirouette, la jonglerie facétieuse ?&lt;br /&gt;Tu fuis les lignes droites, les perspectives rectilignes, les périodes, les symétries... Vite, vite, tu multiplies les brisures, les tournants, les chausse-trapes du sens et du reflet, tu agences, coudes et casses le phrasé, tu reviens sur tes pas, sautes à pieds joints pour tromper l'éventuel impudent qui voudrait te prendre en filature, changes de rive sans les pierres du gué, sautes périlleusement par-dessus les feux de l'intelligence, les étincelles, poursuis les météores : voleur de feu qui voudrait faire croire qu'il n'est question que d'allumettes là où le volcan est embrasé.&lt;br /&gt;Quand d'autres ornementent les ornières, tu aggraves l'humour noir des tracés, des traces plutôt, pour faire croire que le pas fut léger qui faisait mine de n'aller nulle part, ce pas, pourtant qui va là. &lt;br /&gt;Là où "il s'évertue dans le vice des formes&lt;br /&gt;            à circonvenir l'attrait du néant".&lt;br /&gt;Là où, la vague ayant emporté les armures, se trouvent "les mots nus".&lt;br /&gt;Il faut lire tes vers sous les couches d'oubli, franchir l'entrelacs grillagé des virtuosités formelles, franchir les barres et les abrupts jusqu'à trouver la plage blanche de sable, la clairière où chante l'oiseau, laisser se taire les stridences des ruptures et des dissonances : on y trouve en récompense le chant profond.&lt;br /&gt;Tu chantes pour dire le temps, ses merveilles et ses sanglots. &lt;br /&gt;Tu craignais d'avoir l'air de te prendre au sérieux. Et sous ce faux-semblant d'excuses et d'humilité, tu dis la musique du monde, le frémissement du soi. Ton "geste la sauve de la mort sûre", cette "petite voix blanche". Sous le jeu pervers de la forme qui, à ce point, devient alors, elle aussi, poésie pure, chose délicate et fragile, si fragile qu'on en tremble, (exactement comme chez Soulages la plaque de cuivre n'est plus le support anonyme du sujet gravé mais devient le sujet même du graveur), tu parviens à dire le fond de l'émoi, comme par hasard, par accident, comme malgré toi, sans y penser. Et c'est là, une suprême élégance. Dans ces gravités légères se cachent les points d'équilibre.&lt;br /&gt;Ah oui ! il "importe" d' "aller savoir".&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-906835974689101765?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/906835974689101765/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/lettre-christian-cavaille.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/906835974689101765'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/906835974689101765'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/lettre-christian-cavaille.html' title='Lettre à Christian Cavaillé'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-4468901900686650254</id><published>2011-05-19T07:02:00.000-07:00</published><updated>2011-05-19T07:03:07.356-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>LE LIVRE QUI FAIT LE POINT SUR L'AFFAIRE COLONNA &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;YVAN COLONNA :&lt;br /&gt;L'INNOCENCE QUI DÉRANGE&lt;br /&gt;                                       L'Harmattan, fin avril 2011&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;27 mars 2009 : la Cour d'appel spéciale condamne Yvan Colonna à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de la peine de sûreté de 22 ans. &lt;br /&gt;30 juin 2010 : la Cour de cassation annule cet arrêt.&lt;br /&gt; Un troisième et dernier procès est donc rendu nécessaire. Il débutera à Paris le 2 mai prochain. Les enjeux sont considérables pour les personnes concernées mais aussi pour le fonctionnement des institutions de la République.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) s'était étonnée que la Cour d'assise spécialement composée ait demandé à l'accusé de prouver son innocence alors qu'en droit, c'est à l'accusation de démontrer la culpabilité. Elle s'était étonnée aussi que le doute n'ait pas bénéficié à l'accusé puisqu'aucune preuve n'avait pu être apportée contre lui. Elle s'était même interrogée sur le fait qu'un dossier d'accusation avec des charges aussi fragiles ait conduit Yvan Colonna devant une cour de justice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, la question reste dramatiquement posée : Yvan Colonna est-il l'assassin du préfet Erignac ? Si oui, il mérite la peine maximale qui lui a été infligée. Ou bien a-t-il été injustement accusé et injustement condamné à partir d'une enquête et d'une instruction menées uniquement à charge ? Si oui, il est victime d'un dysfonctionnement de la justice antiterroriste et l'affaire Colonna devient une affaire d'Etat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roland LAURETTE est l'un des meilleurs connaisseurs actuels de cette affaire. Il a déjà publié en 2009 chez l'Harmattan &lt;br /&gt;LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE&lt;br /&gt;clés pour l'affaire Colonna&lt;br /&gt;Sous le couvert de la fiction, on peut y vivre de l'intérieur la tragédie d'un homme et de sa famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'orée du troisième procès, il publie un nouvel ouvrage écrit cette fois au premier degré :&lt;br /&gt;YVAN COLONNA :&lt;br /&gt;L'INNOCENCE QUI DÉRANGE&lt;br /&gt;sortie fin avril 2011&lt;br /&gt; Il y fait le point et démonte le terrible mécanisme qui peut conduire aujourd'hui, en France, un innocent à être condamné à la peine la plus lourde prévue par le code pénal. Sa connaissance de l'affaire due à une documentation considérable et à une enquête minutieuse lui permettent de dire les faits dans leur nudité. Leur concordance en faveur de l'accusé est telle que même l'avocat de la famille Erignac a fini par évoquer « l'apparente innocence » d'Yvan Colonna. L'aveu est de taille dans la bouche de quelqu'un qui n'avait parlé jusqu'ici que de « preuves accablantes ». &lt;br /&gt;Ce qui est accablant c'est la condamnation sans appel de la FIDH : « Le procès Colonna a été une parfaite illustration des dérives que permet la législation antiterroriste en France ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-4468901900686650254?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/4468901900686650254/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/le-livre-qui-fait-le-point-sur-laffaire.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/4468901900686650254'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/4468901900686650254'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/le-livre-qui-fait-le-point-sur-laffaire.html' title=''/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-2960123657138172155</id><published>2011-05-19T06:59:00.000-07:00</published><updated>2011-05-19T07:00:46.042-07:00</updated><title type='text'>YVAN COLONNA : LE PUZZLE</title><content type='html'>YVAN COLONNA : LE PUZZLE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les témoins oculaires se succèdent désormais à la barre. C'est un mauvais moment à passer pour l'accusation. Leur diversité est telle (origine, profession...) qu'il est inimaginable que leur témoignage pourrait avoir été obtenu par des moyens inavouables. Ils vont tous dans le même sens : TOUS sont favorables à Yvan Colonna. Il y a ceux qui n'ont pas vu le crime d'assez prêt pour décrire des visages. Ceux-là parlent de deux hommes autour du préfet. La police a besoin de trois pour pouvoir caser Colonna.&lt;br /&gt;Et puis, il y a ceux qui ont vu avec plus de précision. Leurs témoignages sont capitaux. Ceux-là disent explicitement : le tueur que nous avons vu n'était pas Yvan Colonna. Ici, une remarque importante. Ces témoins ne disent pas : je ne reconnais pas... Ils disent : ce n'est pas... La nuance est de taille. La première formule peut indiquer qu'on a oublié, que les choses sont devenues floues. La seconde affirme : je me souviens du visage que j'ai vu ; ce n'est pas celui de Colonna. Il y a malheureusement des journalistes pour faire comme si c'était du pareil au même. Il en est même qui osent écrire : "Aucun des témoins n'a formellement reconnu Yvan Colonna". Cette formulation (malhonnête ? ou venant de quelqu'un qui maîtrise mal la langue ?) laisse entendre que la balance penche plutôt en faveur de l'identification mais que les témoins n'en sont pas tout à fait certains. Alors que la réalité dit exactement le contraire. C'est avec de telles formulations qu'on a forgé dans une partie de l'opinion l'idée que ce Colonna, il est très vraisemblablement coupable. &lt;br /&gt;Mais laissons ces gens-là régler leurs propres démêlés avec la déontologie du journalisme. Et intéressons-nous à Joseph Colombani. &lt;br /&gt;Joseph Colombani était, rappelons-le, l'organisateur du concert auquel se rendait le préfet, l'ami de ce même préfet, responsable départemental de l'UMP et bras droit du président de l'exécutif corse. Autant dire un homme qu'on ne peut pas soupçonner d'avoir été soudoyé par la défense. Depuis le premier procès son témoignage n'a pas varié. Il est extrêmement précis et il est l'un de ceux qui affirment : l'assassin que j'ai vu n'est pas Yvan Colonna. Mais, cette fois-ci, son témoignage prend un relief particulier. Pourquoi ?&lt;br /&gt;La veille, le lundi 9 octobre, venait à la barre M. Schlinger, expert en balistique auprès de la Cour d'appel de Paris et de la Cour de cassation. Un homme difficilement contestable. Or, au cours du procès en première instance (novembre et décembre 2007), l'accusation s'était tiré une balle dans le pied, si on ose dire, en posant à un autre expert la question de la taille du tireur. La réponse avait été : le tireur était nécessairement au moins aussi grand que la victime (1 m 83). Ce détail disculpait Colonna (1 M 71). Ce point était si brûlant qu'au cours du premier procès en appel, l'expert produit par la défense avait été l'objet d'attaques en règle et de manoeuvres (illégales) destinées à le  discréditer. Tout cela était si grave, que la Cour de Cassation s'est appuyée sur ce point pour annuler l'arrêt de la cour d'appel. &lt;br /&gt;C'est dire si le rapport de M.Schlinger était attendu. Que dit ce rapport (on peut le lire dans son intégralité sur le site des comités de soutien d'Yvan Colonna)? Que les angles des trois tirs qui ont atteint Claude Erignac et dont chacun était mortel, dépendent de trois paramètres : la taille du tireur et la déclivité du terrain, la position de la victime, la distance de tir. Trois balles (A, B et C) traversent le crâne du préfet. On ne peut rien affirmer quant à leur ordre chronologique mais l'expert estime que la balle A est vraisemblablement la dernière. Cette balle peut avoir été tirée par un homme de 1 m 70 et plus. Pour les deux autres ( B et C), la probabilité milite en faveur d'un homme mesurant au moins 1 m 80. Et plus la distance de tir est grande, plus le tireur doit être grand. C'est d'autant plus vrai si cette distance est de 70 cm au moins.&lt;br /&gt;L'accusation, lundi soir, exultait. Elle pensait que la question de la taille du tueur avait fait long feu puisque l'expert commis par la défense n'excluait pas totalement une taille de 1 m 70. Yvan Colonna redevenait un assassin possible : il était donc le tueur ! &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Hélas pour l'accusation, un dossier comme celui-ci est un véritable puzzle. Aucune pièce ne se suffit à elle-même. Mais c'est leur assemblage dans le bon ordre qui donne le sens et la solution.&lt;br /&gt;La pièce du puzzle qu'il faut accoler au rapport d'expertise balistique est précisément le témoignage de Joseph Colombani. (On verra d'ailleurs que celui de Marie-Ange Contart est un autre élément complémentaire sur la question de la distance de tir et celle du nombre des assassins auprès du préfet). Le déroulement de la scène de meurtre que décrit l'ami du préfet confirme d'abord que l'expert ne se trompe pas quand il estime que le tir A est le troisième ( à bout touchant). Il indique ensuite que les tirs A et B  ont été effectués à une distance qu'on peut évaluer à au moins 70 cm. Et voilà comment la taille du tueur que l'accusation et les parties civiles croyaient évacuées revient au premier plan. Si on ajoute les témoins qui ont vu un tueur de grande taille, tout cela fait un tout très cohérent : la taille d'Yvan Colonna exclut qu'il soit l'assassin.&lt;br /&gt;J'utilise ici une formule catégorique. Je le fais d'autant plus volontiers que chaque fois qu'on a évoqué la taille du tueur, devant moi, au cours de l'une des conférences-débats que j'ai animées, j'ai refusé d'accorder une trop grande importance à cet argument. Je savais en effet que Joseph Colombani décrivait une victime cassée vers l'avant au moment où elle est atteinte par le premier tir. Sa position me faisait penser que, dans ce cas,  le paramètre de la taille du tireur avait peu d'importance. J'avais tort. Le rapport de M.Schlinger montre avec quelle méticulosité tous les éléments ont été pris en compte.  Même si le préfet était penché en avant, l'angle de tir et la distance (indiquées par les témoignages oculaires) impliquent un tireur plus grand qu'Yvan Colonna.&lt;br /&gt;J'ai rappelé au début de ce billet que les témoins les plus imprécis ne parlent que de DEUX hommes sur les lieux. L'accusation et les parties civiles se sont évertuées à leur faire dire qu'ils ne pouvaient pas exlure que le troisième pouvait être caché dans une partie invisible. Certes, qui pourrait affirmer que Ben Laden n'était pas caché dans une cave à proximité puisque nul ne l'a vu ? Cet argument est un peu surprenant. Car si le troisième homme était opérationnel, il était forcément sur place et quelqu'un l'aurait aperçu. Alors, on dit, il était derrière l'angle du restaurant qui donne sur l'impasse et Joseph Colombani ne pouvait pas l'apercevoir. Sans doute. Mais si on tient compte du fait que si Colombani prenait la rue en enfilade et ne pouvait pas voir le début de l'impasse, Marie-Ange Contart, elle, voyait parfaitement ce début d'impasse. On ne voit donc pas où se trouvait ce troisième homme. &lt;br /&gt;Un puzzle, on vous dit... Et la figure qui se dessine peu à peu sous nos yeux est bien celle de l'innocence.&lt;br /&gt;Roland LAURETTE&lt;br /&gt;"Yvan Colonna, l'innocence qui dérange" l'Harmattan, fin avril 2011. &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-2960123657138172155?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/2960123657138172155/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/yvan-colonna-le-puzzle.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/2960123657138172155'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/2960123657138172155'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2011/05/yvan-colonna-le-puzzle.html' title='YVAN COLONNA : LE PUZZLE'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-3108798187102635289</id><published>2010-11-03T01:15:00.000-07:00</published><updated>2010-11-03T03:27:35.056-07:00</updated><title type='text'>Les cinq avocats d'Yvan Colonna</title><content type='html'>J'ai regardé l'émission de Sylvie Fradin sur Planète-justice ce mardi 2 novembre. C'était un documentaire d'une grande sincérité sur les cinq avocats d'Yvan Colonna. Ils parlent de leur travail d'avocats, de leurs émotions, de leurs indignations. Ils expriment leur certitude de voir l'innocence d'Yvan reconnue un jour. En filigrane, ils disent leur colère devant le cynisme de l'appareil judiciaire antiterroriste mobilisé pour conduire jusqu'au bout cette affaire dans laquelle un innocent est sacrifié sur l'autel de la "raison" d'Etat. J'aurais personnellement aimé que cela fût dit avec clarté. Je ne crois pas du tout que des affirmations sur le caractère équitable du premier procès ( le Président Coujard était plus subtil que le Président Wacogne, c'est tout) ou spéculant sur la sérénité de la justice à l'occasion du procès en appel aient aidé en quoi que ce soit.&lt;br /&gt;Mais c'est le sixième avocat interrogé en fin d'émission, Me Lemaire, dont je voudrais surtout relever les propos.&lt;br /&gt;Me Lemaire est l'avocat de la famille Erignac. Il se permet sur la déontologie de ses cinq confrères des jugements infamants. Les avocats d'Yvan sont assez grands pour se défendre s'ils le jugent utile mais je trouve l'attitude de leur contempteur d'une rare inélégance. Est-ce si surprenant ?...&lt;br /&gt;Venons-en plutôt aux arguments développés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les CINQ avocats d'Yvan Colonna : Me Lemaire glisse perfidement qu'on n'a pas besoin de cinq défenseurs quand on est innocent. C'est un argument de pure démagogie qui escamote deux choses : en première instance, les avocats des parties civiles étaient au nombre de SEPT ; cinq défenseurs ne sont pas de trop contre la ligue de la police et des juges d'instruction antiterroristes, des tribunaux d'exception et de l'appareil d'Etat. &lt;br /&gt;Me Lemaire n'a pas manqué de nous resservir le couplet du malheur de la veuve du Préfet Erignac. J'ai toujours été abasourdi par cet argument. Est-ce parce que quelqu'un a subi un terrible et incontestable préjudice qu'il lui faut, pour trouver la paix, le sacrifice d'un innocent ? En condamnant cet innocent au prix d'un déni de justice manifeste, veut-on s'assurer qu'il y aura dans l'autre plateau de la balance une charge de malheur aussi lourde ? Curieuse conception de la justice rendue au nom du peule ! Elle a semblé gêner tous les journalistes qui apparaissent dans l'émission. &lt;br /&gt;La reconstitution. Me Lemaire n'en voit pas l'intérêt puisque trois semaines après l'assassinat une reconstitution a été organisée avec les témoins. Il ne voit pas (ou feint de ne pas voir) que depuis dix ans bien des faits nouveaux sont apparus dont l'arrestation du commando. Et dont surtout le coup de théâtre du procès en appel au cours duquel Me Simeoni a démontré que la REALITE des enregistrements téléphoniques contredit la mécanique du scénario officiel. Que faut-il de plus à Me Lemaire ? Il nous dit que les membres du commando ont refusé de participer et que sans eux on ne peut rien reconstituer. Rappelons lui que cela ne représente jamais que deux personnes (A.Ferrandi et P.Alessandri), qu'on peut toujours (cela se fait sans arrêt) remplacer les protagonistes défaillants par des acteurs qui jouent leur rôle,et  qu'au cours du procès en appel, P. Alessandri est revenu sur son refus. Mais surtout, la reconstitution aurait le grand mérite de montrer que l'attentat avait forcément mobilisé plus de deux (ou trois si on inclut Y.C.) personnes et que donc l'enquête menée a été inepte. Mais c'est justement cela qu'il ne fallait pas mettre en lumière. D'où toutes les manoeuvres pour éviter un acte de justice habituel et nécessaire en pareil cas. On pourrait ajouter, accessoirement, que la reconstitution sur le lieu exact où le préfet est assassiné ( il est en train de monter sur un trottoir dont la dénivellation exige deux marches) rend encore plus impérieuse l'élucidation sur la taille du tueur qui était nécessairement en contrebas.&lt;br /&gt;Mais venons-en à l'affirmation majeure de Me Lemaire interrogé sur l'éventualité de l'innocence d'Yvan Colonna : il n'a pas le moindre doute parce que les preuves contre lui sont accablantes. On ne cesse de nous ressasser, depuis des années, ces fameuses "preuves accablantes". Il semble que l'adjectif se suffise à lui-même puisque les journalistes accablés eux aussi par le poids de l'argument évitent de demander quelles elles sont. Mais justement, il faut le demander ce que sont ces fameuses preuves. Car elles sont inexistantes. Tellement inexistantes que Roger Marion, patron à l'époque de la DNAT ou l'avocat général Jean-Claude Kross ne savent, en dernier recours, que tabler sur leur "intime conviction". Tellement inexistantes que les enquêteurs ont, pour renforcer leur dossier, caviardé des procès-verbaux favorables à l'accusé ou même eu recours à des contre-vérités flagrantes. Si Yvan Colonna est coupable et si les preuves en sont si "accablantes", pourquoi trafiquer le dossier ? Un lambeau de phrase de Me Lemaire suggère que ces preuves accablantes résident dans les accusations de quelques uns des membres du commando et de certaines de leurs épouses. Seulement ces accusations ont toutes été retirées. Au cours du dernier procès, Pierre Alessandri a expliqué de façon crédible pourquoi elles avaient été proférées. Et surtout, ces accusations étaient tellement contradictoires qu'elle tombaient d'elles-mêmes. &lt;br /&gt;Le dossier Colonna est donc tellement vide, qu'il n'aurait jamais dû venir devant une quelconque juridiction. Mais, en France, sans aucune preuve d'aucune sorte, on peut, au nom de la raison d'Etat et de la lutte antiterroriste, condamner quelqu'un à la peine la plus lourde du code pénal. Avant Badinter, Y.Colonna aurait été condamné à la peine de mort. Sans aucun doute. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne mesure pas bien combien le prétexte de la lutte - légitime - contre le terrorisme est un moyen d'étrangler peu à peu les libertés individuelles et, en fin de compte, la démocratie. C'est pourquoi l'action des cinq avocats d'Yvan Colonna dépasse de très loin la défense d'un homme. Ce sont nos droits fondamentaux qui sont en cause. Si Yvan Colonna était définitivement condamné  ce serait une maille de plus des conquêtes de la République qui aurait filé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-3108798187102635289?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/3108798187102635289/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/11/les-cinq-avocats-dyvan-colonna.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3108798187102635289'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3108798187102635289'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/11/les-cinq-avocats-dyvan-colonna.html' title='Les cinq avocats d&apos;Yvan Colonna'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-3103712020939898730</id><published>2010-09-13T10:03:00.000-07:00</published><updated>2010-09-13T10:09:38.815-07:00</updated><title type='text'>Et Yvan Colonna, Monsieur le Président de la CNCDH ?</title><content type='html'>Fin juillet, le Président de la Commission Nationale Consultative aux Droits d l'Homme publiait dans le Figaro une lettre qui s'indignait des atteintes aux droits de l'homme dont auraient été victimes Madame Bettencourt et Monsieur Woerth. J'ai cru devoir attirer son attention sur le cas d'Yvan Colonna. A ce jour, je n'ai pas eu de réponse à ma lettre. En voici donc le texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roland LAURETTE&lt;br /&gt;Ecrivain&lt;br /&gt;21 avenue Julien 06100 NICE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à Monsieur Yves REPIQUET&lt;br /&gt;Président de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Objet : « Le respect sur notre propre sol de principes dont nous défendons (...) l'universalité ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur le Président,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je découvre un article que vous avez publié, il y a un mois, dans le Figaro. Votre nomination  par le premier ministre à la tête de la CNCDH donne un poids incontestable à votre prise de position. Vous y attirez l'attention de tous sur les graves dangers qui pèsent en ce moment sur « les droits qui garantissent la dignité humaine ». &lt;br /&gt;L'affaire qui vous émeut et vous meut a effectivement défrayé la chronique « sur la place du village global (où) trône le cyberpilori ». On l'a appelée l'affaire Woerth-Bettencourt. Elle vous donne l'occasion de rappeler quelques principes essentiels :&lt;br /&gt;il ne faut pas se satisfaire d'une « intime conviction » ni « condamner sans preuve » ;&lt;br /&gt;chaque accusé a droit « à la loyauté des preuves et surtout à la présomption d'innocence ».&lt;br /&gt;Et en effet, est-ce parce que Madame Bettencourt dispose, pour se défendre, de moyens sans commune mesure avec ceux des justiciables ordinaires qu'il faudrait céder aux préjugés de La Fontaine ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous rappelez donc, opportunément, la nécessité de défendre les droits fondamentaux faute de quoi nous pourrions être atteints par « les premiers marqueurs des sociétés totalitaires ». Et vous le dites dans l'angoisse que la France ne soit plus «l'exemple » qu'elle était. Il semble en effet qu'il y ait urgence de ce point de vue si l'on en juge par les récentes réactions indignées venues de tous les horizons (ONU, Europe, Eglise catholique...) et qui condamnent la politique actuelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je vous écris aujourd'hui, c'est pour attirer votre attention sur une affaire qui vous aura manifestement échappé et qui aurait dû pourtant susciter votre émotion tout autant que la défense des droits de Madame Bettencourt. Je veux parler de l'affaire Colonna, du nom de ce berger corse accusé d'avoir assassiné le préfet Erignac le 6 février 1998. &lt;br /&gt;Comme Liliane Bettencourt ou comme Eric Woerth, Yvan Colonna a droit à la « Présomption d'innocence ». C'est pourquoi la déclaration du ministre de l'Intérieur au soir du 4 juillet 2003 était scandaleuse. Comme était scandaleuse la prise de position de l'actuelle garde des sceaux après la décision de la Cour de Cassation d'invalider la condamnation d'Yvan Colonna. Par ailleurs, vous rappelez fort à propos que les juges « portent les droits de l'homme ». Comment comprendre alors leur arrêt dans le procès consécutif à la plainte d'Yvan Colonna contre Nicolas Sarkozy pour atteinte à la présomption d'innocence ? Dans une sentence amphigourique, ils affirment que les propos incriminés (« la police française vient d'arrêter l'assassin du préfet Erignac, Yvan Colonna ») « suscitaient une impression certaine de culpabilité »mais ne le présentaient pas comme l'auteur du crime. Comprenne qui pourra.&lt;br /&gt;Yvan Colonna a droit tout autant que « cette dame célèbre à la fortune mythique » à la loyauté des preuves. C'est pourquoi le rapport des R.G., rédigé après plusieurs mois de filatures d'Yvan Colonna et d'écoutes téléphoniques, aurait dû être versé à son dossier et communiqué à ses avocats. On saisit mal les raisons qui ont conduit la juge d'instruction Laurence Le Vert puis le président de la Chambre d'Instruction à le refuser et à prétendre que ce rapport avait disparu. Il a cependant miraculeusement été retrouvé à la fin du procès en appel quand Yvan Colonna suivi de ses avocats a eu quitté le prétoire parce qu'il ne se sentait pas jugé selon les règles de l'équité.&lt;br /&gt;On s'étonne aussi qu'au cours du procès intenté aux cinq personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna pendant sa cavale, l'une d'entre elles -Marc Simeoni- qui niait avoir hébergé son compatriote, se soit vu opposer une « preuve »1 bien suspecte. &lt;br /&gt;Vous auriez pu rappeler aussi deux autres grands principes. Le premier stipule que c'est à l'accusation de fournir la preuve de la culpabilité et non à l'accusé de fournir celle de son innocence. Pourtant, au cours des deux procès, les deux présidents de Cour ont sans cesse demandé à l'accusé de prouver qu'il était innocent. Ce qui constituait du même coup l'aveu de la vacuité du dossier. Le deuxième prévoit que le doute bénéficie à l'accusé. Or, les accusations portées contre Yvan Colonna par certains membres du commando Erignac sont si gravement contradictoires qu'elles s'effondrent d'elles mêmes. Vous dites avec force que Madame Bettencourt a droit à ne pas être « condamnée sans preuves » et sur la seule base de « l'intime conviction ». L'intime conviction, c'est pourtant la pièce maîtresse avancée contre Yvan Colonna par Roger Marion qui dirigeait la DNAT pendant l'enquête et par les avocats généraux. C'est aussi ce à quoi se réfère le président Coujard une dizaine de jours avant la fin du procès en première instance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé. Yvan Colonna a été condamné à la peine la plus lourde prévue par le code pénal sans preuve aucune, sur la base de la seule intime conviction et alors même que TOUS les témoignages lui sont favorables2. Mais pour « la part la plus cynique d'entre nous », il est corse et je ne puis que paraphraser la formule que vous réservez aux milliardaires : « ces gens-là sont si différents, si éloignés de nous »...&lt;br /&gt;Tout cela est si grave qu'on peut parler d'affaire d'Etat. Madame Bettencourt, elle, jouit de toutes ses libertés. Monsieur Woerth est toujours ministre. Yvan Colonna a qui on vient de refuser la mise en liberté conditionnelle (même avec un bracelet électronique) est, lui, en prison depuis sept ans. Il détient le record européen de la détention préventive. Sous le couvert d'organismes traités cyniquement comme des alibis, ne met-on pas en oeuvre, jour après jour, une politique si attentatoire à nos libertés fondamentales que la France n'est déjà plus un modèle ni même un exemple ? Si c'est le cas, l'affaire Colonna en aura été à la fois la prémisse et le ballon d'essai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec mes sentiments les meilleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Roland LAURETTE&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-3103712020939898730?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/3103712020939898730/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/09/et-yvan-colonna-monsieur-le-president.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3103712020939898730'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3103712020939898730'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/09/et-yvan-colonna-monsieur-le-president.html' title='Et Yvan Colonna, Monsieur le Président de la CNCDH ?'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-8458882247235878041</id><published>2010-09-10T01:08:00.000-07:00</published><updated>2010-09-10T01:11:57.456-07:00</updated><title type='text'>L'innocence d'Yvan Colonna : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS &lt;br /&gt;Fin juin 2010, la Cour de Cassation se prononcera sur le pourvoi déposé par Yvan Colonna après sa &lt;br /&gt;condamnation par la Cour d'Appel « spécialement constituée » à la peine la plus lourde prévue par &lt;br /&gt;le code pénal : prison à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté. &lt;br /&gt;Les raisons de casser cet arrêt sont multiples. Il ne faut toutefois pas s'imaginer que les choses sont &lt;br /&gt;acquises : les pressions sur la Cour sont forcément à la mesure des enjeux. Sa décision dira ce qu'il &lt;br /&gt;en est de son degré d'indépendance. &lt;br /&gt;Le procès des cinq personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna pendant sa cavale vient d'avoir &lt;br /&gt;lieu. Le verdict, mis en délibéré, sera connu en juillet.  Au cours du procès, des faits sont apparus &lt;br /&gt;qui montrent, s'il en était besoin, les machinations de la police antiterroriste. En voici un exemple &lt;br /&gt;incroyable. &lt;br /&gt;Histoire d'une preuve fabriquée &lt;br /&gt;Des cinq accusés, quatre ont admis avoir aidé le fugitif entre 1999 et 2003. Seul, Marc Simeoni (le &lt;br /&gt;fils d'Edmond et le frère de Gilles, l'un des avocats d'Yvan Colonna et leader du mouvement &lt;br /&gt;autonomiste) nie les faits qui lui sont imputés. &lt;br /&gt;Il est notamment accusé d'avoir hébergé le fugitif dans son appartement de Bastia en 2002 et 2003. &lt;br /&gt;Pour appuyer leur accusation, les policiers antiterroristes font état de deux traces appartenant à Yvan &lt;br /&gt;Colonna et retrouvées dans cet appartement. L'affaire paraît entendue et on ne comprend pas les &lt;br /&gt;dénégations de Marc Simeoni. &lt;br /&gt;Mais qu'en est-il en réalité ? &lt;br /&gt;1 - Les deux empreintes en question ont été retrouvées, l'une sur une boîte de pansements, l'autre sur &lt;br /&gt;un coussin. &lt;br /&gt;2 - Les enquêteurs n'ont pas placé les scellés réglementaires sur l'appartement  entre le moment où &lt;br /&gt;Marc Simeoni a été interpellé et celui où ont commencé les perquisitions. &lt;br /&gt;3 - Sur l'un des deux objets (le coussin), outre l'A.D.N. d'Yvan Colonna, a été retrouvé celui d'Alain &lt;br /&gt;Ferrandi ( le chef du commando Erignac). Rappelons que Marc Simeoni a loué son appartement en &lt;br /&gt;octobre 2000 et qu'Alain Ferrandi avait été arrêté en mai 1999. Comment est-ce possible ? Notons, &lt;br /&gt;en revanche, l'absence tout aussi étonnante d'empreintes de Marc Simeoni, sur cet objet  retrouvé &lt;br /&gt;dans cet appartement qu'il habitait depuis trois ans quand la perquisition a eu lieu. &lt;br /&gt;4 - L'enquête a été menée par le commandant Lebbos, l'un des acteurs principaux de l'affaire &lt;br /&gt;Colonna (voir II - Les acteurs du drame) et dont on a pu voir que les scrupules n'étaient pas son &lt;br /&gt;point fort (dossiers truqués, coups et blessures, détournements de procédure à des fins privées, etc.). &lt;br /&gt;Marc Simeoni a affirmé au procès que le commandant Lebbos lui aurait dit : " je suis spécialiste de &lt;br /&gt;la pêche au gros. J'ai pêché Colonna. Ton père, c'est un gros poisson pour moi ». &lt;br /&gt;Cette "preuve" manifestement fabriquée en dit long sur la sincérité des deux procès au terme &lt;br /&gt;desquels Yvan Colonna a été condamné à la peine la plus lourde prévue par le code pénal. &lt;br /&gt;Instructif, non ? Cette construction policière éclaire rétrospectivement d'un jour crû toute l'affaire &lt;br /&gt;Colonna. &lt;br /&gt;Le plus incroyable étant peut-être le silence ou l'indifférence de la plupart devant des faits aussi &lt;br /&gt;scandaleux. Quand on discute avec des gens convaincus de la culpabilité d'Yvan, ils ne cessent de &lt;br /&gt;demander : s'il est innocent, pourquoi est-il parti en cavale ? Ou bien : pourquoi ses copains l'ont-ils &lt;br /&gt;dénoncé ? &lt;br /&gt;1&lt;br /&gt;Nous pouvons demander de notre côté : si  la culpabilité d'Yvan était si évidente, pourquoi la &lt;br /&gt;police a-t-elle éprouvé le besoin de fabriquer avec cynisme des fausses preuves ? &lt;br /&gt; L'appareil judiciaire antiterroriste ne peut pas ignorer ces machinations. Et pourtant, deux Cours &lt;br /&gt;d'Assises « spécialement constituées » l'ont condamné. C'est en ce sens que cette affaire est une &lt;br /&gt;affaire d'Etat. Comme l'affaire Dreyfus dont les juges savaient parfaitement qu'ils condamnaient un &lt;br /&gt;innocent. &lt;br /&gt; Le texte qu'on va lire ci-dessous a été rédigé entre le 15 et le 26 mai 2010 à l'occasion du procès &lt;br /&gt;des  soutiens  à Yvan Colonna pendant  sa cavale.  Il  est  paru sur  mon blog &lt;br /&gt;(http://rolandlaurette.blogspot.com) sous forme de feuilleton. &lt;br /&gt;PREAMBULE &lt;br /&gt;   Dans quelques jours, s'ouvrira le procès des cinq personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna &lt;br /&gt;pendant sa cavale (mai 99 – juillet 2003). Après plusieurs mois de silence, la presse parle à nouveau &lt;br /&gt;de cette affaire. Beaucoup d'articles prétendent apporter de nouveaux détails sur la période où Yvan, &lt;br /&gt;accusé du meurtre du préfet Erignac, a disparu. Ce qui paraît dans les journaux était déjà connu &lt;br /&gt;pour l'essentiel ou ne revêt qu'une importance dérisoire. On apprend  par exemple ainsi qu'Yvan &lt;br /&gt;Colonna a subi une échographie dans une clinique de Bastia le 4 mars 2003 à 17 h 37. On admirera &lt;br /&gt;la précision du minutage mais on s'interrogera sur son intérêt. &lt;br /&gt;   Sur la cavale proprement dite, je crois que mon roman apporte des éléments plus fondamentaux, &lt;br /&gt;plus révélateurs du personnage et de sa façon d'agir et parfois plus pittoresques. Mais il est vrai que &lt;br /&gt;j'ai puisé à d'autres sources. &lt;br /&gt;   J'ai publié « LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE (clés pour l'affaire Colonna) » voici un &lt;br /&gt;an1. Il a été lu par des milliers de gens. Beaucoup qui croyaient Yvan Colonna coupable ont avoué &lt;br /&gt;avoir été retournés. Mais certains ont estimé qu'un récit romancé relevait de l'imaginaire de l'auteur &lt;br /&gt;et n'était donc pas crédible. &lt;br /&gt;   Je crois le moment venu de parler au premier degré et de faire la synthèse des principaux &lt;br /&gt;éléments qui constituent la trame d'une affaire qui restera une tragédie pour ceux qui en sont &lt;br /&gt;les victimes : le préfet Erignac et sa famille ; Yvan Colonna que l'on a condamné à tort à la &lt;br /&gt;perpétuité et sa famille. C'est aussi une tragédie pour l'Etat et la République. &lt;br /&gt;   J'ai classé par rubriques les faits et les arguments que la longue et minutieuse enquête que j'ai &lt;br /&gt;menée m'a permis de rassembler. Je vais les publier ici-même sous forme de feuilleton. Aucun &lt;br /&gt;élément n'est décisif à lui tout seul. Mais leur convergence est incontestablement favorable à Yvan &lt;br /&gt;Colonna. Aucun de ceux qui connaissent le dossier ne peut l'ignorer. &lt;br /&gt;   Comment peut-on croire Yvan Colonna innocent ? &lt;br /&gt;   C'est en gros la question que posent systématiquement ceux qui ont mal suivi l'affaire, ont écouté &lt;br /&gt;ou lu distraitement des informations données comme convergentes, et pensent que, puisqu'il a été &lt;br /&gt;été traité publiquement d'assassin par un ministre de l'Intérieur de gauche (J.P.Chevènement) et par &lt;br /&gt;un ministre de l'Intérieur de droite (N. Sarkozy), puisqu'il a été condamné en cour d'assises et en &lt;br /&gt;cour d'appel, c'est bien qu'il doit être coupable... Les mêmes estiment que la Police, la Justice, &lt;br /&gt;malgré quelques erreurs dont l'affaire d'Outreau a montré la possibilité, font grosso modo plutôt &lt;br /&gt;bien leur travail. Et puis ce Corse qui agresse ses juges, il n'est pas si sympathique... Quand ses &lt;br /&gt;copains l'avaient dénoncé, ils avaient agi sur ce premier mouvement qui est toujours le bon, comme &lt;br /&gt;chacun sait. Par la suite, s'ils se sont rétractés, c'est forcément parce que le « clan » Colonna les a &lt;br /&gt;convaincus de le faire avec des moyens sans doute peu recommandables. &lt;br /&gt;   Pourtant, nous sommes de plus en plus nombreux à penser que l'innocence d'Yvan Colonna est &lt;br /&gt;une certitude. Cette certitude s'appuie sur plusieurs séries de raisons fondamentales. Elles portent &lt;br /&gt;sur les accusations des membres du commando et de trois de leurs compagnes, sur les déclarations &lt;br /&gt;des témoins, sur  la façon dont ont été menés l'enquête, l'instruction et les deux procès, et enfin sur &lt;br /&gt;1 L'Harmattan 2009&lt;br /&gt;la personnalité de l'accusé. &lt;br /&gt;I - LES ACCUSATIONS &lt;br /&gt;   Dans le dossier de l'accusation, il n'y a qu'un seul élément à charge : les déclarations d'une partie &lt;br /&gt;des membres du commando2 (pour l'essentiel Maranelli et Alessandri3), et de trois de leurs &lt;br /&gt;compagnes. Le ministère public a affirmé sans trève que ces accusations étaient « précises, réitérées &lt;br /&gt;et concordantes ». Ces trois adjectifs ont été martelés, surtout le troisième qui est le plus grave s'il &lt;br /&gt;est fondé. On peut même dire qu'Yvan Colonna a été condamné sur cet adjectif : « concordantes ». &lt;br /&gt;Et en effet, si c'était vrai, ce serait troublant. Mais si la répétition à l'infini d'un mensonge peut en &lt;br /&gt;faire une opinion, elle n'en fait pas une vérité. &lt;br /&gt;   Les accusations contre Yvan Colonna ne sont pas concordantes, elles sont contradictoires ! &lt;br /&gt;   Examinons-les. &lt;br /&gt;   1 - Et commençons par cette contradiction de taille qui porte sur ce qui s'est passé le 7 février 99, &lt;br /&gt;le lendemain de l'assassinat du préfet Erignac. &lt;br /&gt;   Valérie Dupuis est la femme de Maranelli. Le couple habite Cargèse. Elle déclare qu'Yvan &lt;br /&gt;Colonna est venu chez eux le 7 février, vers 7h30. Il a amené Didier Maranelli dans la cuisine, ils &lt;br /&gt;ont parlé quelques minutes à voix basse puis Yvan est reparti. Après cette entrevue, Maranelli a &lt;br /&gt;paru sombre et inquiet. &lt;br /&gt;   De son côté, Jeanne, la femme de Ferrandi (le couple habite Ajaccio), déclare que le 6 février, &lt;br /&gt;vers 21h30, son mari est rentré chez lui, accompagné d'Alessandri et d'Yvan Colonna. Ils ont tous &lt;br /&gt;dormi là et Yvan Colonna est resté le lendemain, 7 février, jusqu'à midi passé. &lt;br /&gt;   Stéphane Durand-Soufflant, le chroniqueur judiciaire du Figaro, fait observer fort justement &lt;br /&gt;qu'Yvan Colonna n'ayant pas le don d'ubiquité, il ne peut pas avoir été en même temps à Cargèse &lt;br /&gt;(vers 7h30) et à Ajaccio jusqu'à midi. Même la police a été gênée par cette contradiction. Elle a &lt;br /&gt;donc fait modifier les dépositions des deux femmes. Jeanne déclare désormais qu'Yvan est parti de &lt;br /&gt;chez elle avant midi. Valérie déclare qu'il est venu chez elle après neuf heures. La contradiction &lt;br /&gt;est moins flagrante, elle n'en est pas moins réelle chacun comprenant bien qu'après neuf heures et &lt;br /&gt;avant midi, ce n'est pas la même chose. Rappelons aussi que le trajet Cargèse-Ajaccio demande plus &lt;br /&gt;d'une heure. &lt;br /&gt;   Des contradictions de cette sorte, il y en a bien d'autres. &lt;br /&gt;   2 -Déclarations d'Alessandri et de Versini. Elles portent sur l'attaque de la gendarmerie de &lt;br /&gt;Pietrosella, le 6 septembre 97.  Le commando est divisé en deux groupes A et B. Alessandri est dans &lt;br /&gt;l'un, Versini dans l'autre. Ils affirment (ils sont les seuls à le faire) que Colonna faisait partie de &lt;br /&gt;l'expédition. Chacun d'eux dit qu'Yvan était dans l'autre groupe que le sien. Il n'était pas dans le &lt;br /&gt;groupe A ; il n'était pas dans le groupe B. Où était-il donc ? &lt;br /&gt;   3 – Les réunions préparatoires : L'équipe se réunit à plusieurs reprises ici ou là pour préparer &lt;br /&gt;l'assassinat du préfet. Ils racontent tous que ces réunions ont lieu tantôt dans la distillerie &lt;br /&gt;d'Alessandri à Cargèse, tantôt dans la charcuterie de Versini à Cristinacce, tantôt au garage Hertz de &lt;br /&gt;l'aéroport dirigé par Ferrandi. Maranelli dit que certaines ont eu lieu à Cargèse dans la propriété des &lt;br /&gt;Colonna. C'est un détail mémorable puisqu'il s'agit du domicile du « tueur » : Maranelli est pourtant &lt;br /&gt;le seul à s'en souvenir. &lt;br /&gt;   4 – Maranelli affirme que, la veille du crime, il est allé en voiture avec Alessandri et Colonna &lt;br /&gt;faire une tournée de reconnaissance dans Ajaccio. Il raconte encore qu'à un feu rouge, Place &lt;br /&gt;Abatucci, leur voiture a été heurtée à l'arrière par une voiture dont la conductrice, Valérie Mariani, &lt;br /&gt;2 Rappelons que les membres connus du commando sont : Alain Ferrandi (le chef ; gérant du garage Hertz de &lt;br /&gt;l'aéroport), Pierre Alessandri (celui qui s'accuse depuis 2004 d'être le véritable tueur ; ami d'enfance d'Yvan), Didier &lt;br /&gt;Maranelli (le guetteur devant la préfecture), Martin Ottaviani (le chauffeur), Marcel Istria (qui a toujours nié sa &lt;br /&gt;participation), Joseph Versini ( qui a refusé de participer au dernier moment). &lt;br /&gt;3   Alain Ferrandi ne l'a mis en cause qu'indiectement : « ma femme a dit la vérité »&lt;br /&gt;téléphonait en conduisant. Interrogée par la suite au sujet de cet accrochage, Valérie Mariani dit &lt;br /&gt;qu'elle est descendue de voiture pour le constat. Dans l'autre voiture, il y avait une seule personne : &lt;br /&gt;le chauffeur, Alessandri. Maranelli aurait donc menti. &lt;br /&gt;   5 – L'arme du crime : Maranelli (encore lui !) affirme que, dans l'après-midi du 6 février, il a con- &lt;br /&gt;duit en voiture Yvan Colonna « à une certaine adresse » dans Ajaccio. Là, « quelqu'un » remet à &lt;br /&gt;Colonna l'arme du crime. &lt;br /&gt;   De son côté, Alessandri déclare que le commando s'est retrouvé vers 18 heures au hangar de &lt;br /&gt;Baleone (qui appartient au garage Hertz) près de l'aéroport. Il affirme qu'il aurait remis l'arme du &lt;br /&gt;crime à Colonna à ce moment-là.. &lt;br /&gt;    6 – Quant au crime proprement dit, le récit qu'en fait Alessandri apparaît surréaliste même s'il &lt;br /&gt;n'est pas à proprement parler contradictoire. Ils seraient donc trois : Ferrandi, le chef ; Colonna, le &lt;br /&gt;tueur et lui, Alessandri. Ils sont en train de descendre la rue Colonel Colonna d'Ornano. Alessandri &lt;br /&gt;est en avant. Ils croisent le préfet qui monte vers le théâtre. Alessandri continue d'avancer sans se &lt;br /&gt;retourner. Il entend les coups de feu. C'est seulement maintenant qu'il se retourne et voit le préfet à &lt;br /&gt;terre. Or, il y a eu cinq coups de feu. Entre le troisième et le quatrième, l'arme s'est enrayée. Le &lt;br /&gt;tueur a tapé sur la crosse, extrait le chargeur et réarmé. Tout cela représente une durée relativement &lt;br /&gt;longue. Le moins qu'on puisse dire c'est que les temps de latence d'Alessandri sont singulièrement &lt;br /&gt;lents. Ils lui permettent en tout cas de n'avoir rien à dire sur le moment-clé du drame. Il était là, mais &lt;br /&gt;il n'a rien vu !  Quant à Ferrandi, il refuse de donner le moindre détail. Ils peuvent donner un &lt;br /&gt;élément capital : le nom du tueur. Mais ils sont muets sur les broutilles ! Quels sont donc les &lt;br /&gt;« détails » révélateurs qu'il s'agit de taire à tout prix ? &lt;br /&gt;   La moindre de ces contradictions aurait dû inquiéter les enquêteurs et les magistrats &lt;br /&gt;instructeurs. Leur addition aurait dû montrer que le dossier ne reposait que sur des &lt;br /&gt;accusations non pas concordantes mais fantaisistes. Tout aurait dû conduire à la relaxe. &lt;br /&gt;                                                                             &lt;br /&gt;II - LES TEMOIGNAGES &lt;br /&gt;   Aucun témoignage à charge contre Yvan Colonna ne tient, donc. En revanche, tous les autres lui &lt;br /&gt;sont entièrement favorables. &lt;br /&gt;1 – Les témoins oculaires du crime : &lt;br /&gt;     Beaucoup de témoins ont remarqué quelque chose de suspect, le soir du 6 février 98 aux &lt;br /&gt;alentours du théâtre du Kallistè où avait lieu le concert auquel se rendait le préfet. Tous ces témoins &lt;br /&gt;ne parlent que de deux hommes à côté de Claude Erignac au moment de l'assassinat. Or, pour étayer &lt;br /&gt;leur accusation contre Yvan Colonna, les policiers ont besoin de trois hommes. C'est pourquoi ils &lt;br /&gt;survalorisent le seul témoignage qui parle de trois hommes, celui de Joseph Arrighi. Ce retraité des &lt;br /&gt;Renseignements Généraux rentre chez lui en marchant le long du cours Napoléon. De là où il est, il &lt;br /&gt;a entendu les coups de feu mais les pâtés de maisons l'ont empêché de voir l'assassinat. Il continue &lt;br /&gt;de marcher. Au niveau de la manufacture des tabacs, il est dépassé par deux hommes qui trottinent &lt;br /&gt;et qui sont rattrapés par un troisième. Bien évidemment ce témoignage ne prouve rien. Rien ne dit &lt;br /&gt;que les deux hommes et le troisième venaient du même endroit. Le troisième, était légèrement &lt;br /&gt;décalé parce qu'il venait vraisemblablement d'un autre point où il servait de guetteur. &lt;br /&gt;   Même la juge Le Vert a fini par admettre au cours du procès en appel qu'ils n'étaient que deux sur &lt;br /&gt;les lieux du crime. &lt;br /&gt;   Donc deux hommes. &lt;br /&gt;  Plusieurs personnes ont vu le crime. Parmi elles, il y en a deux qui sont particulièrement in- &lt;br /&gt;téressantes : &lt;br /&gt; Joseph COLOMBANI. Il est l'organisateur du concert, ami du préfet, responsable UMP, bras &lt;br /&gt;droit du Conseil de l'Exécutif corse.&lt;br /&gt; Marie-Ange CONTART. Elle a vu le tueur à deux mètres. Ils se sont regardés dans les yeux, le &lt;br /&gt;temps d'un flasch indélébile. &lt;br /&gt;   Ces deux témoins ne disent pas : « Je ne reconnais pas Yvan Colonna ». Ils affirment : « Le &lt;br /&gt;tueur que j'ai vu, ce n'est pas Yvan Colonna ». &lt;br /&gt;2 – Les témoins qui attestent de la présence d'Yvan Colonna ailleurs : &lt;br /&gt; Le soir de l'assassinat, le 6 février : Jean-Hugues (le père ) et  Josette Colonna-Beech (la tante), &lt;br /&gt;affirment qu'Yvan Colonna était avec eux jusqu'à 20 heures (le préfet est tué à 21h05). On dira, &lt;br /&gt;c'est la famille proche, ils ne risquent rien, leur témoignage ne vaut pas. (A quoi on peut &lt;br /&gt;aisément faire observer que les deux disent la même chose, alors qu'ils sont mis dans &lt;br /&gt;l'impossibilité de communiquer entre eux et qu'ils ne savent pas encore qu'Yvan est recherché. &lt;br /&gt;Par ailleurs, rappelons qu'il faut au moins une heure pour aller de Cargèse à Ajaccio. Il est &lt;br /&gt;invraisemblable que l'auteur d'un crime d'Etat se soit mis dans des conditions de temps aussi &lt;br /&gt;serrées. Mais ce n'est pas totalement impossible. S'il s'agissait d'un alibi fabriqué, le père et la &lt;br /&gt;tante auraient dit 20h30 ou 20h45 plutôt que 20 h.) &lt;br /&gt; Mais il n'y a pas qu'eux : Alex Alessandri, le berger associé d'Yvan affirme que celui-ci était &lt;br /&gt;avec lui jusqu'aux environs de 19h le 6 février et qu'il l'a revu dès 5h le lendemain matin  pour la &lt;br /&gt;traite des chèvres (au moment où Yvan est censé être chez Ferrandi à Ajaccio). Toujours ce &lt;br /&gt;matin du 7, Yvan Colonna fait la tournée de livraison du brucciu et plusieurs personnes l'ont &lt;br /&gt;donc vu (dont une commerçante d'Ajaccio). &lt;br /&gt; Attentat contre la gendarmerie de Pietrosella (6 septembre 97). On sait que les cargésiens qui &lt;br /&gt;ont participé à cet attentat ont quitté Cargèse à 17h. &lt;br /&gt;Or, une jeune femme de Cargèse, Sylvie Cortesi, dit avoir vu Yvan sur la plage après 17h. Leurs &lt;br /&gt;enfants se sont amusés ensemble. &lt;br /&gt;Plus significatif encore est le témoignage de Paul Donzella, restaurateur à Cargèse et adversaire &lt;br /&gt;politique des Colonna. Antinationaliste, même. Il atteste qu'Yvan est venu le soir du 6 septembre &lt;br /&gt;manger une pizza chez lui avec son fils. Pourquoi s'en souvient-il ? Parce que le lendemain, &lt;br /&gt;quand il a vu dans les journaux l'attaque de la gendarmerie, il s'est dit en pensant à Yvan, en &lt;br /&gt;voilà au moins un qui n'y était pas. Les policiers, les juges d'instruction, la Cour d'assises ont &lt;br /&gt;tout fait pour discréditer ce témoignage capital qui démolit tout le scénario de l'accusation. &lt;br /&gt;    Les témoignages à charge ne tiennent pas debout parce qu'ils sont contradictoires et qu'ils ont &lt;br /&gt;été retirés par leurs auteurs. Seuls les témoignages à décharge sont précis, réitérés et &lt;br /&gt;concordants. &lt;br /&gt;III - LES ACTEURS DE L'AFFAIRE COLONNA &lt;br /&gt;Si on veut que les deux verdicts qui ont condamné Yvan Colonna à la perpétuité soient irrécusables, &lt;br /&gt;il faut que les gens qui ont mené l'enquête, l'instruction et les procès soient au-dessus de tout &lt;br /&gt;soupçon. On va voir que c'est loin d'être le cas. &lt;br /&gt;A – L'ENQUÊTE : &lt;br /&gt;   1/ La cheville ouvrière de l'enquête et des interrogatoires est le commandant Lebbos. Les &lt;br /&gt;avocats de la défense ont pu rappeler que : &lt;br /&gt; Il battait sa femme. Elle le quitte sans laisser d'adresse. Au nom de la procédure Erignac, il &lt;br /&gt;signe une réquisition enjoignant à France-Télécom de retrouver ses coordonnées téléphoniques. &lt;br /&gt;Il signe la réquisition du nom de son subordonné (Franck Azaïs) en vacances. C'est donc un &lt;br /&gt;faux et un détournement de procédure au profit d'une affaire privée. &lt;br /&gt; Il remarque une jeune femme qu'il trouve à son goût, Martine Mimaud. Il signe une nouvelle &lt;br /&gt;réquisition toujours au nom de Franck Azaïs pour avoir son adresse. La procédure Erignac est &lt;br /&gt;détournée au profit d'une histoire de fesses. Azaïs s'aperçoit que son nom a été utilisé à son insu. &lt;br /&gt;Il se plaint auprès de sa hiérarchie. Résultat : c'est lui qui est mis au placard ! &lt;br /&gt; Lebbos est pris en flagrant délit de vol au BHV. &lt;br /&gt; La condamnation de Castela et Andriuzzi est annulée en appel parce que leurs avocats ont pu &lt;br /&gt;montrer qu'elle  reposait sur un PV antidaté rédigé par Lebbos. &lt;br /&gt; Décembre 2007, Lebbos est condamné à 6 mois de prison avec sursis. &lt;br /&gt; 2009 : procès en appel. Il envoie un certificat médical au Président Wacogne rédigé par un &lt;br /&gt;psychologue qui affirme que son patient n'est pas en mesure de supporter une nouvelle &lt;br /&gt;déposition.  Mais le déroulement du procès conduit Yvan Colonna à faire le choix de récuser ses &lt;br /&gt;avocats et de quitter la salle d'audience. Dès lors, voilà le commandant Lebbos qui retrouve  sa &lt;br /&gt;santé psychique et il vient assurer à la barre qu'il a toujours respecté la déontologie du policier. &lt;br /&gt; On a vu en introduction « Histoire d'une preuve fabriquée ». Je n'y reviens pas. &lt;br /&gt;2/ Très rapidement, l'enquête est confiée à la DNAT dirigée par Roger Marion. &lt;br /&gt;Dès le soir de l'assassinat, c'est le SRPJ d'Ajaccio dirigé par le commissaire Démétrius Dragacci &lt;br /&gt;qui opère. &lt;br /&gt;Dragacci commet quelques erreurs techniques regrettables (Dès 23h, il fait laver à grande eau le &lt;br /&gt;trottoir où le préfet est tombé à 21h05 ; il ne fait pas enclore un espace de sécurité assez grand si &lt;br /&gt;bien que les 400 spectateurs du concert auquel se rendait le préfet piétinent la rue et les trottoirs en &lt;br /&gt;sortant du Kallistè, faisant sans doute disparaître des indices précieux ; il ne fait pas relever les &lt;br /&gt;numéros d'immatriculation des voitures dans un périmètre suffisant, si bien qu'on va perdre par &lt;br /&gt;exemple la trace d'une fourgonnette suspecte garée devant le Kallistè depuis la fin de l'après midi et &lt;br /&gt;qui disparaîtra ensuite : on sait que dans des opérations de cette envergure il y a toujours des &lt;br /&gt;complices en planque dans des véhicules banalisés)... Mais Dragacci a deux intuitions majeures &lt;br /&gt;dont l'histoire montrera à quel point elles étaient judicieuses. Si on lui avait laissé finir son &lt;br /&gt;travail le commando Erignac aurait été arrêté bien plus tôt. Dragacci estime en effet tout de suite &lt;br /&gt;que cet assassinat est le fait d'un commando nationaliste à la dérive. Par ailleurs, il comprend que &lt;br /&gt;ses membres forcément disséminés dans le quartier ou même la ville ont communiqué entre eux. Ils &lt;br /&gt;n'ont pu le faire qu'à l'aide de téléphones portables. Il fait donc relever (« vitrifier ») le soir même &lt;br /&gt;tous les appels téléphoniques enregistrés par les bornes téléphoniques d'Ajaccio entre 20h et 21h30. &lt;br /&gt;Ce dossier ne sera exploité qu'environ dix mois plus tard. Or c'est lui qui permettra de confondre les &lt;br /&gt;coupables. &lt;br /&gt;Mais Roger Marion obtient du ministre de l'Intérieur de l'époque, Jean-Pierre Chevènement, que &lt;br /&gt;l'enquête soit confiée au service qu'il dirige, la Direction Nationale Antiterroriste, la DNAT. &lt;br /&gt;Chevènement liquidera Dragacci et nommera le chef d'un service mis en place par Charles Pasqua &lt;br /&gt;en 1986. &lt;br /&gt;Le premier soin de Roger Marion est de faire table rase du travail de Dragacci. Ce qui donne &lt;br /&gt;l'occasion de rappeler combien toute cette affaire - et donc le déroulement de l'enquête - a été &lt;br /&gt;polluée par les rivalités entre services (ainsi par exemple, Roger Marion se débrouillera pour faire &lt;br /&gt;dessaisir la gendarmerie de l'enquête sur l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella. Pour cela il &lt;br /&gt;mettra sous les yeux du juge chargé de l'instruction de cette affaire, le juge Thiel, un mot un peu &lt;br /&gt;critique du colonel Mazères. Résultat, le juge Thiel chargé d'instruire l'attentat de Pietrosella &lt;br /&gt;dessaisit la gendarmerie au profit de la DNAT. Pourquoi le fait-il ? Parce que le colonel Mazères le &lt;br /&gt;trouve un peu mou ?  Ou  bien le fait-il parce que la gendarmerie enquête à ce moment-là sur ce &lt;br /&gt;qu'on appelle les réseaux Pasqua et leur implication dans l'attentat de Pietrosella ? &lt;br /&gt;Roger Marion, donc. &lt;br /&gt;a/ Pistes et leurres successifs : &lt;br /&gt;Roger Marion va se lancer d'abord sur ce qu'on appellera « la piste agricole ». Pourquoi ? Les &lt;br /&gt;diverses opérations qui préparent l'assassinat du préfet Erignac vont de l'attaque de la gendarmerie &lt;br /&gt;de Pietrosella, le 6 septembre 1997, à l'attentat de la rue Colonnel Colonna d'Ornano le 6 février &lt;br /&gt;1998 en passant par des attentats à l'explosif à Strasbourg ou à Vichy. Elles ont été revendiquées par &lt;br /&gt;deux séries principales de communiqués. La première est composée de déclarations non signées &lt;br /&gt;(c'est la raison pour laquelle on parlera du « commando sans nom » ou « des anonymes ») mais dont &lt;br /&gt;l'authenticité ne fait pas de doute puisque chacune d'elles comporte des détails connus des seuls &lt;br /&gt;enquêteurs et des auteurs des attentats. La seconde est composée de déclarations signées Sanpieru. &lt;br /&gt;Le but évident de ces communications est de faire porter les soupçons sur un militant nationaliste du &lt;br /&gt;syndicalisme agricole corse : Marcel Lorenzoni. La manoeuvre crève les yeux. Cela n'empêchera &lt;br /&gt;pas Roger Marion de faire immédiatement arrêter Lorenzoni, et, à la suite, plusieurs centaines de &lt;br /&gt;militants nationalistes du monde agricole. Beaucoup d'entre eux seront gardés plusieurs mois en &lt;br /&gt;préventive. Pour être finalement tous relâchés : la fameuse piste agricole s'est révélée comme un &lt;br /&gt;leurre tendu pour égarer l'enquête. Après quoi, Roger Marion a foncé sur la « piste des &lt;br /&gt;intellectuels » : Jean Castela et Vincent Andriuzzi, professeurs en Haute Corse. On a vu plus haut &lt;br /&gt;qu'ils ont été relaxés en appel. Deuxième fausse piste donc. Deuxième grave erreur de Roger &lt;br /&gt;Marion. Mais la piste Colonna, cette fois, ce serait la bonne. &lt;br /&gt;b/ coups tordus : &lt;br /&gt;Au procès de première instance, Marion déclarera devant la Cour à propos d'Yvan Colonna : « Ce &lt;br /&gt;sont les déclarations concordantes qui le désignent ». On a vu plus haut ce qu'il fallait penser de &lt;br /&gt;cette concordance. Il ajoute : « Les aveux du commando sont sincères, vérifiés et corroborés par des &lt;br /&gt;détails de l'enquête ». Quels détails ? Nous n'en saurons jamais rien. Certainement pas en tout cas le &lt;br /&gt;rapport du RAID sur la filature et les écoutes téléphoniques dont Yvan Colonna a été l'objet pendant &lt;br /&gt;plusieurs mois. Ce rapport est déclaré disparu. (Il ne reparaîtra qu'à la fin du procès en appel quand &lt;br /&gt;l'accusé et ses avocats auront quitté le prétoire). On y reviendra plus loin. Ce rapport prouve deux &lt;br /&gt;choses : pendant plusieurs mois, Yvan Colonna vit comme un homme qui n'a rien à se &lt;br /&gt;reprocher car on pense bien que si la filature et les écoutes avaient révélé la moindre chose &lt;br /&gt;supecte, cela aurait été mis en évidence par les enquêteurs. Peut-on imaginer que s'il avait été &lt;br /&gt;coupable, sur plusieurs mois, il ne se serait jamais trahi si peu que ce soit ? Ce vide lui est donc tout &lt;br /&gt;à fait favorable. Voilà pourquoi on  fait disparaître le rapport. Celui-ci prouve autre chose : la &lt;br /&gt;DNAT a menti quand elle a prétendu que le nom d'Yvan Colonna lui était inconnu avant que &lt;br /&gt;Maranelli ne l'évoque pour la première fois en garde à vue. Ce mensonge (corroboré par le livre de &lt;br /&gt;Amaury de Hauteclocque, chef du Raid, paru en 2009) laisse penser qu'en garde à vue, le nom &lt;br /&gt;d'Yvan Colonna était « dans les tuyaux », comme on dit, et a bien été soufflé aux membres du &lt;br /&gt;commando comme ceux-ci l'affirment. Pourquoi mentir, sinon ? &lt;br /&gt;Il est vrai qu'un autre détail de l'enquête a de quoi surprendre : Mathieu Filidori est l'un des &lt;br /&gt;responsables du syndicat agricole corse. Il a été arrêté et placé en garde à vue puis en détention &lt;br /&gt;provisoire. La police va retrouver dans sa propriété des bâtons de dynamite. C'est fâcheux pour lui. &lt;br /&gt;Mais voilà : cette dynamite est cachée dans un sac plastique provenant d'une grande surface qui &lt;br /&gt;n'existe pas sur l'île. Un témoin certifie que les hommes de Roger Marion ont caché eux-mêmes ces &lt;br /&gt;explosifs pour compromettre Filidori. &lt;br /&gt;Roger Marion a été convoqué par Claude Guéant à l'Elysée quelques jours avant le procès. Mais on &lt;br /&gt;va nous affirmer que Marion avait demandé à rencontrer le secrétaire général de l'Elysée parce qu'il &lt;br /&gt;avait reçu des menaces « avec l'accent corse » sur son portable. En somme : vous êtes flic, vous &lt;br /&gt;recevez des menaces et votre première réaction est d'aller vous plaindre à l'Elysée. D'autres sources &lt;br /&gt;prétendent que Roger Marion rendu amer par sa fin de carrière avait menacé de ne pas être très &lt;br /&gt;affirmatif sur la culpabilité de Colonna. C'est là que l'Elysée qui semble beaucoup tenir à cette &lt;br /&gt;culpabilité aurait convoqué et convaincu Marion de rester dans le bon chemin. Celui qui allait lui &lt;br /&gt;permettre de partir à la retraite avec le titre de préfet ? &lt;br /&gt;c/ Au bout d'une enquête interminable et qui a mobilisé des moyens considérables, que reste-t- &lt;br /&gt;il donc ? Beaucoup d'erreurs, de dysfonctionnements et de ratés. Mais surtout, aucune preuve &lt;br /&gt;d'aucune sorte. Et, on le verra plus loin, bien des pistes inexplorées.  Ceci explique le recours &lt;br /&gt;systématique de la part de Roger Marion, entre autres, à l'intime conviction. Je rappelle que le &lt;br /&gt;policier est payé pour apporter des preuves, pas pour donner ses sentiments personnels. &lt;br /&gt;B – L'INSTRUCTION : &lt;br /&gt;Curieusement, le dossier de l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella et celui de l'assassinat du &lt;br /&gt;préfet Erignac sont dissociés alors qu'il apparaît très rapidement qu'il s'agit d'une seule et même &lt;br /&gt;affaire. Ils sont confiés à deux juges différents : les juges Laurence Le Vert (pour l'assassinat) et &lt;br /&gt;Gilbert Thiel (pour Pietrosella). Ils sont chapeautés par Jean-Louis Bruguière. Dans ce club de trois &lt;br /&gt;personnes, des sentiments d'inimitié de notoriété publique ne favorisent pas la coopération. &lt;br /&gt;1 – Le juge Jean-Louis BRUGUIERE : ses activités de juge antiterroriste l'ont souvent mis sous le &lt;br /&gt;feu des projecteurs. Aujourd'hui, on reparle de lui à propos de l'attentat de Karachi. En 2007, il est &lt;br /&gt;candidat à la députation (sous la bannière UMP). Il a donc été contraint de quitter ses fonctions de &lt;br /&gt;magistrat. Le juge Marc Trévidic a repris en charge le dossier de cet attentat qui a coûté la vie à &lt;br /&gt;onze ingénieurs français de la DCN. Il donne une orientation totalement nouvelle à l'enquête. Des &lt;br /&gt;témoignages nouveaux apparaissent, des révélations montreraient que l'attentat de 2002 aurait été le &lt;br /&gt;fait non pas d'Al-Qaïda comme  on l'a prétendu jusque-là, mais de l'armée pakistanaise. Il s'agirait &lt;br /&gt;d'une histoire de rétrocommissions qui compromettrait notamment Edouard Balladur, François &lt;br /&gt;Léotard et même Nicolas Sarkozy. Si ces accusations sont fondées, si les journalistes qui ont &lt;br /&gt;enquêté ont raison, dès 2002, les responsables politiques auraient su à quoi s'en tenir. Cela n'aurait &lt;br /&gt;pas empêché le juge Bruguière pourtant informé de l'existence de cette piste, de continuer à &lt;br /&gt;n'enquêter, que sur la seule piste Al-Qaïda. &lt;br /&gt;De la même façon, le même juge Bruguière est soupçonné d'avoir enquêté uniquement sur la piste &lt;br /&gt;islamiste dans l'affaire de l'assassinat des moines de Tibéhirine. L'avocat des proches des moines &lt;br /&gt;(Me Baudoin) l'accuse d'avoir soigneusement écarté les témoignages qui n'allaient pas dans le sens &lt;br /&gt;de la « vérité officielle » (par exemple celui du général Buchwalter attaché militaire à l'ambassade &lt;br /&gt;de France d'Alger). Il apparaît de plus en plus aujourd'hui que l'armée algérienne serait impliquée &lt;br /&gt;dans ce drame. &lt;br /&gt;Il faut ajouter à tout cela que le dossier établi par le même juge sur le génocide du Rwanda &lt;br /&gt;s'effondre peu à peu.  Une fois encore il s'enfermait dans la ligne officielle du pouvoir politique &lt;br /&gt;français soucieux d'escamoter son rôle dans cette tragédie. On finit par se dire que ce sont des &lt;br /&gt;soupçons précis, réitérés et concordants qui pèsent sur le même juge. Si ces soupçons étaient &lt;br /&gt;fondés, Jean-Louis Bruguière serait le juge de la complaisance à l'égard de la raison d'Etat. Un &lt;br /&gt;juge qui accepterait de s'enfermer pendant des années dans des pistes dont il saurait pourtant depuis &lt;br /&gt;le départ qu'elles sont des impasses. &lt;br /&gt;Cela jette une ombre certaine sur sa crédibilité en ce qui concerne son attitude dans l'affaire &lt;br /&gt;Colonna. &lt;br /&gt;Pour ajouter à cette suspicion de manquements à la déontologie du magistrat, rappelons deux points &lt;br /&gt;qui ont marqué son passage à la barre au cours du procès en première instance : &lt;br /&gt;   - J.L.Bruguière est interrogé par Me Sollacaro et Me Simeoni au sujet de l'absence de &lt;br /&gt;reconstitution. Il rappelle à juste titre qu'une reconstitution a eu lieu sur les lieux du crime quelques &lt;br /&gt;semaines après celui-ci avec les témoins volontaires mais en l'absence des criminels qui ne seront &lt;br /&gt;connus que plus d'un an plus tard. Une seconde reconstitution est prévue après l'arrestation du &lt;br /&gt;commando Erignac (mai 99). Celle-ci est annulée parce que les accusés ont refusé d'y participer. &lt;br /&gt;Question de Me Sollacaro : Pourquoi ne pas avoir fait jouer leur rôle par des figurants ? &lt;br /&gt;Réponse du juge Bruguière : Parce que nous avons été pris de court. &lt;br /&gt;Il ne dit pas pourquoi ils ne l'ont pas fait par la suite. Ils en auraient eu largement le temps, le procès &lt;br /&gt;du commando n'ayant eu lieu qu'en 2003. &lt;br /&gt;      - Il évoque l'audition de Jeanne Ferrandi le 24 mai 1999. A cette date, elle a déjà parlé et accusé &lt;br /&gt;notamment Yvan Colonna. Elle n'est donc plus en garde à vue.  Le juge la reçoit dans son bureau de &lt;br /&gt;la galerie Saint-Eloi. Il se dit touché par l'émotion de cette femme dont la vie vient de basculer... &lt;br /&gt;Très bien. &lt;br /&gt;Mais on remarque alors que ce 24 mai 99 où il reçoit Jeanne Ferrandi, libre, est le lundi de &lt;br /&gt;Pentecôte. On se dit que voilà un juge bien travailleur ou... que l'audition ne risque pas d'être &lt;br /&gt;dérangée par des témoins. Me Simeoni demande à J.L.Bruguière si Jeanne Ferrandi était &lt;br /&gt;accompagnée de son avocat. Bien sûr, répond le juge. Et c'était, insiste l'avocat ?... C'était Maître..., &lt;br /&gt;commence le juge. Mais il est bien incapable de donner un nom. &lt;br /&gt;Donc, un lundi de Pentecôte, à un moment où il n'y a personne dans la galerie Saint-Eloi, le juge &lt;br /&gt;Bruguière s'entretient apparemment en tête à tête avec un témoin important de l'accusation après &lt;br /&gt;qu'il a parlé et qu'il a été relâché. Pourquoi ? &lt;br /&gt;2 – Le juge Gilbert THIEL : Il passe pour l'esprit indocile de la section antiterroriste du parquet. &lt;br /&gt;C'est tout à son honneur. Et il est vrai qu'il a fait preuve d'une belle ténacité dans un certain nombre &lt;br /&gt;d'affaires. Mais il est arrivé aussi que cette ténacité le conduise à des dérapages. Il lui aura fallu trois &lt;br /&gt;ans pour s'apercevoir qu'il s'était fait manipuler par deux de ses collègues italiens. Il a ainsi déployé &lt;br /&gt;des moyens d'enquête considérables contre trois militants du nouveau PCI vivant en France. Le &lt;br /&gt;député PS André Vallini, qui a présidé la commission d'enquête parlementaire à propos de l'affaire &lt;br /&gt;d'Outreau a dit du juge Thiel qu'il a couru après « l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ». &lt;br /&gt;Il arrive donc au juge Thiel de se faire « instrumentaliser » selon l'expression du Syndicat de la &lt;br /&gt;Magistrature. Cela ne lui enlève en rien ses certitudes et la passion de les faire prévaloir. Un témoin &lt;br /&gt;décisif ( Paul Donzella) vient-il  affirmer qu'Yvan Colonna ne pouvait pas participer à l'attaque de la &lt;br /&gt;gendarmerie de Pietrosella, le 6 septembre 97, puisqu'il mangeait une pizza avec son fils ce soir-là &lt;br /&gt;dans son restaurant, aussitôt le juge l'accuse de faux-témoignage obtenu par une concertation &lt;br /&gt;téléphonique avec les avocats (Me Sollacaro) par l'intermédiaire de la famille (Stéphane Colonna). &lt;br /&gt;Cette concertation a bien eu lieu. Mais après la déposition de Donzella. Les accusations du juge &lt;br /&gt;vont d'ailleurs amener les avocats à porter plainte pour diffamation. Pourquoi le juge ne publie-t-il &lt;br /&gt;pas les dates exactes des entretiens téléphoniques incriminés ? Et leur contenu, puisque le téléphone &lt;br /&gt;de Stéphane Colonna était sur écoutes ? Et pourquoi ne poursuit-il pas Donzella pour faux- &lt;br /&gt;témoignage ? &lt;br /&gt;J'ai déjà évoqué les raisons qui lui ont fait retirer l'enquête à la gendarmerie. Le moins qu'on puisse &lt;br /&gt;en conclure, c'est une susceptibilité étonnante. &lt;br /&gt;Cette susceptibilité, on la retrouve dans la façon dont il a traité Patrizia Gattaceca. La chanteuse qui &lt;br /&gt;mène une carrière internationale a admis avoir hébergé Yvan Colonna pendant sa cavale. Elle est &lt;br /&gt;mise en examen. Admettons. Elle est assignée à résidence. Que craint-on ?  Elle fait valoir que son &lt;br /&gt;métier d'artiste la conduit à se produire à l'étranger er que son métier d'universitaire demande qu'elle &lt;br /&gt;puisse participer à des conférences ailleurs qu'en Corse. Le juge l'assure qu'il examinera avec &lt;br /&gt;bienveillance  les demandes de sortie de l'île. Mais voilà que, dans la presse, elle explique en vertu &lt;br /&gt;de quelles lois de l'hospitalité elle a hébergé Yvan et pourquoi elle le referait si c'était à refaire. &lt;br /&gt;Aussitôt le juge prend la mouche. Il assigne donc l'effrontée à résidence en Corse sans exception. &lt;br /&gt;Et, pour faire bonne mesure, le fils de Patrizia, lui, est assigné à résidence sur le continent. &lt;br /&gt;3 – La juge Laurence LE VERT :  Elle non plus n'est pas très regardante sur les moyens : elle &lt;br /&gt;n'hésitera pas à faire mettre sur écoutes un journaliste de l'Est Républicain trop bien informé du &lt;br /&gt;déroulement de l'instruction. &lt;br /&gt;On verra un peu plus loin la façon dont Yvan Colonna a été traité par les deux juges d'instruction. &lt;br /&gt;Ce qui est particulièrement grave, c'est le refus réitéré de la juge de verser au dossier les rapports &lt;br /&gt;d'écoutes téléphoniques et de filatures favorables à l'accusé. Constatons que le Président de la &lt;br /&gt;Chambre d'instruction saisi par les avocats a, lui aussi, refusé de transmettre la demande à l'instance &lt;br /&gt;qu'il préside. &lt;br /&gt;Elle refuse, pendant deux ans, de confronter l'accusé à ses accusateurs. La confrontation est un droit &lt;br /&gt;que la juge viole donc allègrement. &lt;br /&gt;Notons toujours qu'elle ne reçoit le père de l'accusé que deux ans après l'arrestation. Et n'allons pas &lt;br /&gt;imaginer que ce soit pour l'interroger sur l'emploi du temps d'Yvan au soir du 6 février 98. Elle &lt;br /&gt;cherche à le prendre en défaut sur la question de savoir s'il a eu ou non des nouvelles de son fils &lt;br /&gt;pendant sa cavale. Pour cela, elle cite le beau-frère d'Yvan et elle tronque la citation pour lui faire &lt;br /&gt;dire autre chose que ce qu'elle dit. Cet épisode peu glorieux pour la juge est évoqué de façon &lt;br /&gt;détaillée dans LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE. &lt;br /&gt;En conclusion, elle s'efforce tout au long de l'instruction, d'escamoter tout ce qui pourrait plaider en &lt;br /&gt;faveur de l'accusé. &lt;br /&gt;4 - Des méthodes inacceptables en démocratie: On peut admettre que les affaires de terrorisme &lt;br /&gt;appellent une lutte déterminée. &lt;br /&gt;Cela ne fera pas admettre pour autant ce qui semble se dégager ici du comportement des juges. &lt;br /&gt;L'instruction a été anormalement coercitive. Tout se passe comme si la détention provisoire &lt;br /&gt;était un commencement d'application de la peine avant même tout procès. &lt;br /&gt;Qu'on en juge. Arrêté le 4 juillet 2003, Yvan Colonna est mis à l'isolement total pendant plus d'un &lt;br /&gt;an. Cela signifie qu'il ne voit personne, même pas les autres détenus, qu'il reste enfermé dans sa &lt;br /&gt;cellule 23 heures sur 24, que pendant une heure il peut marcher dans un couloir de béton de huit &lt;br /&gt;mètres de long et recouvert d'un grillage. &lt;br /&gt;Il faudra plus d'un an pour qu'il puisse voir ses parents. Les lettres qui lui sont envoyées mettent &lt;br /&gt;entre plusieurs semaines et plusieurs mois pour lui parvenir. &lt;br /&gt;Le 10 mars 2005 il est sorti de sa prison pour « bénéficier » de la première confrontation qui lui soit &lt;br /&gt;accordée. Elle concerne l'affaire de Pietrosella. Tout le temps (plusieurs heures) qui va du moment &lt;br /&gt;où il quitte sa cellule à celui où il entre dans le bureau du juge Thiel, il est menotté dans le dos, il &lt;br /&gt;porte un gilet pare-balles et une gagoule, on lui a mis des lunettes opaques qui l'aveuglent. Peut-on &lt;br /&gt;s'interroger sur les motivations et les buts de ceux qui ont recours à de pareilles méthodes ? Dans le &lt;br /&gt;cas d'espèce, ne s'agit-il pas de « punir » celui qui s'est entêté à demander ce qu'on lui refusait ? Et &lt;br /&gt;surtout de l'affaiblir nerveusement et psychologiquement avant une audition importante pour sa &lt;br /&gt;défense ? &lt;br /&gt;Le devoir du juge est d'instruire à charge et à décharge. Dans l'affaire Colonna, le postulat de la &lt;br /&gt;culpabilité éclaire tous les actes de la procédure. On a systématiquement écarté ce qui pouvait lui &lt;br /&gt;être favorable et jeter le doute sur sa culpabilité. On a fait disparaître des pièces. On a &lt;br /&gt;systématiquement interprété les faits (parce que c'est très souvent une question d'interprétation) &lt;br /&gt;dans le sens de la culpabilité ; on a ignoré de nombreux témoignages et des pièces à conviction (j'y &lt;br /&gt;reviendrai). Cette instruction n'a pas été équitable. &lt;br /&gt;5 - Comment comprendre cela ? &lt;br /&gt;La commission d'enquête parlementaire de 99 parle, au sujet des juges en question d' « egos &lt;br /&gt;surdimensionnés ». C'est une vision des choses. Elle a le mérite d'expliquer les luttes d'influences, &lt;br /&gt;les combats pour des préséances dérisoires, des haines farouches. Elle explique aussi un goût du &lt;br /&gt;pouvoir qui conduit à vouloir briser celui qui est à votre merci, à considérer toute réaction de dignité &lt;br /&gt;comme un crime de lèse-majesté là où la déontologie demanderait beaucoup d'humilité, d'humanité, &lt;br /&gt;de sang-froid et d'impartialité. &lt;br /&gt;D'autres pourraient s'inquiéter des dérives serviles à l'égard des puissants... &lt;br /&gt;C – LES PROCES : &lt;br /&gt;Du 2 juin au 11 juillet 2003 a lieu le procès de ce qu'on a appelé le commando Erignac au terme &lt;br /&gt;duquel des peines lourdes ont été appliquées (de 15 ans à la perpétuité). Le 4 juillet, donc avant la &lt;br /&gt;fin, Yvan Colonna est arrêté à Olmetu. Puisqu'il était accusé d'être le tueur du préfet, la logique &lt;br /&gt;aurait voulu qu'il soit placé dans le même box que les autres accusés afin d'être jugé avec ses &lt;br /&gt;supposés complices. Et si son dossier n'était pas prêt, il suffisait de suspendre le temps nécessaire le &lt;br /&gt;procès en cours. Qu'on ne l'ait pas fait est significatif en soi. Pour en comprendre la portée, il faut se &lt;br /&gt;souvenir (voir plus haut) de la répugnance avec laquelle les juges d'instruction ont accepté &lt;br /&gt;d'organiser les confrontations avec ses accusateurs de la première heure qu'Yvan demandait. On ne &lt;br /&gt;voulait pas que ces hommes-là se rencontrent publiquement.  Pourquoi ? A l'évidence parce que &lt;br /&gt;cette confrontation aurait fait sauter en éclats l'image négative que les enquêteurs avaient donnée &lt;br /&gt;d'Yvan et que sa cavale avait contribué à renforcer. &lt;br /&gt;Le supposé membre principal du commando sera donc jugé à part. Quatre années plus tard ! Quatre &lt;br /&gt;années passées en prison préventive. Le procès aurait pu avoir lieu un an plus tôt, les dossiers &lt;br /&gt;étaient bouclés. Mais il est vrai qu'entre temps se déroulait une certaine campagne présidentielle... &lt;br /&gt;Allait-on risquer de la polluer avec ce procès ? &lt;br /&gt;Le procès en première instance aura donc lieu du 12 novembre au 13 décembre 2007 devant une &lt;br /&gt;cour d'assises spécialement constituée (le jury est composé de 7 juges professionnels désignés et &lt;br /&gt;non de citoyens ordinaires tirés au sort). La Cour est présidée par Dominique Coujard. &lt;br /&gt;Auparavant, en mars 2007, se déroule le procès consécutif à la plainte d'Yvan Colonna contre &lt;br /&gt;Nicolas Sarkozy pour viol de la présomption d'innocence (rappelons qu'au soir de l'arrestation &lt;br /&gt;d'Yvan, N.Sarkozy avait déclaré dans un meeting : « la police française vient d'arrêter l'assassin du &lt;br /&gt;préfet Erignac, Yvan Colonna). Au terme du procès, le plaignant est débouté. Les juges estiment &lt;br /&gt;que les propos de Nicolas Sarkozy « suscitent une impression certaine de culpabilité » mais qu'ils &lt;br /&gt;ne présentent pas Colonna comme l'auteur du crime. Sans commentaire. &lt;br /&gt;Le procès en appel se déroule, lui aussi, devant une cour d'assises spécialement constituée du 9 &lt;br /&gt;février au 27 mars. Il est présidé par Didier Wacogne. &lt;br /&gt;Dans les deux procès où Yvan est l'accusé, les avocats généraux et les présidents de cour incarnent &lt;br /&gt;l'appareil judiciaire. Examinons-les. &lt;br /&gt;1 – LES AVOCATS GENERAUX : &lt;br /&gt;On ne leur reprochera pas d'avoir requis contre l'accusé : c'est leur fonction. Ils sont même là, au &lt;br /&gt;nom de la société, pour tenter de mettre en lumière ce qui fait tomber le prévenu sous le coup de la &lt;br /&gt;loi. Cela dit, voici quelques remarques et interrogations. &lt;br /&gt;Au premier procès, on a pu noter l'absence de réaction des deux avocats généraux tout au long des &lt;br /&gt;débats. Ils n'ont quasiment jamais de question à poser. C'est au point que le président lui-même &lt;br /&gt;semble s'en étonner : dix jours après le début du procès, il les interpelle : « Le ministère public, &lt;br /&gt;toujours pas de question ? ». Ce silence pose problème dans la mesure où tout se passe comme si les &lt;br /&gt;débats n'avaient pas lieu, comme si la position des avocats généraux avait été établie à l'avance. &lt;br /&gt;Dans leurs réquisitoires, ils parleront comme si rien n'avait été dit au cours des débats. Ainsi, par &lt;br /&gt;exemple, l'avocat général Yves Jannier dira-t-il dans son réquisitoire : « Monsieur Colonna, si vous &lt;br /&gt;n'avez rien à vous reprocher, pourquoi ne pas nous dire ce que vous faisiez les 5 et 6 février &lt;br /&gt;1998 ? » C'est proprement incroyable : Yvan Colonna s'est expliqué avec précision sur son emploi &lt;br /&gt;du temps. On a vu qu'il y a de nombreux témoins pour le corroborer. Yves Jannier ne les a pas &lt;br /&gt;entendus. &lt;br /&gt;Il y a plus grave : Yves Jannier appuie son argumentation sur des contre-vérités. A propos du &lt;br /&gt;commando Erignac, il affirme le 12 décembre 2007 : « six de cette armée des ombres ont mis en &lt;br /&gt;cause le septième. Ils ont tous balancé Yvan Colonna ». Sur la réalité des accusations, qu'on relise &lt;br /&gt;ce que j'écris dans la rubrique « Accusations ». Bien sûr, l'avocat général préfèrerait, pour sa &lt;br /&gt;démonstration, qu'il y ait unanimité contre Yvan Colonna. Seulement, ce n'est pas le cas. Et ce détail &lt;br /&gt;n'est pas indifférent. Voilà pourquoi il éprouve le besoin de distordre la vérité. &lt;br /&gt;Ajoutons pour mémoire, mais en admettant que c'est de bonne guerre, qu'il fait comme si les &lt;br /&gt;assassins avérés étaient des êtres loyaux et fiables et l'accusé le dernier des pervers. Il fait mine de &lt;br /&gt;s'étonner qu'aucun des membres du commando ne se soit levé pour laver Yvan de l'accusation des &lt;br /&gt;autres (ce qui par parenthèse revient à admettre qu'ils ne l'ont pas tous accusé et que lui, l'avocat &lt;br /&gt;général, n'a pas dit la vérité quand il a prétendu le contraire). &lt;br /&gt;Un dernier mot sur Yves Jannier. Huit jours après le procès, il reçoit la promotion qu'il demandait : &lt;br /&gt;il est nommé à la tête  de la section antiterroriste du Parquet sur proposition de Rachida Dati, garde &lt;br /&gt;des sceaux. Aujourd'hui, (juin 2010), toujours à ce poste, il « ne croit pas à la thèse d'un mobile &lt;br /&gt;financier pour expliquer l'attentat » de Karachi et a, par conséquent, « décidé de ne pas travailler sur &lt;br /&gt;cette thèse ». &lt;br /&gt;Jean-Claude Kross. Il est l'un des deux avocats généraux du procès en appel. Quelques mois plus &lt;br /&gt;tard, prenant sa retraite, il publie ses mémoires. A cette occasion il est interviewé par Adrien &lt;br /&gt;Cadorel, un journaliste de Métro qui lui parle du procès Colonna et lui fait observer que le dossier &lt;br /&gt;ne contenait aucune preuve contre l'accusé. Réponse de Jean-Claude Kross, avocat général : « C'est &lt;br /&gt;vrai. Mais j'avais l'intime conviction de sa culpabilité ». On peut, à l'extrême rigueur, admettre &lt;br /&gt;que les membres du jury se prononcent sur la base de leur intime conviction (encore que s'agissant &lt;br /&gt;de la peine maximale on puisse s'interroger sur le bien-fondé de ce fonctionnement) mais l'avocat &lt;br /&gt;général ? N'est-il pas là pour montrer que l'accusé est coupable ? S'il n'en a pas les moyens, &lt;br /&gt;comment peut-il requérir la peine maximale ? &lt;br /&gt;2 – LES PRESIDENTS DE COUR. &lt;br /&gt;Le Président Coujard préside la Cour d'Assises spécialement constituée. Il apparaît comme un &lt;br /&gt;homme courtois à l'égard de l'accusé. C'est bien, mais... &lt;br /&gt;On va s'apercevoir rapidement qu'il ne tient pas la balance égale entre la défense et l'accusation, loin &lt;br /&gt;de là. A aucun moment il ne pousse les enquêteurs dans leurs retranchements. A aucun moment, il &lt;br /&gt;ne leur demande les preuves qui fondent leurs accusations. A aucun moment il ne rappelle que &lt;br /&gt;c'est à l'accusation d'apporter la preuve de la culpabilité. En revanche, il demande à &lt;br /&gt;Y.Colonna de prouver son innocence : « il faut nous apporter des éléments », lui dit-il. &lt;br /&gt;A contrario, il s'efforce de jeter le discrédit sur les témoins à décharge. Le cas le plus grave &lt;br /&gt;concerne Paul Donzella, ce restaurateur de Cargèse qui affirme que Yvan Colonna dînait dans sa &lt;br /&gt;pizzeria le soir de l'attentat contre la gendarmerie de Pietrosella. C'est un témoignage capital. Car si &lt;br /&gt;Y. Colonna n'était pas à Pietrosella, on ne voit pas pourquoi il aurait été à Ajaccio pour tuer le &lt;br /&gt;préfet. Donzella à lui tout seul jette à terre toute la mécanique imaginée par l'accusation. Donzella &lt;br /&gt;passe à la fin du procès, tout à fait en fin de journée. Il a résisté aux banderilles de l'accusation et de &lt;br /&gt;la partie civile. C'est alors que le président Coujard laisse filer un fou rire qui va gagner &lt;br /&gt;progressivement la cour puis la salle. Cela va durer suffisamment de temps pour que, du &lt;br /&gt;témoignage de Donzella, on ne retienne que cet incident de séance et non pas le contenu. C'est &lt;br /&gt;proprement scandaleux et indigne d'un juge équitable. &lt;br /&gt;Mais faut-il s'en étonner ? Le président Coujard a déjà laissé paraître son parti-pris contre &lt;br /&gt;Y.Colonna. Dix jours avant la fin du procès, il dit à l'accusé : «  Nous fondons notre intime &lt;br /&gt;conviction à partir de la raison ». Tout est à critiquer dans cette affirmation. Le « nous » d'abord &lt;br /&gt;qui implique que le Président se sent appartenir au clan de l'accusation et n'est pas au-dessus des &lt;br /&gt;parties entre lesquelles il devrait tenir la balance égale. Ensuite, la « raison » invoquée montre qu'il &lt;br /&gt;s'agit bien de raisonnements qui ont servi à échafauder une théorie et non pas d'une réalité objective &lt;br /&gt;étayée par des faits. Il en fait d'ailleurs à plusieurs reprises l'aveu involontaire en utilisant le terme &lt;br /&gt;de « scénario » qui évoque  bien une fiction. « L'intime conviction », enfin. Dix jours avant la fin &lt;br /&gt;du procès, le président avoue avoir une intime conviction défavorable à l'accusé.  Comment &lt;br /&gt;pourrait-il donc avoir une attitude équitable ? &lt;br /&gt;On ne s'étonnera pas dès lors de son refus de procéder à la reconstitution demandée par la défense. &lt;br /&gt;Mais comme c'est un homme habile, il biaise : il va accepter un transport sur place qui ne montrera &lt;br /&gt;rien du tout et pour cause. &lt;br /&gt;Ici, une remarque à propos du refus de la reconstitution. On le justifie en général par le refus des &lt;br /&gt;membres du commando d'y participer. Ce n'est une bonne raison qu'en apparence. D'abord parce &lt;br /&gt;que ce refus ne concerne que les deux protagonistes du crime : Ferrandi et Alessandri (les autres &lt;br /&gt;complices ne sont pas sur place) et qu'en fin du procès en appel, Alessandri a levé son opposition. &lt;br /&gt;Ensuite et surtout parce qu'en pareil cas, on fait intervenir des gens qui se mettent à la place des &lt;br /&gt;accusés (voir à ce sujet les propos du juge Bruguière). En l'occurence, cela aurait largement suffi &lt;br /&gt;pour montrer que le scénario (justement !) de l'accusation ne tient pas debout. N'importe qui, sur les &lt;br /&gt;lieux du crime, peut comprendre qu'un attentat de cette importance ne peut pas avoir été le fait de &lt;br /&gt;deux ou de trois hommes. Si on avait convoqué les très nombreux témoins qui ont vu des choses et &lt;br /&gt;des gens suspects le soir du drame, on aurait compris que le scénario de la police est inepte. On &lt;br /&gt;aurait compris qu'il y avait bien plus de complices sur place (voir plus loin) que l'accusation ne veut &lt;br /&gt;le reconnaître. Voilà la véritable raison pour laquelle il fallait à tout prix refuser la reconstitution. Le &lt;br /&gt;Président Coujard a accepté de jouer ce jeu-là. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le Président Wacogne : La présidence de Didier Wacogne a été si partiale que le parquet s'en est &lt;br /&gt;ému : quelques jours après le procès, on apprenait que le magistrat ne présiderait plus de cour &lt;br /&gt;d'assises. En attendant il avait tout de même accompli le travail pour lequel il avait été nommé par &lt;br /&gt;le premier président de la cour d'appel, lui-même nommé par le président de la République. &lt;br /&gt;Les coups de théâtre du procès en appel étant encore dans les mémoires, on se contentera de &lt;br /&gt;rappeler ici les principaux reproches que l'on peut adresser au président. &lt;br /&gt;- il ne communique pas à la défense toutes les informations qu'il possède. Ainsi, il ne révèlera &lt;br /&gt;que le 27 février le refus du commandant Lebbos de venir à la barre des témoins. Il devait être &lt;br /&gt;entendu le 4 mars. Lebbos est un témoin capital pour juger de la façon dont l 'enquête a été conduite &lt;br /&gt;(voir plus haut). Il a fourni un certificat médical daté du 4 février (5 jours avant le début du procès). &lt;br /&gt;De son côté, Didier Vinolas (ancien secrétaire général de la préfecture d'Ajaccio au moment de &lt;br /&gt;l'assassinat) dont l'audition va créer un véritable choc, avait fait savoir au président Wacogne, dès la &lt;br /&gt;fin janvier, qu'il comptait faire des révélations importantes. Le président garde l'information pour &lt;br /&gt;lui. Il prétendra ne pas avoir lu son courrier. &lt;br /&gt;Ces rétentions d'information sont de nature à gêner le travail de la défense. &lt;br /&gt;- Les refus du président : &lt;br /&gt;Refus de renvoyer le procès malgré le choc des révélations de Vinolas. &lt;br /&gt;Refus de nouvelles investigations sur les deux complices « dans la nature » désignés par ces &lt;br /&gt;révélations au prétexte que les deux personnes étaient déjà connues des enquêteurs et qu'elles &lt;br /&gt;n'étaient pas intéressantes. Pas intéressantes ? Qu'on en juge. On avait découvert chez l'un des &lt;br /&gt;vêtements de gendarmerie dérobés à la gendarmerie de Pietrosella. Et l'autre était propriétaire d'une &lt;br /&gt;205 blanche semblable à cette voiture qui, garée tout près du lieu du crime, a démarré en trombe dès &lt;br /&gt;l'attentat commis... &lt;br /&gt;Refus d'ordonner un supplément d'enquête. &lt;br /&gt;Refus d'organiser la reconstitution devenue pourtant si nécessaire au dévoilement de la vérité. &lt;br /&gt;On évoquera pour mémoire quelques comportements étranges. A Joseph Colombani (voir le &lt;br /&gt;chapitre sur les témoins), il lance un méprisant « Vous vous présentez donc comme le témoin &lt;br /&gt;idéal ». Au moment où Maranelli va craquer sous le feu des questions des avocats, le président &lt;br /&gt;intervient pour qu'on change de sujet. Il n'a aucune question à poser à Marie-Ange Contart qui a &lt;br /&gt;pourtant vu l'assassin à deux mètres. En revanche il accable de questions au autre témoin qui n'a &lt;br /&gt;rien vu. &lt;br /&gt;Il n'a rien à dire non plus à Me Simeoni qui prouve en audience que tout ce qui a été dit sur le &lt;br /&gt;dossier de la téléphonie était erroné. Un président de cour soucieux de vérité aurait convoqué des &lt;br /&gt;experts, ordonné un supplément d'enquête... Didier Wacogne, lui, passe à une autre question. &lt;br /&gt;                                                                &lt;br /&gt;IV - LES PISTES « OUBLIEES » &lt;br /&gt;J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises dans les pages qui précèdent : tout se passe comme si &lt;br /&gt;on avait enquêté, instruit et jugé « à charge » et seulement « à charge ». Comme si on n'avait retenu &lt;br /&gt;que ce qui pouvait convaincre l'opinion de la culpabilité d'Yvan Colonna et faire donc admettre les &lt;br /&gt;verdicts infligés. J'ai bien dit l'opinion. Car pour ceux qui connaissent intimement le dossier, on ne &lt;br /&gt;voit pas comment ils pourraient croire une seconde à cette culpabilité. C'est en ce sens que &lt;br /&gt;l'affaire Colonna est une affaire d'Etat.  &lt;br /&gt;Malgré les efforts des juges et des policiers les éléments à charge ne pèsent pas lourd. &lt;br /&gt;Il y avait si peu de choses dans ce plateau d'une possible culpabilité, qu'on a dû « négliger » voire &lt;br /&gt;escamoter, souvent au prix d'incroyables contorsions, toute une série de faits, de détails, de &lt;br /&gt;témoignages qui seraient allés tout naturellement dans le plateau de l'innocence. &lt;br /&gt;N.B. Deux questions qui n'ont que les apparences du bon sens mais ont fait des ravages dans &lt;br /&gt;l'opinion seront traitées dans un chapitre à part : pourquoi s'est-il enfui ? pourquoi ses copains l'ont- &lt;br /&gt;ils accusé ? &lt;br /&gt;1 – Des détails et des indices négligés : &lt;br /&gt;Rappelons-en quelques uns en vrac. &lt;br /&gt;- A Pietrosella, on a retrouvé une trace d'ADN sur l'un des morceaux de scotch qui ont servi à &lt;br /&gt;baillonner les gendarmes enlevés. Elle ne correspondait à aucun des membres connus du &lt;br /&gt;commando. Nul ne s'était avisé de chercher à qui d'autre elle pouvait appartenir. Me Simeoni, à la &lt;br /&gt;fin du premier procès, a demandé et obtenu qu'on vérifie au moins si c'était l'ADN d'Yvan Colonna. &lt;br /&gt;Et non, vérification faite in extremis, ce n'était pas l'ADN d'Yvan Colonna. A qui d'autre, alors ? &lt;br /&gt;Cette question n'a pas intéressé les juges. &lt;br /&gt;- Après l'assassinat du préfet, un courrier de revendication a été posté le lundi 9 février à Borgo &lt;br /&gt;(près de Bastia). On a retrouvé une autre trace d'ADN sur l'une des enveloppes. Cette trace n'a &lt;br /&gt;jamais été exploitée. &lt;br /&gt;- Le lendemain de l'assassinat, le samedi 7 février, au moment où Yvan est censé être à Ajaccio chez &lt;br /&gt;les Ferrandi, Alain Ferrandi l'appelle chez sa compagne, Pierrette Serrerri. Pourquoi ? Indice jamais &lt;br /&gt;exploité. &lt;br /&gt;- Maranelli prétend que, l'après-midi de l'assassinat, il a conduit Yvan « à une adresse » dans &lt;br /&gt;Ajaccio. Là « quelqu'un » lui aurait remis l'arme du crime. Les enquêteurs n'ont pas cherché à en &lt;br /&gt;savoir davantage sur ce « quelqu'un » et cette « adresse ». &lt;br /&gt;- Le « scénario » de l'assassinat repose en grande partie sur ce que révèle l'enregistrement des &lt;br /&gt;communications par téléphone mobile (heure d'appel, durée de l'appel, numéro appelant, numéro &lt;br /&gt;appelé et borne téléphonique activée) sur la situation des uns et des autres. Pour la police, à telle &lt;br /&gt;heure, Ferrandi était à tel endroit, Maranelli à tel autre, etc. Ces indications ont été complétées par &lt;br /&gt;les révélations de Maranelli en garde à vue. Or, au cours du procès en appel, Me Simeoni qui a &lt;br /&gt;vérifié le dossier de la téléphonie est en mesure de prouver que ce dossier ne dit pas ce qu'on lui à &lt;br /&gt;fait dire sur l'emplacement des membres du commando à tel ou tel moment avant l'assassinat. &lt;br /&gt;C'était tout le scénario officiel qui s'effondrait. Ce coup de théâtre n'a entraîné aucune réaction de la &lt;br /&gt;part des juges de la cour d'assises. &lt;br /&gt;2 – Des actes de procédure qui traînent les pieds : &lt;br /&gt;Rappelons pour mémoire la longueur des délais qui séparent le moment où Yvan demande à être &lt;br /&gt;confronté à ses accusateurs (ce qui est de droit) et le moment où il sera effectivement confronté. Il &lt;br /&gt;est arrêté le 4 juillet 2003. Il est confronté à ses accusateurs le 29 novembre 2005 : 29 mois plus &lt;br /&gt;tard ! &lt;br /&gt;Octobre 2004 : Pierre Alessandri dans une lettre à la juge Le Vert s'accuse d'être le tueur. Un peu &lt;br /&gt;plus tard, pour preuve de sa bonne foi, il indique que le second revolver dérobé à Pietrosella n'a pas &lt;br /&gt;été jeté à la mer comme il l'avait affirmé et qu'il peut conduire à l'endroit où il est caché. Le juge &lt;br /&gt;Thiel, concerné par cette partie de l'enquête attendra le mois de février de l'année suivante pour &lt;br /&gt;procéder à la perquisition proposée. On trouvera effectivement l'arme à l'endroit annoncé. &lt;br /&gt;3 – Des actes de procédure refusés : &lt;br /&gt;Ne revenons pas sur la reconstitution sur place maintes fois demandée par Yvan Colonna et ses &lt;br /&gt;avocats et toujours refusée. Indiquons en revanche que les témoins oculaires du crime n'ont jamais &lt;br /&gt;été confrontés ni à Ferrandi ni à Alessandri. &lt;br /&gt;Cédric Le Prévost est l'un de ces témoins oculaires. Il a vu, le soir du crime deux hommes « se &lt;br /&gt;poster » dans une rue adjacente. Il affirme être certain de ne pas reconnaître Yvan Colonna comme &lt;br /&gt;l'un de ces deux hommes. A Me Simeoni qui lui demande s'il a été confronté à Yvan Colonna, il &lt;br /&gt;répond : « non, jamais. »&lt;br /&gt;4 – Des actes de procédure plus que suspects : un exemple. Chaque interrogatoire donne lieu à un &lt;br /&gt;procès-verbal signé par tous les participants. Les membres du commando affirment que les &lt;br /&gt;interrogatoires n'ont pas été étanches comme ils auraient dû l'être et que l'on a fait pression sur les &lt;br /&gt;uns à partir des supposées déclarations des autres. On constate que pour certains accusés, les &lt;br /&gt;procès-verbaux d'interrogatoire ne sont que des copiés-collés d'autres P.V correspondant à d'autres &lt;br /&gt;accusés. Identiques jusqu'aux fautes d'orthographe ! &lt;br /&gt;5 – Cachez ces complices que je ne saurais voir :  &lt;br /&gt;Nous touchons là au point névralgique des défaillances de l'appareil judiciaire. &lt;br /&gt;Depuis l'arrestation des six membres du commando Erignac en mai 99 et la mise en cause d'Yvan &lt;br /&gt;Colonna, tout se passe comme si l'appareil antiterroriste ne voulait plus entendre parler d'autre &lt;br /&gt;chose : sept accusés et la coupe est pleine. &lt;br /&gt;Mais voilà : la réalité et les témoins disent autre chose. &lt;br /&gt;Dès l'assassinat, de nombreux témoins se présentent à la police pour faire état de faits ou de gens &lt;br /&gt;suspects ayant attiré leur attention dans le quartier du Kallistè avant et tout de suite après le meurtre. &lt;br /&gt;- Un témoin affirme avoir remarqué juste avant le crime un homme parlant dans un talkie-walkie et &lt;br /&gt;qui, se sentant découvert, est allé se cacher dans l'ombre. C'est le seul talkie-walkie dont il soit &lt;br /&gt;question ce soir-là. L'utilisation de cet appareil n'a de sens que si quelqu'un d'autre en a un aussi. &lt;br /&gt;Comme ce n'est pas l'un des membres connus du commando, il faut bien que ce soit quelqu'un &lt;br /&gt;d'extérieur. Quelqu'un qui sait parfaitement, lui, que les téléphones mobiles laissent des traces... &lt;br /&gt;D'autres témoins ont repéré d'autres personnes, à pied ou en voiture (une voiture rouge qui, après &lt;br /&gt;avoir attendu, moteur allumé, a suivi celle du préfet dès qu'il est arrivé dans le quartier ; une 205 &lt;br /&gt;blanche qui, à peine quelques instants après le forfait, démarre de façon si spectaculaire qu'un &lt;br /&gt;passant relève son numéro, un numéro qui se révèlera trafiqué, puis se fait remarquer encore par une &lt;br /&gt;conduite forcenée aux environs de l'aéroport). Si on additionne ces gens suspects, on arrive à une &lt;br /&gt;douzaine d'individus. Quand on se rend sur place, quand on voit la configuration du quartier, qu'on &lt;br /&gt;pense que les tueurs ne savaient pas par où le préfet allait arriver, on se dit qu'il fallait au moins &lt;br /&gt;deux équipes et des guetteurs pour être assuré de réussir l'attentat. &lt;br /&gt;- J'ai déjà évoqué le coup de théâtre de la déposition de Didier Vinolas au procès en appel. Cette &lt;br /&gt;déposition indique deux complices « dans la campagne » dont les noms n'auraient jamais été &lt;br /&gt;révélés. &lt;br /&gt;- Si on veut bien relire objectivement les dépositions des membres du commando au cours des &lt;br /&gt;procès en première instance puis en appel, on comprendra qu'ils font allusion à des complices non &lt;br /&gt;connus. Mais cela, personne n'a voulu le voir. On a préféré faire la part belle aux paroles &lt;br /&gt;amphigouriques d'Alain Ferrandi (« tu es un homme d'honneur. Si tu y avais été, tu l'aurais dit. Tu &lt;br /&gt;ne l'as pas dit, donc tu n'y étais pas ») qui ne signifiaient pas forcément ce qu'on a voulu leur faire &lt;br /&gt;dire. Ferrandi disculpe Yvan et lui rend même hommage. Mais il le fait à contrecoeur. Pas &lt;br /&gt;forcément pour les raisons qu'on a dites compte tenu de sa personnalité. &lt;br /&gt;-Quoi qu'il en soit, le même Ferrandi utilise des formules tout aussi sybillines mais finalement plus &lt;br /&gt;révélatrices et que personne n'a relevées : A propos du commando, il dit « je ne vous donnerai pas &lt;br /&gt;les noms ni qui a fait quoi », et encore « Yvan Colonna n'est pas celui qui faisait partie du groupe ». &lt;br /&gt; A Me Simeoni qui lui demande « Y a-t-il d'autres membres du commando non identifiés qui &lt;br /&gt;courent encore ? », Ottaviani répond de son côté : « c'est à la justice de le dire ». &lt;br /&gt;Toutes ces réponses n'ont de sens que si l'on admet qu'il y a des complices non identifiés. Des &lt;br /&gt;complices qui n'ont jamais été dénoncés par ceux qui ont été arrêtés. On fait semblant de croire que, &lt;br /&gt;par rancune, le commando a accusé Yvan parce qu'il ne se serait pas dénoncé. Mais alors,  pourquoi &lt;br /&gt;n'ont-ils pas accusé les autres qui continuent de courir impunément ? &lt;br /&gt;Au procès en appel, les membres du commando sont encore plus explicites. Ferrandi, pressé de &lt;br /&gt;questions par Yvan finit par lâcher :  « Il est évident que des gens n'ont pas été arrêtés... » ou encore &lt;br /&gt;« Nous étions plus nombreux au sein du groupe ». De son côté, Versini reconnaît : « Il y avait &lt;br /&gt;d'autres gens sur l'action. Il fallait les protéger. Toi, tu étais en cavale... »&lt;br /&gt;Ce que dit Versini est très clair : il y a des complices qu'il fallait protéger. Comme Yvan était en &lt;br /&gt;cavale, il était provisoirement à l'abri. On pouvait donc le charger pour couvrir les autres. &lt;br /&gt;On verra plus loin ce que dit Pierre Alessandri. &lt;br /&gt;CONCLUSION : &lt;br /&gt;On aura compris que les acteurs du système antiterroriste s'arc-boutent pour des raisons &lt;br /&gt;mystérieuses sur la culpabilité de Colonna quitte à tordre les faits, à commettre un déni de &lt;br /&gt;justice, à être sourds, aveugles à tout ce qui pourrait signifier autre chose. Toute dérive de &lt;br /&gt;procédure, tout manquement aux règles et aux principes du droit français et européen sont &lt;br /&gt;donc autant de preuves « en creux » de l'innocence d'Yvan Colonna.   On n'enquête pas sur tel &lt;br /&gt;indice, on ne procède pas à telle confrontation ou à la reconstitution, quitte à violer la loi, &lt;br /&gt;parce qu'on sait pertinemment que la thèse de la culpabilité en serait disqualifiée.  &lt;br /&gt;                               &lt;br /&gt;V – LA PERSONNALITE D'YVAN COLONNA &lt;br /&gt;Ce qu'on peut savoir, deviner et comprendre de la personnalité d'Yvan Colonna lui donne-t-il plutôt &lt;br /&gt;le profil d'un assassin ou celui d'un homme honnête ? C'est une question importante. &lt;br /&gt;Yvan Colonna serait tout à fait hostile à ce que je vais écrire maintenant, non pour le contenu mais &lt;br /&gt;pour le principe. Il aurait sans doute le sentiment d'être l'insecte que l'entomologiste examine à la &lt;br /&gt;loupe. Je comprends cette réticence et l'irritation provoquée. Mais je ne puis faire autrement que ce &lt;br /&gt;que je fais pour au moins deux raisons : d'une part, je ne vois pas de quel droit je garderais pour moi &lt;br /&gt;ce que je sais et qui démontre son innocence et le fonctionnement scandaleux de nos institutions (en &lt;br /&gt;ce sens, l'affaire Colonna dépasse largement la personne d'Yvan Colonna) ; d'autre part, beaucoup &lt;br /&gt;de gens veulent savoir pour se faire une opinion et c'est eux qu'il faut éclairer. &lt;br /&gt;Fin mai 2010, Yvan Colonna et cinq personnes accusées de l'avoir aidé pendant sa cavale ont &lt;br /&gt;comparu devant le tribunal correctionnel de Paris. Le premier pour détention d'armes (il avait une &lt;br /&gt;grenade défensive et un chargeur sans pistolet dans son sac quand il a été arrêté), les autres pour &lt;br /&gt;association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes et recel de l'auteur ou du complice &lt;br /&gt;d'un crime puni d'au moins dix ans d'emprisonnement. &lt;br /&gt;Notons qu'Yvan ayant fait appel devant la Cour de Cassation il est présumé innocent et l'on &lt;br /&gt;comprend mal la tenue de ce procès tant qu'on ne peut pas juridiquement le considérer comme &lt;br /&gt;« l'auteur » ou le « complice » du crime en question.  &lt;br /&gt;Le ton du procès devant un tribunal correctionnel a été en général nettement plus détendu que les &lt;br /&gt;deux précédents devant des cours d'assises spéciales. Tout s'est passé comme s'il était évident que &lt;br /&gt;les gens au banc des accusés n'étaient pas de redoutables terroristes liés par une organisation de fer. &lt;br /&gt;La belle personnalité de Patrizia Gattaceca y a été sans doute pour beaucoup. Elle a fait le choix &lt;br /&gt;d'assumer ses actes avec simplicité et détermination : elle ne pouvait qu'entraîner la sympathie. Ils &lt;br /&gt;sont apparus ainsi comme des gens d'abord mûs par des sentiments d'humanité. La courageuse &lt;br /&gt;solidarité dont ils ont fait preuve avec naturel a fait honte à l'individualisme de notre monde &lt;br /&gt;desséché. Je les connais presque tous. Ils m'ont aidé considérablement quand je cherchais de la &lt;br /&gt;documentation pour écrire ce qui allait devenir LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE. &lt;br /&gt;D'ailleurs, les aveux faits par André Colonna d'Istria sur la réalité de sa participation et qui relèvent &lt;br /&gt;d'un sens très poussé de l'honneur et du courage, corroborent ce que je raconte de façon déguisée &lt;br /&gt;mais qui dit des choses essentielles sur Yvan, sur les gens qui l'ont soutenu, sur la façon dont ils &lt;br /&gt;pensent et agissent.  Ce que j'ai raconté de la cavale et qui n'a jamais été dit nulle part ( y compris &lt;br /&gt;pour ce qui est de certaines anecdotes piquantes) est donc vrai sur le fond parce que j'ai eu accès &lt;br /&gt;aux bonnes sources. &lt;br /&gt;La présidente du tribunal correctionnel a adopté un ton agréable. Que pense-t-elle au fond d'elle- &lt;br /&gt;même de la gravité des faits reprochés aux prévenus ? La suite le dira. &lt;br /&gt;Elle a parlé à Yvan comme à une personne normale et non comme à un dangereux malfaiteur. &lt;br /&gt;Leur échange me semble très révélateur de la personnalité de l'accusé. En voici un extrait rapporté &lt;br /&gt;par Sylvie Véran du Nouvel Observateur. &lt;br /&gt;La Présidente : - Quelles sont vos occupations en prison ? &lt;br /&gt;Y C : - Tout va bien ! &lt;br /&gt;La Présidente : - Vous faites quelque chose ? Vous prenez des cours ? &lt;br /&gt;YC : - Non, je fais du sport. &lt;br /&gt;La Présidente : - Vous avez des visites ? Celles de votre compagne ? &lt;br /&gt;YC : - Oui. &lt;br /&gt;Ces trois réponses d'Yvan pourraient paraître anodines. Elles sont en réalité profondément &lt;br /&gt;symptomatiques de ce qu'il est. A la question sur ses occupations, il a l'air de répondre à côté. En &lt;br /&gt;fait, il dit des choses très fortes. &lt;br /&gt;Cette réponse établit des distances. De mon point de vue, elle dit à la présidente : « Nous ne &lt;br /&gt;sommes pas dans un salon où nous parlerions à égalité. C'est votre justice qui m'a mis là où je suis &lt;br /&gt;alors que je suis innocent. Vous n'allez pas maintenant faire semblant d'avoir de la compassion pour &lt;br /&gt;moi et moi je ne vais pas faire comme si je pouvais me plaindre à vous et vous faire des &lt;br /&gt;confidences». &lt;br /&gt;La suite des réponses est, de la même façon, une fin de non recevoir. Ainsi, par exemple,  quand il &lt;br /&gt;dit « Non, je fais du sport », il ne dit pas la vérité. Au  vrai, Yvan travaille plusieurs langues, il lit &lt;br /&gt;énormément (des ouvrages qui portent sur le combat des peuples opprimés, sur l'écologie, sur &lt;br /&gt;l'économie ; il lit des ouvrages de littérature générale, de poésie, notamment). Pourquoi cache-t-il &lt;br /&gt;cela ? Par fierté. S'il disait de lui des choses qui seraient forcément perçues comme valorisantes, il &lt;br /&gt;aurait le sentiment de faire le beau dans l'espoir d'avoir un sucre. Un « sucre » qui ne viendrait pas &lt;br /&gt;de toute façon. Yvan pense que le système judiciaire qu'il subit est « aux ordres ». Il ne lui fait &lt;br /&gt;aucune confiance. Il ne s'humiliera donc pas devant lui. Il protestera mais ne se plaindra pas. Je ne &lt;br /&gt;suis pas certain que beaucoup de ceux qui lui sont hostiles supportent bien cette fierté dont ils &lt;br /&gt;seraient peut-être incapables eux-mêmes. &lt;br /&gt;Comme on comprend que cet homme-là soit parti en cavale. Il n'a pas voulu se soumettre de lui- &lt;br /&gt;même à une police qui parlait de le ramener « mort ou vif » ni à une Justice dans l'équité de laquelle &lt;br /&gt;il n'avait aucune confiance. La suite lui a tellement donné raison ! &lt;br /&gt;Devant une représentante de cet appareil judiciaire, si policée soit-elle, il ferme, courtoisement mais &lt;br /&gt;fermement, la porte d'un dialogue possible sur le seul domaine dont il garde à peu près la maîtrise : &lt;br /&gt;la vie intime de son esprit. &lt;br /&gt;Le propre de la prison est de priver le détenu de toute capacité à agir sur et pour sa propre vie et &lt;br /&gt;celle des siens. Il ne peut plus être maître de son destin. Alors, ce qu'il peut préserver, Yvan en &lt;br /&gt;défend l'accès, farouchement. Ses occupations le regardent et ne regardent que lui. Il ne se confiera &lt;br /&gt;pas et surtout pas à quelqu'un dont l'intérêt qu'il témoigne est vraisemblablement de pure forme. &lt;br /&gt;Quand il répond « Tout va bien », on peut entendre : « Votre système a voulu m'abattre mais il n'a &lt;br /&gt;pas entamé ma capacité de résister : je tiens le coup. Bien que je sois innocent, on m'a condamné à &lt;br /&gt;la peine la plus lourde avec la complicité des chiens de garde du système. Je continuerai à me battre &lt;br /&gt;autant de temps qu'il le faudra. » &lt;br /&gt;Yvan Colonna est, on le comprend donc, un homme d'une force morale et psychique exceptionnelle. &lt;br /&gt;La solitude du berger, la culture acquise, le sentiment de solidarité avec les victimes d'un monde &lt;br /&gt;injuste, les années de prison imméritée l'ont aguerri. C'est pour cela qu'il peut affirmer : « Tout va &lt;br /&gt;bien ».&lt;br /&gt;Ce qui caractérise Yvan, donc, c'est cette pudeur farouche, cet esprit de résistance inflexible, ce &lt;br /&gt;sentiment intraitable de sa propre dignité. C'est un homme incapable de compromis, à plus forte &lt;br /&gt;raison de compromission. Il n'aliénera pas une once de sa dignité, il ne courbera pas l'échine quoi &lt;br /&gt;qu'il puisse lui en coûter. C'est aussi cela qui a paru insupportable à ceux qui ont enquêté sur lui ou &lt;br /&gt;instruit son procès. &lt;br /&gt;Les preuves en sont multiples. Dès les premières auditions des juges d'instruction, toutes les &lt;br /&gt;réponses qu'il a pu faire pour affirmer son innocence ont été durement traitées comme des &lt;br /&gt;mensonges. Voici sa réaction : si, quoi que je dise, vous considérez que c'est un mensonge, autant &lt;br /&gt;que je me taise. &lt;br /&gt;Et il se tait effectivement pendant près de deux ans. Il n'acceptera de parler aux juges Le Vert et &lt;br /&gt;Thiel que lorsqu'il estimera que ses conditions de détention provisoire sont redevenues normales, de &lt;br /&gt;sorte qu'il puisse, en particulier, bénéficier des visites de sa famille. Comme tout le monde. &lt;br /&gt;On se souvient qu'au procès en appel, quand il estimera que la preuve est faite que la cour qui le &lt;br /&gt;juge est de parti pris et « aux ordres », il refusera de servir d'alibi à ce jeu truqué et refusera de &lt;br /&gt;comparaître désormais, quitte à passer le temps des audiences dans une souricière qui « sent la &lt;br /&gt;pisse ». &lt;br /&gt;Quand il arrive à Fleury-Mérogis, en 2003, il est convoqué dans le bureau du directeur. Celui-ci, lui &lt;br /&gt;dit en substance : vous êtes un détenu considéré comme dangereux. Je vous aurai à l'oeil. Je &lt;br /&gt;veillerai personnellement à ce que vous ne troubliez pas le bon ordre de cette prison. M'avez-vous &lt;br /&gt;compris ? &lt;br /&gt;Yvan ne répond pas. L'autre répète : m'avez-vous compris ? Et comme Yvan persiste dans son &lt;br /&gt;silence, le directeur lui demande pourquoi il ne répond pas. Alors, Yvan lui dit : Vous avez quelque &lt;br /&gt;chose à me demander et vous me laissez les menottes aux poignets. Tant que je serai menotté, je ne &lt;br /&gt;répondrai pas. &lt;br /&gt;Le directeur accède alors à cette demande. Dès qu'il est démenotté, Yvan dit : Je suis en prison mais &lt;br /&gt;je suis innocent, cela sera montré tôt ou tard. Quand j'affirme que je suis innocent, vous n'êtes pas &lt;br /&gt;obligé de me croire. Cependant, innocent ou coupable, je reste un homme. C'est pourquoi, j'entends &lt;br /&gt;être traité comme un homme. Si le personnel de la prison me respecte, je le respecterai à mon tour. &lt;br /&gt;S'il ne me respecte pas, je ne le respecterai pas. &lt;br /&gt;Banco ! s'exlame le directeur. Banco ! répond Yvan. &lt;br /&gt;A partir de là, les relations entre le prisonnier et le personnel pénitentiaire seront toujours très &lt;br /&gt;correctes. &lt;br /&gt;Autre qualité : la maîtrise de soi. Une anecdote vaut mieux qu'un discours. &lt;br /&gt;Pendant qu'il est en cavale à Olmetu, un soir, il va au restaurant avec un accompagnateur. Dans ce &lt;br /&gt;restaurant, il y a une tablée de policiers qui fêtent je ne sais plus trop quel événement. Pendant que &lt;br /&gt;le compagnon d'Yvan leur parle pour détourner leur attention, Yvan s'installe tranquillement à une &lt;br /&gt;table près d'eux. Ils passeront la soirée côte à côte. &lt;br /&gt;Si Yvan Colonna était l'assassin que certains prétendent, s'il s'était enfui parce qu'il avait perpétré un &lt;br /&gt;forfait, s'il avait nié sa participation alors que ses complices ont été arrêtés, ce qui le caractériserait, &lt;br /&gt;ce serait la brutalité, la lâcheté, la déloyauté, le cynisme. Cet homme-là n'aurait pas de scrupule. &lt;br /&gt;Pour lui, tout aurait été bon pour tromper le public et pour sauver sa peau. &lt;br /&gt;Cet homme-là aurait accepté sans regret l'exfiltration qui lui a été proposée à plusieurs reprises. Il se &lt;br /&gt;serait expatrié et aurait recommencé sa vie ailleurs. &lt;br /&gt;Cet homme-là aurait vu d'un bon oeil que des ouvrages soient écrits sur son affaire surtout s'ils &lt;br /&gt;plaidaient en sa faveur. &lt;br /&gt;Qu'en est-il en réalité ? &lt;br /&gt;Sur la brutalité : Yvan Colonna lit les poètes, notamment Nazim Hikmet, ce poète de la douceur et &lt;br /&gt;de l'amour mais qui a préféré passer une grande partie de sa vie en prison plutôt que de renoncer à &lt;br /&gt;ce qu'il croyait juste. Yvan, le Corse n'était même pas chasseur. Il a été secouriste et il a risqué sa &lt;br /&gt;vie pour tenter de sauver un nageur allemand imprudent. Il consacrait ses temps libres à aider les &lt;br /&gt;jeunes de son village qui jouaient au foot... &lt;br /&gt;Sur la lâcheté : c'est une injure qui revient souvent (sur le thème : dénonce-toi si tu es un homme) &lt;br /&gt;dans la bouche de madame Erignac et dans celle de ses avocats. Comme si un innocent allait avouer &lt;br /&gt;qu'il est coupable pour le simple plaisir d'avoir l'air courageux ! De fait, la façon dont il a tenu tête à &lt;br /&gt;ses accusateurs, sa détermination inflexible sont tout ce qu'on voudra sauf de la lâcheté. &lt;br /&gt;Sur la déloyauté et le cynisme : Tous ceux qui le connaissent parlent unanimement de qualités &lt;br /&gt;contraires. &lt;br /&gt;Mais l'auteur du roman qui donne les « clés de l'affaire Colonna » peut dire ici son expérience. Une &lt;br /&gt;quinzaine de journalistes et d'essayistes se sont proposés pour raconter cette affaire. Yvan Colonna &lt;br /&gt;leur a opposé une fin de non recevoir à tous. Malgré cela, quelques ouvrages sont parus, de tonalités &lt;br /&gt;et d'intentions diverses : &lt;br /&gt;Les Bergers, roman policier. J.P. Larminier. Ed. Albiana 2006 &lt;br /&gt;Les dessous de l'affaire Colonna, enquête menée par deux journalistes : A. Albertini et F. Charpier &lt;br /&gt;Presses de la Cîté 2007 &lt;br /&gt;Le Procès Colonna, B.D. Tignous et Paganelli. 12bis 2008 &lt;br /&gt;Claude Erignac et Yvan Colonna : deux victimes pour une « affaire d'Etat ». J.P. Larminier. Ed. &lt;br /&gt;Jeanne d'Arc. 2008 &lt;br /&gt;Le Roman de Ghjuvanni Stéphagèse, clés pour l'affaire Colonna, roman. R. Laurette. l'Harmattan &lt;br /&gt;2009 &lt;br /&gt;L'affaire Colonna, une bataille de presse. G. Amaté. Ed. Bayol 2009  &lt;br /&gt;S'agissant de mon roman qui est le seul des ouvrages parus entièrement construit sur l'innocence de &lt;br /&gt;l'accusé,  Y. Colonna a rappelé publiquement (lettre à Corse-Matin) qu'il n'avait jamais donné son &lt;br /&gt;accord pour sa parution. Je me suis déjà expliqué ailleurs sur les péripéties qui ont marqué la genèse &lt;br /&gt;de ce roman. Je n'y reviendrai pas ici. La prise de position d'Yvan Colonna montre deux choses : &lt;br /&gt;- La pudeur extrême qui le caractérise et que j'ai déjà évoquée plus haut explique l'horreur éprouvée &lt;br /&gt;quand on parle de lui (mais des milliers d'articles ont été écrits sur lui, la plupart étant bien peu &lt;br /&gt;bienveillants) &lt;br /&gt;- C'est un élément de plus pour témoigner de son innocence. Car il est bien évident que s'il était &lt;br /&gt;coupable et voulait nier cette culpabilité, Yvan aurait favorisé la diffusion d'un roman qui lui est si &lt;br /&gt;favorable. &lt;br /&gt;P.S. Elle montre aussi que ce roman n'est pas une oeuvre de commande. Mais pas plus qu'il n'a &lt;br /&gt;rempli un contrat, l'écrivain n'a cédé devant quelque veto que ce soit. Il a fait, en toute &lt;br /&gt;indépendance,  ce qu'il croit juste. &lt;br /&gt;                                                   &lt;br /&gt;  VI – D'AUTRES QUESTIONS &lt;br /&gt;Les gens hostiles à Yvan, formulent toujours les deux mêmes questions. C'est sur elles qu'ils &lt;br /&gt;assoient leur conviction qu'il est coupable. &lt;br /&gt;1 – S'il n'est pas coupable, pourquoi s'est-il enfui ? &lt;br /&gt;Réponse : &lt;br /&gt;a/ Dans l'histoire, un certain nombre de gens qui risquaient d'être arrêtés ont préféré s'enfuir et se &lt;br /&gt;mettre à l'abri. Pour autant, leur fuite n'avouait rien du tout. Quand Louis XVI quitte Paris &lt;br /&gt;incognito, il ne s'enfuit pas pour avouer qu'il serait un mauvais roi. Autre exemple : pendant la &lt;br /&gt;dernière guerre, la plupart des résistants menacés d'être arrêtés, ont cherché à échapper à leurs &lt;br /&gt;poursuivants, etc... &lt;br /&gt;b/ Ces exemples n'ont qu'une valeur relative : ils indiquent qu'une cavale ne prouve pas forcément &lt;br /&gt;que le fuyard est coupable, elle ne prouve pas davantage qu'il est innocent. Il y faut des éléments &lt;br /&gt;plus tangibles. On ne peut donc pas dire qu'Yvan Colonna, en prenant le maquis avoue sa culpabilité &lt;br /&gt;surtout dans un pays où prendre le maquis fait partie de toute une culture ancestrale. Sa fuite montre &lt;br /&gt;seulement qu'à ce moment-là, rester libre est, pour lui, prioritaire. &lt;br /&gt;c/ Il y a plus important : Yvan part en cavale après avoir vu la « une » de France-Soir qui titrait : &lt;br /&gt;WANTED TUEUR DE PREFET. &lt;br /&gt;Cet appel du célèbre quotidien nous renvoie explicitement à la loi de Lynch appliquée pendant la &lt;br /&gt;conquête de l'Ouest américain : elle encourageait la justice expéditive. Il s'agissait de ramener le &lt;br /&gt;« coupable » vivant ou mort. Et c'est bien de cela qu'il s'agit. Roger Marion avait demandé que &lt;br /&gt;Colonna soit ramené « mort ou vif ». Yvan Colonna découvre que ses anciens amis l'accusent &lt;br /&gt;d'avoir tué le préfet Erignac alors qu'ils savent pertinemment qu'il n'en est rien. Il est donc fondé à &lt;br /&gt;se dire que s'ils sont capables d'un acte aussi grave, ils sont sans doute capables d'aller, eux ou les &lt;br /&gt;véritables commanditaires, jusqu'au bout de leur démarche : le supprimer. Car Yvan éliminé, &lt;br /&gt;l'enquête se serait éteinte d'elle-même. Sa mort aurait arrangé tellement de monde, y compris les &lt;br /&gt;enquêteurs. &lt;br /&gt;En s'enfuyant, Yvan sauvait donc sa peau. Il laissait aux membres du commando le temps de revenir &lt;br /&gt;sur leurs déclarations et aux policiers le temps de trouver des éléments qui l'auraient innocenté. Il &lt;br /&gt;laissait en outre à l'opinion publique le temps de s'apaiser et d'être en mesure d'entendre ce qu'il &lt;br /&gt;avait à dire. &lt;br /&gt;d/ Ajoutons (c'est l'explication qu'Yvan donnera quand il sera interrogé) qu'un Corse arrêté sous un &lt;br /&gt;chef d'inculpation qui touche au terrorisme subit régulièrement une détention provisoire de 4 ou 5 &lt;br /&gt;ans avant d'être jugé. Informé de cette pratique contestable, Yvan n'a pas voulu s'y soumettre. &lt;br /&gt;Je ne dis pas qu'il a eu tort ou raison. Je dis seulement que ça ne prouve rien. &lt;br /&gt;2 -Pourquoi ses copains l'ont-ils accusé ? &lt;br /&gt;Remarques préalables : cette question est symptomatique du parti pris hostile à Yvan qui a marqué &lt;br /&gt;toute cette affaire. &lt;br /&gt;Les accusations des membres du commando sont-elles un élément défavorable à Yvan ou le &lt;br /&gt;contraire ? Ceux qui estiment que ces accusations sont crédibles, sont très souvent les mêmes qui &lt;br /&gt;disent que Yvan étant corse, on peut le soupçonner du pire puisque, pour eux, la culture corse &lt;br /&gt;comprend les traditions de l'omertà, des témoignages de complaisance, de l'irrespect de la loi, du &lt;br /&gt;recours à la violence extrême pour régler ses problèmes (cf entre autres la vendetta...). Or ces deux &lt;br /&gt;assertions sont contradictoires.  On ne peut pas à la fois dire que les Corses pratiquent l'omertà et &lt;br /&gt;couvrent les criminels et dire que si les membres du commando Erignac ont accusé Yvan, c'est la &lt;br /&gt;vérité. Imagine-t-on que si Yvan avait participé à cet assassinat perpétré au nom d'une cause sacrée, &lt;br /&gt;la cause corse, à la première occasion ses complices l'auraient accusé alors qu'il n'avait pas été &lt;br /&gt;arrêté ? &lt;br /&gt;On peut donc parfaitement estimer que cette accusation, loin d'être un élément à charge est un &lt;br /&gt;élément à décharge. Les assassins qui gardent un silence farouche sur toute une série de détails &lt;br /&gt;secondaires (par exemple le déroulement exact de l'assassinat) sont soudainement bavards quand il &lt;br /&gt;s'agit de donner l'élément essentiel : le nom du tueur. Est-ce vraisemblable ? Pourquoi donneraient- &lt;br /&gt;ils le nom d'Yvan présenté comme le tueur et tairaient-ils le nom des complices qui étaient sur place &lt;br /&gt;et dont ils ont fini par avouer l'existence ? Curieuse discordance. Comme est curieux le total &lt;br /&gt;manque d'intérêt des juges pour ces complices-là. &lt;br /&gt;Autre remarque : ce n'est pas parce qu'on a été amis d'enfance qu'on reste sincèrement liés à l'âge &lt;br /&gt;adulte. Les aléas de la vie sont parfois l'occasion de régler de vieux comptes enfouis et jamais &lt;br /&gt;nommés. L'histoire des villages, comme l'histoire des familles est pleine de ces histoires tordues. &lt;br /&gt;L'explication de Pierre ALESSANDRI : Au cours du procès en appel, les membres du commando &lt;br /&gt;Erignac ont été à nouveau appelés à la barre. La confrontation la plus intense a eu lieu entre Yvan et &lt;br /&gt;Alessandri le 9 mars 2009. &lt;br /&gt;Qu'a dit Alessandri, poussé dans ses retranchements par Yvan et ses avocats ? La déclaration &lt;br /&gt;essentielle d'abord : Je dois vous dire qu'Yvan Colonna n'a jamais fait partie de notre groupe et n'a &lt;br /&gt;pas participé à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella ni à l'assassinat du préfet. &lt;br /&gt;Il a dit en outre, s'adressant à Yvan : je te reproche d'avoir refusé de franchir comme moi la ligne de &lt;br /&gt;la violence pour mettre nos actes au service de nos idéaux. On a donc été obligés de faire aller au &lt;br /&gt;charbon des jeunes inexpérimentés. (Au premier procès, il avait dit de façon plus confuse à propos &lt;br /&gt;d'Yvan : « Nous étions amis. Des choses ont altéré notre amitié ».) &lt;br /&gt;Et encore : je te reproche d'être parti en cavale et d'être parti aussi longtemps. C'est ton entêtement &lt;br /&gt;dans ta cavale qui a conditionné ta culpabilité. Ta reddition dans les jours suivants aurait suffi à te &lt;br /&gt;disculper comme d'autres. Je pensais qu'elle avait un sens politique. Je me suis lourdement trompé. &lt;br /&gt;Il ajoute enfin et surtout : Oui, il y avait d'autres complices dont les noms n'ont jamais été donnés. &lt;br /&gt;J'ai donné le nom d'Yvan Colonna pour protéger ces autres personnes qui ont participé et &lt;br /&gt;conçu l'attentat et aussi pour protéger mes proches. &lt;br /&gt;Traduction des propos d'Alessandri : Yvan a été approché pour participer à une action importante et &lt;br /&gt;il a refusé. On lui en a donc voulu. L'accuser, c'était lui faire payer cette « trahison ». &lt;br /&gt;Les complices restés anonymes (mais dont l'existence, corroborée par toute une série de &lt;br /&gt;témoignages, éclaire beaucoup de choses), sont les concepteurs de l'attentat. C'est eux les acteurs &lt;br /&gt;principaux. C'est eux qu'il fallait sauver quitte à donner le nom d'un « ami » d'enfance.  &lt;br /&gt;Mais il reste dans la déclaration d'Alessandri un élément qui, curieusement, n'a entraîné, à ma &lt;br /&gt;connaissance, aucun commentaire éclairé, aucune question : en donnant le nom d'Yvan Colonna, &lt;br /&gt;Alessandri veut protéger, dit-il, les complices anonymes. Cela, on peut en saisir les raisons même si &lt;br /&gt;on ne les approuve pas. Mais il ajoute à la fin : « et aussi pour protéger mes proches ». Ce dernier &lt;br /&gt;point est plus qu'étrange. En quoi donner le nom de Colonna pouvait-il donc protéger les proches &lt;br /&gt;d'Alessandri ? On ne peut le comprendre que si on admet que « quelqu'un » a ordonné à Alessandri &lt;br /&gt;(et aux autres) de donner un nom en pâture aux enquêteurs (celui de Colonna en l'occurrence) pour &lt;br /&gt;les lancer sur une fausse piste. Quelqu'un qui aurait dit : si vous ne le faites pas, c'est votre famille &lt;br /&gt;qui en supportera les conséquences. &lt;br /&gt;Et qui donc peut être crédible en proférant une telle menace ? Qui donc, sinon une organisation que &lt;br /&gt;les scrupules n'étouffent pas, une organisation qui a fait du crime un moyen normal pour obtenir ce &lt;br /&gt;qu'elle veut, une organisation assez puissante pour faire peur à un nationaliste capable de recourir &lt;br /&gt;lui aussi à l'assassinat. Qui donc d'assez influent pour obtenir que les services de l'Etat regardent &lt;br /&gt;ailleurs ? Et si on veut bien entendre ce qui est suggéré ici, qu'on se repasse le film du témoignage &lt;br /&gt;des épouses aux deux procès (en première instance et en appel). Tous les commentateurs ont &lt;br /&gt;cherché à nous émouvoir sur le thème : ces pauvres femmes sont complètement déboussolées parce &lt;br /&gt;qu'on leur demande une mission impossible. Elles savent que Colonna est coupable, qu'il n'assume &lt;br /&gt;pas son crime contrairement à leurs époux, et on veut qu'elles le disculpent. C'est trop leur &lt;br /&gt;demander, elles craquent. &lt;br /&gt; On ne voit pas qu'une toute autre lecture de ce comportement des épouses est possible : elles savent &lt;br /&gt;depuis le début qu'Yvan est innocent. Elles ont contribué à le faire accuser puis à l'envoyer en prison &lt;br /&gt;à vie. La seule chose qu'elles devraient dire c'est « on » nous a obligées à mentir. Mais c'est la seule &lt;br /&gt;chose qu'elles ne peuvent pas dire parce qu'elles savent que c'est leur peau et celles de leurs enfants &lt;br /&gt;qui est en danger. Alors, elles bafouillent, elles pleurent, elles préfèrent oublier la réalité de cette &lt;br /&gt;infamie. &lt;br /&gt;Oui, décidément, le témoignage de Pierre Alessandri est manifestement capital. Pour la première &lt;br /&gt;fois, on a des éléments qui éclairent parfaitement et de façon cohérente le déroulement réel de &lt;br /&gt;l'attentat contre le préfet Erignac. On s'étonne que le Président Wacogne n'en ait pas saisi la portée ! &lt;br /&gt;Quant aux fins limiers tombés dans le panneau, disons qu'ils n'ont pas le courage de reconnaître leur &lt;br /&gt;erreur. Madame Erignac a beaucoup parlé de courage à Yvan en suggérant qu'il n'en avait aucun &lt;br /&gt;puisqu'il ne se dénonçait pas. Peut-être se trompait-elle de cible. &lt;br /&gt;Une dernière question : parmi les plus acharnés contre Yvan Colonna, il y a ceux qui disent &lt;br /&gt;finement à propos de Pierre Alessandri qui s'accuse d'être le tueur depuis septembre 2004, c'est &lt;br /&gt;facile de s'accuser quand on ne risque plus rien puisqu'il a pris la perpétuité. A ceux qui disent cela &lt;br /&gt;de bonne foi, il faut rappeler ceci : &lt;br /&gt;1- nul ne s'accuse d'avoir commis un crime dont il n'est pas l'auteur pour rendre service à quelqu'un &lt;br /&gt;d'autre. C'est un poids moral excessif. &lt;br /&gt;2 – il est faux de prétendre qu'Alessandri ne risque rien. Chacun sait qu'aucun condamné ne va &lt;br /&gt;jusqu'au bout de sa peine sauf si le comportement en prison est jugé trop dangereux pour une &lt;br /&gt;libération anticipée. La preuve c'est qu'il arrive que la condamnation à la perpétuité soit assortie &lt;br /&gt;d'une clause de sûreté. La plus lourde est de 22 ans. (Yvan a donc été condamné à la peine &lt;br /&gt;maximale alors qu'aucune preuve n'a été apportée contre lui et que les raisons de douter de sa &lt;br /&gt;culpabilité sont multiples). Quand on est condamné à la perpétuité simple, le condamné peut &lt;br /&gt;demander une remise de peine au bout de quinze ans. Il est assez fréquent qu'il l'obtienne.  On &lt;br /&gt;comprend bien que si le juge d'application des peines pense qu'un accusé n'a pas écoppé de la &lt;br /&gt;sanction qu'il méritait, il ne libèrera pas le détenu au bout de la durée minimum. Si Alessandri était &lt;br /&gt;considéré comme le vrai tueur, il est clair qu'il ne pourrait espérer sortir avant 22 ans. 7 ans de &lt;br /&gt;prison de plus ou de moins, est-ce cela qu'on appelle ne courir aucun risque ? &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;CONCLUSION &lt;br /&gt;Ces derniers temps, à l'occasion du procès des personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna &lt;br /&gt;pendant sa cavale, la presse est revenue sur cette affaire. &lt;br /&gt;Elle donne à propos de la cavale une accumulation de détails sans importance réelle. Ce type de &lt;br /&gt;recherche évite de se poser les bonnes questions et de mener les investigations dans les seules &lt;br /&gt;directions qui vaillent : la police antiterroriste a-t-elle fait honnêtement son travail ? A-t-elle &lt;br /&gt;enquêté à charge et à décharge ? A-t-elle exploré toutes les pistes possibles ou au contraire, y a-t-il &lt;br /&gt;des pistes qu'elle aurait soigneusement évitées ? &lt;br /&gt;Yvan Colonna est-il innocent ou coupable ? La question est légitime puisqu'après tant d'années &lt;br /&gt;d'enquête et d'instruction, après deux procès, la mobilisation de tout l'appareil antiterroriste n'ont &lt;br /&gt;pas réussi à apporter une seule preuve contre lui et qu'aussi bien le responsable de la DNAT, Roger &lt;br /&gt;Marion, que l'avocat général Jean-Claude Kross n'ont pu avancer contre l'accusé que leur « intime &lt;br /&gt;conviction ». Ce qui, on l'avouera, reste un peu léger. &lt;br /&gt;L'enquête que j'ai menée de mon côté m'a permis de rassembler les faits et les arguments qui &lt;br /&gt;fondent ma certitude de l'innocence d'Yvan Colonna. Si j'ai choisi d'en faire un roman plutôt qu'un &lt;br /&gt;documentaire journalistique, c'est parce que le roman donne infiniment plus de souplesse. Il permet &lt;br /&gt;d'évoquer les couleurs de la vraie vie. Il permet de varier les genres, les tons, d'inventer des &lt;br /&gt;personnages qui porteront la parole de tel ou tel. Il crée une empathie avec le héros. Il  est le seul à &lt;br /&gt;pouvoir mettre en lumière les sentiments et les émotions ; il rend compte de la tragédie qui s'abat &lt;br /&gt;sur le héros et sa famille. &lt;br /&gt;Après sa parution (avril 2009 chez l'Harmattan), j'ai été conduit à participer à de nombreux débats &lt;br /&gt;publics *, à de nombreux salons  du livre. Je continuerai et, dans la mesure du possible je répondrai &lt;br /&gt;favorablement aux propositions d'animation de réunions publiques. J'ai eu l'occasion de discuter un &lt;br /&gt;nombre incalculable de fois sur l'affaire Colonna. Je retire quelques enseignements de ces &lt;br /&gt;expériences. &lt;br /&gt;Quels sont les obstacles les plus fréquents au triomphe de la vérité que j'ai rencontrés ? &lt;br /&gt; un incroyable racisme anticorse (les plus acharnés à vouloir Yvan Colonna coupable n'ont &lt;br /&gt;comme argument que leurs préjugés contre LES Corses réunis dans un amalgame qui relève &lt;br /&gt;effectivement du racisme, préjugés aggravés par la prévention confuse contre les mouvements &lt;br /&gt;nationalistes dont ils refusent de voir la réelle diversité) &lt;br /&gt; une mauvaise foi (elle découle souvent du point précédent) qui fait interpréter tous les éléments &lt;br /&gt;de l'affaire d'un oeil hostile à Yvan là où une tout autre lecture aurait été au moins aussi &lt;br /&gt;recevable. &lt;br /&gt; le désir sympathique mais irresponsable de refuser par principe la remise en cause du &lt;br /&gt;fonctionnement de l'institution judiciaire au nom des intérêts supérieurs de la République ( en &lt;br /&gt;d'autres temps, il ne fallait pas remettre en cause la culpabilité de Dreyfus au nom de l'honneur &lt;br /&gt;de l'armée). On peut couvrir ainsi n'importe quel scandale d'Etat. &lt;br /&gt; La difficulté bien humaine de reconnaître que l'on a pu se tromper ou être induit en erreur par la &lt;br /&gt;manipulation. Plus l'affaire est grave, et plus il est difficile de faire machine arrière. Les tueurs &lt;br /&gt;et leurs commanditaires sont responsables de la mort de Claude Erignac. De leur côté, tous ceux &lt;br /&gt;qui se sont tus ou qui ont hurlé avec les loups sont responsables en partie de la terrible &lt;br /&gt;condamnation qui frappe un innocent. Il a fallu beaucoup de temps – et de courage - à certains &lt;br /&gt;journaux pour reconnaître que, s'agissant de la première guerre en Irak, l'armée américaine les &lt;br /&gt;avait savamment manipulés. A propos de l'affaire Colonna, combien de journalistes préfèrent-ils &lt;br /&gt;regarder ailleurs et se taire ? Je ne m'explique pas autrement le silence de la plupart à propos de &lt;br /&gt;mon roman y compris quand ils avaient promis d'en parler. &lt;br /&gt;POURTANT, dans le procès intenté à ceux qui sont accusés d'avoir aidé Yvan Colonna pendant sa &lt;br /&gt;cavale, le chef principal d'accusation devrait ouvrir bien des yeux : « Association de malfaiteurs &lt;br /&gt;en relation avec une entreprise terroriste... » Au premier abord, la formulation apparaît vague. Ce &lt;br /&gt;serait une grave erreur de la croire inoffensive. &lt;br /&gt;Qu'on en juge. En 2005, le sénateur non inscrit, Jean-Louis Masson attire l'attention du Garde des &lt;br /&gt;Sceaux sur le fait que ce libellé imprécis « peut conduire à des décisions arbitraires ». Dans sa &lt;br /&gt;réponse, le Garde des Sceaux précise : « Le délit d'association de malfaiteurs en vue de préparer des &lt;br /&gt;actes terroristes est prévu par l'article 421-2-1 du code pénal qui dispose que constitue un acte de &lt;br /&gt;terrorisme le fait de participer à un groupement formé (...) en vue de la préparation (...) d'un acte de &lt;br /&gt;terrorisme ». &lt;br /&gt;Donc, pour le Garde des Sceaux, « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise &lt;br /&gt;terroriste » et « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes » sont deux &lt;br /&gt;expressions équivalentes. Jean-Paul Courtois, rapporteur de la Commission des Lois indique le &lt;br /&gt; 6 décembre 2005 que « Les infractions de droit commun constituent un acte de terrorisme quand &lt;br /&gt;elles sont commises en relation avec une entreprise à caractère terroriste ». Yvan Colonna est &lt;br /&gt;poursuivi par la police ; le recéler est un délit de droit commun ; et puisqu'il est accusé d'être un &lt;br /&gt;terroriste, le recueillir chez soi, est un acte terroriste. Voilà la réalité de la situation pénale des cinq &lt;br /&gt;personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna. La FIDH (qui, par ailleurs, a fermement condamné &lt;br /&gt;le déroulement des deux procès contre lui), souligne au sujet de ce chef d'accusation le danger de &lt;br /&gt;dérives juridiques reposant « sur un maximum de spéculations, de déductions et d'insinuations ». &lt;br /&gt;Or, qui peut croire un instant, pour ne citer qu'elle, que Patrizia Gattaceca soit une dangereuse &lt;br /&gt;terroriste appartenant à une association de malfaiteurs prêts à commettre des attentats ? L'outrance &lt;br /&gt;d'un tel libellé d'accusation en dit long sur le degré d'acharnement haineux, liberticide et &lt;br /&gt;obsessionnel des magistrats instructeurs. Rétrospectivement, elle en dit long sur la partialité de &lt;br /&gt;l'instruction menée contre Yvan Colonna. Elle dit aussi à chaque citoyen de ce pays à quelle &lt;br /&gt;dérive de nos institutions nous sommes arrivés, quelle menace pèse sur les libertés &lt;br /&gt;fondamentales. Elle dit encore que nul n'est à l'abri. Lutter pour qu'éclate la vérité dans &lt;br /&gt;l'affaire Colonna, c'est lutter pour sa liberté à soi, celle de ses proches, de ses enfants... &lt;br /&gt;C'est pourquoi, il faut éviter tout ce qui peut affaiblir le camp de la liberté. Il faut expliquer, &lt;br /&gt;redresser les faits, encore et toujours. &lt;br /&gt;« Quand les blés sont sous la grêle &lt;br /&gt;Fou qui fait le délicat &lt;br /&gt;Fou qui songe à ses querelles &lt;br /&gt;Au coeur du commun combat » &lt;br /&gt;Il n'est plus temps de penser à ce qui divise les patriotes corses et les démocrates continentaux ; il &lt;br /&gt;n'est plus temps de négliger la communication et d'en affaiblir la portée ; il n'est plus temps de se &lt;br /&gt;satisfaire de la compassion silencieuse tissée autour d'Yvan Colonna. &lt;br /&gt;Il est temps de se réveiller et de frapper à la porte de son voisin.&lt;br /&gt;* L'un de ces débats (La Ciotat) a été enregistré. On peut se procurer cet enregistrement auprès de &lt;br /&gt;Stéphane DARNAUD (stephdarnaud@free.fr ou studiostephcreas@free.fr)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-8458882247235878041?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/8458882247235878041/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/09/linnocence-dyvan-colonna-faits-et.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/8458882247235878041'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/8458882247235878041'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/09/linnocence-dyvan-colonna-faits-et.html' title='L&apos;innocence d&apos;Yvan Colonna : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-8144691411559640891</id><published>2010-06-30T08:39:00.000-07:00</published><updated>2010-06-30T08:45:12.019-07:00</updated><title type='text'>Affaire Colonna : enfin !</title><content type='html'>Enfin, un espoir après dix années de cauchemar. &lt;br /&gt;Un espoir pour l'accusé qui paye dans sa chair pour un crime qu'il n'a pas commis ( cf.le dossier publié ici même sur une dizaine de jours : "L'innocence d'Yvan Colonna : faits et arguments"), Yvan Colonna qui, malgré un dossier d'accusation singulièrement vide, a été condamné à la peine la plus lourde prévue par le code pénal français, Yvan Colonna qui a été ignominieusement injurié par ceux dont le péché mignon est de hurler avec les loups.&lt;br /&gt;Un espoir pour toute une famille qui, depuis dix ans est plongée dans le malheur (Je rappelle ici que le drame de la famille Erignac ne peut en rien être effacé par le malheur d'un innocent, bien au contraire !) et survit au rythme épuisant des combats pour la vérité, des espoirs et des déceptions.&lt;br /&gt;Un espoir pour toute une communauté qui s'est sentie stigmatisée parce que le principal reproche proféré par les imbéciles à l'égard de l'un des siens était précisément qu'il était l'un de ses fils : corse, donc coupable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais bien : ce n'est qu'un premier pas. Il en faudra bien d'autres. Yvan sera rejugé par une Cour d'Appel qui sera tout aussi "spécialement constituée" que la première et tout aussi dépendante du pouvoir politique que l'autre. Mais à chaque jour suffit sa peine. Pour l'heure, ne boudons pas notre bonheur ! Et la décision qui vient d'être prise aidera un certain nombre de crédules, d'indécis ou d'indifférents à ouvrir les yeux. Je veux redire ici à ces républicains sincères qui craignent que le scandale ne vienne affaiblir nos institutions et donc la démocratie et qui préfèrent le silence, que le scandale est dans les faits, il n'est pas dans les mots. Le scandale est toujours dans le boisseau qui veut étouffer la vérité et camoufler les crimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais bien aussi : on nous dira que la Cour de Cassation ne se prononce que sur des questions de forme et de procédure. Mais justement ! Nous sommes dans une affaire où les questions de fond ont été sans cesse ignorées au profit de comportements procéduriers. C'est ainsi qu'on nous a refusé les reconstitutions indispensables, les confrontations demandées, le versement de dossiers prétendument disparus... En cassant l'arrêt pour un vice de forme, la Cour d'Appel condamne symboliquement ( je dirais presque par métonymie) la totalité de l'enquête et de la procédure. Car la façon de traiter l'un des témoins à décharge qu'elle épingle et sanctionne si lourdement est profondément symptomatique de la façon dont les deux procès ont été menés : tous les témoins à décharge ont été systématiquement et scandaleusement discrédités (cf. par exemple Paul Donzella). Ici, l'expert a été traîné dans la boue avant même d'avoir pu rendre compte de son expertise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dernier mot. La Cour d'Appel aurait pu faire un sort plus positif aux autres raisons de cassation qui lui avaient été soumises. Elle ne l'a pas fait. C'aurait été un cyclone. Elle a préféré un orage de moindre importance. Mais l'essentiel reste qu'elle ait cassé. Elle a témoigné ainsi de ce fait que la plus haute instance judiciaire de ce pays pouvait prendre, contrairement au système antiterroriste, ses distances par rapport au pouvoir politique. Le fonctionnement de nos institutions n'est donc pas complètement vicié. Je suppose que les scandales qui éclatent chaque jour comme si notre République était devenue un champ de mines, ont aidé à ce sursaut. Pour l'honneur de la Justice, pour celui de l'Etat, que justice soit enfin rendue !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-8144691411559640891?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/8144691411559640891/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/06/affaire-colonna-enfin.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/8144691411559640891'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/8144691411559640891'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/06/affaire-colonna-enfin.html' title='Affaire Colonna : enfin !'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-329296950667117133</id><published>2010-06-23T08:29:00.000-07:00</published><updated>2010-06-23T08:46:14.822-07:00</updated><title type='text'>ECHOS DE LECTURE DU "ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE"</title><content type='html'>ECHOS DE LECTURE DU « ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Texte de Présentation du dossier de presse&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque l'on parle de « l'affaire Colonna » on met, de fait, les pieds dans des terrains mouvants... Les regards scrutent, l'attention se déploie et, très vite, on se rend compte que la moindre affirmation détermine « le camp » auquel on appartient... La plupart se taisent, nombreux restent prudents et les quelques courageux, quel que soit le point de vue qu'ils défendent, ont l'intime conviction de prendre des risques en parlant. ..&lt;br /&gt;Pourtant, en marge des débats impulsifs, des jugements sur les Corses, sur la violence, sur la sanction, sur la Justice, c'est bien de l'histoire d'un homme qu'il s'agit. Au coeur des axes majeurs de réflexions, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;le roman de Roland Laurette propose une nouvelle démarche&lt;/span&gt; : celle de l'écriture d'un roman qui, s'appuyant sur des faits précis, confirmés, apporte un nouveau regard, une nouvelle piste de réflexion et &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;redonne sa place à un homme au coeur d'une Histoire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L'auteur affirme l'innocence... Le croira-t-on ? Il révèle l'humain sous la caricature... L''entendra-t-on ? Il veut casser les certitudes... Y parviendra-t-il ?&lt;br /&gt;Dérapages, accusations, violences, amalgames périlleux... Le débat s'ouvre une nouvelle fois, articulé par&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; une narration qui offre une distance, une respiration essentielle à cette histoire étouffante à la fois terrible et palpitante, qui revêt tous les codes de la tragédie antique.&lt;/span&gt; Cette histoire, dont on pensait connaître toutes les facettes, construite à partir d'une enquête minutieuse, sur des faits précis et concordants, vient de sortir chez l'Harmattan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Courriers de lecteurs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N.B. Quand il s'agit de réactions individuelles non publiques je n'indique que les initiales des noms pour préserver l'anonymat des auteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lettre de C.P.G.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;J'ai aimé, beaucoup&lt;/span&gt;. Pour plusieurs raisons:&lt;br /&gt;1/ J'aime (l'auteur), son personnage et son style (...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2/ la description de la terre corse et de certains de ses habitants rugueux, droits et loyaux fait écho à celle de ma région natale, les Gorges du Tarn: beaucoup de points communs...là aussi je retrouve mon père (son amour de sa terre natale et son intransigeance:"finis ton assiette"). &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;En cela je remercie (l'auteur), qui joue ici pleinement son rôle d'écrivain: en effet, un écrivain n'est-il pas quelqu'un qui parvient à mettre des mots sur nos émotions profondes, réussissant par là-même à atteindre une sorte d'universalité?...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;3/&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; j'ai aussi aimé ce roman pour sa dimension identitaire, et l'esprit de résistance qu'il insuffle:&lt;/span&gt; il montre un combat inégal entre le pouvoir d'Etat et un innocent accusé à tort(c'est la thèse du roman), à cause de ses anciennes sympathies nationalistes, sorte de Robin des bois moderne (dont la cause est plus politique que sociale). Cette dimension du roman trouve un énorme écho en moi, car d'une part elle est proche de mes problématiques de thèse (...)&lt;br /&gt;D'autre part, et tout cela est lié, cette approche du roman "colle" à mes questionnements plus large sur les identités:&lt;br /&gt;-ma propre identité (avant tout française républicaine, mais aussi attachée  à mes racines occitanes: ancien pays/culture dominé par la France du Nord; cet attachement est un héritage de mon père: mon 3e prénom est "Esclarmonde", nom que portait la fameuse princesse de Foix, figure du catharisme... Ainsi,  toute la complexité du personnage principal, la dialectique de l'attachement à la terre natale, trouve un écho profond en moi, même si j'ai pris un chemin et une direction différents).&lt;br /&gt;- l'identité (les identités) de notre fille Annick(elle est née dans un pays, Madagascar, colonisé par les Français; adoptée par nous deux, Français, elle est  donc à la fois française, marseillaise, aveyronnaise-occitane, avec une partie malgache...)... réflexion en cours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4/&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; la dernière raison pour laquelle j'ai aimé ce roman est sa dimension politique (au sens large)&lt;/span&gt;. Certes, on sent bien que l'écrivain/narrateur est un homme de gauche(cette sensibilité pourrait agacer des lecteurs de droite). Cette tragédie (...) donne envie sinon d'agir, du moins de commencer à en savoir plus sur l'affaire Yvan Colonna.  Question: quelle a été la nature de  (l') enquête? Peut-on, avec un roman, approcher la vérité, dénoncer un crime d'Etat ou une erreur judiciaire? l'enjeu est important, la réponse difficile. (Le) roman a provoqué en moi un sentiment de révolte, mais la "scientifique" qui veille en moi éprouve le besoin d'aller vérifier les informations...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà en bref ce que je pourrais dire aujourd'hui. Merci. Outre le plaisir de lire un bon livre, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;j'ai apprécié l'habileté à&lt;br /&gt;démonter les imbrications complexes de la machine polico-judiciaire française, la capacité à faire prendre conscience que ce qui est arrivé à cet homme pourrait arriver à un autre. Ce livre met le doigt sur le danger que connaît la France aujourd'hui en matière des perte de droits démocratiques: l'Habeas Corpus passé aux oubliettes, ce n'est pas rien.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;                                                                                                                                   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Paru sur Amazone&lt;/span&gt; :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Remarquable démonstration de l'innocence d'Yvan Colonna.&lt;/span&gt; Ce « roman » retrace l'historique de l'affaire de l'assassinat du préfet Erignac et met en évidence l'accumulation de fautes de procédure et d'une enquête faite entièrement à charge. En trame de ce livre, l'affaire Dreyfus revient dans nos esprits et la Justice s'honorerait de réviser sa position. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;A lire absolument.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Valdeleure (blog littéraire)&lt;br /&gt;02 avril 2010&lt;br /&gt;Le Roman de Ghjuvianni Stephagese de Roland Laurette&lt;br /&gt;Ghjuvianni Stephagese est un berger qui vit en Saveria. Ancien militant du groupe nationaliste, il s'est assagi depuis la naissance de son fils. Fils d'un ex-membre influent des cabinets ministériels socialistes qui a choisi de quitter son île natale pour le continent, il a fait le voyage inverse et est revenu vivre sur son île, arrêtant ses études pour devenir berger. Mais quand le Gouverneur est assassiné, c'est lui qui va se retrouver au coeur de la tourmente. Toute ressemblance avec l'affaire Colonna n'est bien sûr pas fortuite. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Roland Laurette, qui connaît la famille Colonna, s'est méticuleusement documenté pour écrire ce roman, courageusement publié par les éditions L'Harmattan.&lt;/span&gt; Le roman se divise en deux parties. Nous faisons d'abord la connaissance de &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;ce berger atypique, qui aime le silence et la solitu&lt;/span&gt;de (un peu comme moi en fait), ce qui n'en fait pas un ours mal léché pour autant et &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;que j'ai, au contraire, trouvé très attachant.&lt;/span&gt; La seconde partie du roman nous décrit l'étau qui se resserre et nous livre les détails de l'enquête, pour finir bien sûr par la condamnation de Stephagèse.                                                                              J'ai ouvert ce roman en me disant que j'avais beau avoir mon point de vue sur cette affaire, je lirai ce livre comme une fiction. Et puis, après tout, pourquoi ne pas entendre une autre version des faits? &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Je suis vite tombée sous le charme de la plume de Roland Laurette et surtout de ce personnage qu'est Stephagese (car il reste pour moi, un héros littéraire).&lt;/span&gt; Le chapitre X, où il part à la recherche de ses chèvres, est mon chapitre préféré. Je l'ai lu avec émotion parce que je l'ai trouvé très beau. Quand je suis arrivée à la deuxième partie, je ne pouvais plus faire semblant d'avoir affaire à une fiction et si je reste très dubitative sur un aspect de la défense (le père se laissant influencer par la police pour qu'il change son témoignage), je n'ai pu qu'être convaincue par le fait que les deux témoins non seulement ne reconnaissent pas l'accusé, mais le disculpent. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;J'ai bêtement versé une larme à l'énoncé d'un verdict que je connaissais déjà et là, Colonna était redevenu Stephagese pour moi, ce magnifique héros pris au piège qui demande aux siens de ne pas pleurer devant "ces gens-là". J'ai refermé ce livre il y a plus de deux semaines mais il ne m'a pas quittée&lt;/span&gt;. Je ne pense pas être très influençable et pourtant... Je ne peux que remercier Roland Laurette pour m'avoir proposé de choisir l'un de ses livres et me l'avoir offert, accompagné d'une gentille dédicace. Il a travaillé avec acharnement et rage sans doute pour donner sa vérité, ce qui ne lui a pas valu que des compliments. J'ai un peu de mal à comprendre que les proches d'Yvan Colonna se soient retournés contre ce chant d'amour à un homme, à son île et à la justice (voir ici). Qu'il ait raison ou tort, on ne peut lui reprocher de se battre pour ce qu'il croit être juste.&lt;br /&gt;Posté par val-m-les-livres à 08:00 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]&lt;br /&gt;Tags : mes coups de coeur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Appréciation sur Amazon du 19 novembre 2009&lt;br /&gt; &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;excellent ouvrage&lt;/span&gt;, 19 novembre 2009&lt;br /&gt;Par Ecritoire2 - &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;remarquable démonstration de l'innocence d'Yvan Colonna&lt;/span&gt;. Ce "roman" retrace l'historique de l'affaire de l'assassinat du Préfet Erignac et met en évidence l'accumulation des fautes de procédure et d'une enquête faite entièrement à charge. En trame de ce livre, l'affaire Dreyfus revient dans nos esprits et la justice s'honorerait de réviser sa position. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;A lire absolument.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Biblio 47 (16-10-2009)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'auteur s'inspire de l'affaire Colonna. Il est convaincu que Colonna est innocent. Il a choisi le roman pour le dire. Colonna est, selon lui, dans l'imbroglio d'une machination qui le dépasse. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;J'ai été bouleversé par les évidences et les preuves amenées dans ce livre. Il m'a réconcilié avec les Corses&lt;/span&gt; que l'on calomnie souvent. Ce qu'on prête aux Corses dans les médias ne sont souvent que les effets de la mafia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De D.M.&lt;br /&gt;Je suis déléguée de ... au sein du comité de soutien pour Yvan. Je vous remercie pour toutes ces précisions (celles du dossier : « L'innocence d'Yvan Colonna : faits et arguments ») et tiens à vous dire que &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;votre livre est remarquable et que je l'ai lu avec beaucoup d'émotion...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De *** (chanteur très connu).&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Nous avons dévoré « Le Roman... »&lt;/span&gt; et l'avons communiqué autour de nous. La vérité ressemble à un chemin, et votre dossier très étayé sera un jalon très important sur cet itinéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De J.H. (comités de soutien)&lt;br /&gt;Merci beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;J'admire votre travail acharné et votre liberté. Il reste trop peu de personnes capables, comme vous, d'oser le politiquement incorrect.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De P.S. &lt;br /&gt;J'ai eu le plus vif plaisir à parcourir votre ouvrage et je tenais, avant tout, à saluer l'écrivain et le littérateur de talent qui a su composer, de ligne en ligne, un manuscrit original...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De C.F.&lt;br /&gt;Un grand merci pour ce que vous faites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Valérie&lt;br /&gt;Voilà, j'ai refermé la dernière page il y a déjà quatre jours et pourtant, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;je pense toujours à Stéphagèse et à votre roman. Sachez d'abord que je l'ai beaucoup aimé. &lt;/span&gt;Je suis, bien sûr, admirative devant le travail accompli concernant l'affaire Colonna. J'espère d'ailleurs qu'il vous remerciera même si je sais que ce n'est pas votre but. Merci de m'avoir proposé &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;ce roman très fort.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le Roman de Ghjuvanni Stéphagèse.&lt;br /&gt;(Présentation faite en public par Mirella Gambara le 22 mai 2010)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La source de ce roman, c’est l’affaire Colonna et le désir de l’auteur de plaider l’innocence de  l’accusé.&lt;br /&gt;A partir de là, la construction du roman est fondée sur les événements qui ont suivi l’assassinat du préfet Erignac  et sur la tentative de l’auteur de montrer les erreurs intentionnelles, les négligences, les machinations qui ont fait d’Yvan Colonna un coupable officiel.&lt;br /&gt;Nombreux sont les lecteurs qui se sont étonnés de la forme choisie par Roland Laurette : pourquoi pas un essai ou un reportage ? (Intervention de l’auteur et réponse).&lt;br /&gt;Il s’agit donc d’un roman avec des lieux  (la Corse, Paris, la prison) des faits, des personnages. Dans le roman La Faute de Personne  la tragédie achève l’œuvre, ici la tragédie est déjà accomplie et doublement : &lt;br /&gt;         ..  Le préfet Erignac a été assassiné&lt;br /&gt;         ..  Yvan Colonna est incarcéré à perpétuité&lt;br /&gt;Il s’agit surtout d’une écriture qui transcende l’évènement et ses conséquences. Ecriture aux tonalités diverses et nuancées selon les domaines concernés.&lt;br /&gt;         ..  Des pages bouleversantes sur la tragédie de l’enfermement et les conséquences sur la famille (la prison, p. 12, la première visite de la mère à son fils, p. 27)&lt;br /&gt;         ..  Des scènes très fortes qui évoquent la personnalité du condamné (face à face avec le directeur de la prison, p. 19/20).&lt;br /&gt;         ..  De nombreuses situations au cours desquelles l’auteur jette un regard critique sur des institutions qui fonctionnent comme des machines à broyer alors qu’elles devraient protéger le citoyen.&lt;br /&gt;         ..  On retrouve dans ce roman les qualités d’écriture de R. Laurette par la poésie dans l’évocation des lieux et des situations vécues par le condamné du temps où il était un homme libre. (Extrait du chapitre Parmi les veilleurs de pierres, p. 117 et la dernière page du roman, Le Jardin de Jeanne).&lt;br /&gt;A la fois roman policier, procès d’une justice partisane, hymne à la la Corse (à sa beauté, à sa rudesse, à ses passions, à ses senteurs, à sa sensualité) le roman de Ghjuvanni Stépahgèse est une œuvre convaincante dans la démonstration de l’innocence du condamné et séduisante par le plaisir que procure sa lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;QUELQUES EXTRAITS DE PRESSE&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Midi-Libre 3-05-09 &lt;br /&gt; Roland LAURETTE savait qu'il s'attaquait à &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;un sujet brûlant&lt;/span&gt;... Plus l'auteur s'avance dans ses &lt;br /&gt;recherches et plus il se dit persuadé de l'innocence de celui que tout le monde accuse... Le &lt;br /&gt;romancier dépasse l'affaire Colonna, il pose&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; le problème des droits de l'homme et des libertés &lt;br /&gt;fondamentales. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                 Hélène AMIRAUX &lt;br /&gt;Le Journal de Millau 11-06-09 &lt;br /&gt;Le roman de Roland Laurette représente  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;une source extraordinaire&lt;/span&gt; pour souligner les &lt;br /&gt;incohérences de l'enquête et certains dysfonctionnements policiers. Grâce à cette enquête, certes &lt;br /&gt;r&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;omancée, mais très réaliste&lt;/span&gt;, l'auteur nous amène à nous poser de nombreuses questions sur la &lt;br /&gt;culpabilité du berger corse... &lt;br /&gt;La passion de l'auteur pour cette affaire transpire à travers les quelque 240 pages de &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;ce roman &lt;br /&gt;passionnant.&lt;/span&gt;.. « LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE » démontre que l'assassin du préfet &lt;br /&gt;Erignac n'est sans doute pas celui qui a été condamné... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corsicapolar 16-08-09 &lt;br /&gt;Ce qu'il est convenu d'appeler &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;l'affaire Colonna a désormais un roma&lt;/span&gt;n... &lt;br /&gt;Son roman est un plaidoyer pour un Yvan Colonna innocent, prisonnier d'une tragédie et non la &lt;br /&gt;défense d'un berger coupable... &lt;br /&gt;Roland Laurette se pose en romancier et non en militant. (Il) assume sans complexe un rôle ambigu &lt;br /&gt;qui oscille &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;entre la raison d'un Emile Zola et l'émotion d'un Truman Capote..&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;                                                                                                 Ugo PANDOLFI &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corse-Matin 30-08-09 &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Roland Laurette a manifestement eu accès au dossier de l'affaire Colonna&lt;/span&gt;. Il en tire la conclusion qu'un homme innnocent est en train de payer pour une sorte de « vengeance d'Etat »... &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;A lire&lt;/span&gt;... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Humanité Dimanche 22-28 oct 09 &lt;br /&gt;Roland Laurette a souhaité &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;retranscrire sous la forme d'une fiction&lt;/span&gt;, les éléments qu'il a &lt;br /&gt;rassemblés lors de ses&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; investigations personnelles en Corse&lt;/span&gt;... Et l'écrivain s'est fait sa propre &lt;br /&gt;opinion, celle de l'innocence du berger corse. Et il la conte avec un goût prononcé et revendiqué &lt;br /&gt;pour la tragédie antique. Le lecteur trouvera (...) dans &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;cet ouvrage agréable à lire, un récit &lt;br /&gt;mettant en cohérence (...) les éléments d'une affaire d'Etat brouillée par les coups bas et les &lt;br /&gt;manipulations. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                    Diego CHAUVET&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Azur-informations 02- 2010&lt;br /&gt;Il y a des convictions qui se forgent peu à peu, ce sont les plus solides. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Il y a des causes qui crient si fort que le silence serait coupable.&lt;/span&gt; C'est ce qu'a vécu Roland LAURETTE au fond de lui qui l'a poussé à écrire ce roman comme une plaie à vif face à ce qu'il considère comme un déni de justice.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;C'est un vrai roman&lt;/span&gt;, avec son monde aux noms imaginaires, imagés et significatifs. Avec ses passions, ses dévouements, ses tendresses, ses lâchetés. Avec ses personnages pris dans les filets d'un destin dirigé par des mains inconnues et puissantes. Avec ses paysages et ses ambiances, tantôt âpres et sombres, tantôt baignés des lumières qu'on croirait faites pour le bonheur.&lt;br /&gt;Ghjuvanni Stéphagèse devient (...) un personnage de roman, complexe, attachant, irritant, patriote, maître de ses convictions, dur et sensible, solide et doux. (...) &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Il est d'abord en osmose avec sa terre dont Roland LAURETTE évoque les beautés en connaisseur et en amoureux. &lt;/span&gt;Il est entouré par un réseau d'amitiés silencieuses. Il vit une passion difficile mais forte. Il s'affronte à des forces hostiles acharnées à le perdre. Il éprouve la prison avec une dignité sans concessions. (...)&lt;br /&gt;Rien à faire, le piège se referme sur le personnage. On perçoit que ce statut de héros tragique a fortement mobilisé l'auteur. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Certes, démonter les mécanismes, dénoncer les contradictions, déceler les pièges, tout cela donne au roman une allure de thriller politique, mais plus que ces manigances grossières, c'est le destin d'un homme affronté au tragique qui intéresse et l'auteur et le lecteur&lt;/span&gt;. Et c'est l'indignation face à une justice indigne qui accroît la tension de ce récit authentique.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Et si le roman disait vrai ? De cela on est convaincu en fermant ce livre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                                   Michel SEYRAT&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-329296950667117133?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/329296950667117133/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/06/echos-de-lecture-du-roman-de-ghjuvanni.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/329296950667117133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/329296950667117133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/06/echos-de-lecture-du-roman-de-ghjuvanni.html' title='ECHOS DE LECTURE DU &quot;ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE&quot;'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-748958790642779044</id><published>2010-06-04T02:31:00.000-07:00</published><updated>2010-06-04T02:35:25.791-07:00</updated><title type='text'>Affaire Colonna : manigances et "preuves" fabriquées</title><content type='html'>Dans à peine plus de trois semaines, La Cour de Cassation se prononcera sur le pourvoi déposé par Yvan Colonna après sa condamnation par la Cour d'Appel « spécialement constituée » à la peine la plus lourde prévue par le code pénal : prison à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les raisons de casser cet arrêt sont multiples&lt;/span&gt;. Il ne faut toutefois pas s'imaginer que les choses sont acquises : &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;les pressions sur la Cour sont forcément à la mesure des enjeux&lt;/span&gt;. Sa décision dira ce qu'il en est de son degré d'indépendance.&lt;br /&gt;Le procès des cinq personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna pendant sa cavale vient d'avoir lieu. Le verdict, mis en délibéré, sera connu en juillet.  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Au cours du procès, des faits sont apparus qui montrent, s'il en était besoin, les machinations de la police antiterroriste.&lt;/span&gt; On en trouvera ci-dessous un exemple incroyable. Le plus incroyable étant peut-être le silence ou l'indifférence de la presse devant des faits aussi scandaleux. Quand on discute avec des gens convaincus de la culpabilité d'Yvan, ils ne cessent de demander : s'il est innocent, pourquoi est-il parti en cavale ? Ou bien : pourquoi ses copains l'ont-ils dénoncé ? Nous pouvons demander de notre côté : &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;si  la culpabilité d'Yvan était si évidente, pourquoi la police a-t-elle éprouvé le besoin de fabriquer avec cynisme des fausses preuves ?&lt;/span&gt; L'appareil judiciaire antiterroriste ne peut pas ignorer ces machinations. Et pourtant, deux Cours d'Assises « spécialement constituées » l'ont condamné. C'est en ce sens que cette affaire est une affaire d'Etat. Comme l'affaire Dreyfus dont les juges savaient parfaitement qu'ils condamnaient un innocent.&lt;br /&gt;Le Livre Blanc promis pour l'automne 2009 n'a jamais été publié sans doute par manque de temps. Puisque je connais particulièrement bien cette affaire, j'ai pensé qu'il était de mon devoir de faire le point le plus clairement possible des faits et arguments qui montrent indubitablement l'innocence d'Yvan Colonna. &lt;br /&gt;J'aborde dans mon blog, sous forme de feuilleton, entre le 15 et le 26 mai les points suivants :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Préambule&lt;br /&gt;I – Les accusations (15 mai)&lt;br /&gt;II – Les témoignages (16 mai)&lt;br /&gt;III – Les acteurs de l'affaire Colonna&lt;br /&gt;        A – L'enquête (17 mai)&lt;br /&gt;        B – L'instruction (18 mai)&lt;br /&gt;        C – Les procès ( 19 mai)&lt;br /&gt;IV – Les pistes « oubliées » (20 mai)&lt;br /&gt;V – La personnalité d'Yvan colonna (24 mai)&lt;br /&gt;VI – D'autres questions&lt;br /&gt;Conclusion (26 mai)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on le souhaite, je puis envoyer ce texte (23 pages en A 4) par courriel. &lt;br /&gt;Je rappelle aussi que Stéphane Darnaud a réalisé un CD de la conférence-débat que j'ai animée à La Ciotat en décembre dernier (stephdarnaud@free.fr  ou studiostephcreas@free.fr ).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Histoire d'une preuve fabriquée&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le procès des personnes accusées d'avoir aidé et hébergé Yvan Colonna pendant sa cavale vient de s'achever. &lt;br /&gt;Des cinq accusés, quatre ont admis avoir aidé le fugitif entre 1999 et 2003. Seul, Marc Simeoni (le fils d'Edmond et le frère de Gilles, l'un des avocats d'Yvan Colonna et leader du mouvement autonomiste) nie les faits qui lui sont imputés. &lt;br /&gt;Il est notamment accusé d'avoir hébergé le fugitif dans son appartement de Bastia en 2002 et 2003. Pour appuyer leur accusation, les policiers antiterroristes font état de deux traces appartenant à Yvan Colonna et retrouvées dans cet appartement. L'affaire paraît entendue et on ne comprend pas les dénégations de Marc Simeoni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Mais qu'en est-il en réalité ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 - Les deux empreintes en question ont été retrouvées, l'une sur une boîte de pansements, l'autre sur un coussin. &lt;br /&gt;2 - Les enquêteurs n'ont pas placé les scellés réglementaires sur l'appartement  entre le moment où Marc Simeoni a été interpellé et celui où ont commencé les perquisitions.&lt;br /&gt;3 - Sur l'un des deux objets (le coussin), outre l'A.D.N. d'Yvan Colonna, a été retrouvé celui d'Alain Ferrandi ( le chef du commando Erignac). Rappelons que Marc Simeoni a loué son appartement en octobre 2000 et qu'Alain Ferrandi a été arrêté en mai 1999. Comment est-ce possible ? Notons, en revanche, l'absence tout aussi étonnante d'empreintes de Marc Simeoni, sur cet objet  retrouvé dans cet appartement qu'il habitait depuis trois ans quand la perquisition a eu lieu.&lt;br /&gt;4 - L'enquête a été menée par le commandant Lebbos que nous avons déjà rencontré comme l'un des acteurs principaux de l'affaire Colonna (voir II - Les acteurs du drame) et dont on a pu voir que les scrupules n'étaient pas son point fort (dossiers truqués, coups et blessures, détournements de procédure à des fins privées, etc.).&lt;br /&gt;Marc Simeoni a affirmé au procès que le commandant Lebbos lui aurait dit : " je suis spécialiste de la pêche au gros. J'ai pêché Colonna. Ton père, c'est un gros poisson pour moi ».&lt;br /&gt;Cette "preuve" manifestement fabriquée en dit long sur la sincérité des deux procès au terme desquels Yvan Colonna a été condamné à la peine la plus lourde prévue par le code pénal.&lt;br /&gt;Instructif, non ? &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Cette construction policière en dit long sur l'honnêteté et la loyauté de l'enquête. Elle éclaire rétrospectivement d'un jour crû toute l'affaire Colonna.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-748958790642779044?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/748958790642779044/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/06/affaire-colonna-manigances-et-preuves.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/748958790642779044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/748958790642779044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/06/affaire-colonna-manigances-et-preuves.html' title='Affaire Colonna : manigances et &quot;preuves&quot; fabriquées'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-4976042579284879018</id><published>2010-05-26T14:46:00.000-07:00</published><updated>2010-05-26T14:59:20.116-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;suite et fin&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  VI – D'AUTRES QUESTIONS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens hostiles à Yvan, formulent toujours les deux mêmes questions. C'est sur elles qu'ils assoient leur conviction qu'il est coupable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; – S'il n'est pas coupable, pourquoi s'est-il enfui ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Réponse :&lt;br /&gt;a/ Dans l'histoire, un certain nombre de gens qui risquaient d'être arrêtés ont préféré s'enfuir et se mettre à l'abri. Pour autant, leur fuite n'avouait rien du tout. Quand Louis XVI quitte Paris incognito, il ne s'enfuit pas pour avouer qu'il serait un mauvais roi. Autre exemple : pendant la dernière guerre, la plupart des résistants menacés d'être arrêtés, ont cherché à échapper à leurs poursuivants, etc... &lt;br /&gt;b/ Ces exemples n'ont qu'une valeur relative : ils indiquent qu'une cavale ne prouve pas forcément que le fuyard est coupable, elle ne prouve pas davantage qu'il est innocent. Il y faut des éléments plus tangibles. On ne peut donc pas dire qu'Yvan Colonna, en prenant le maquis avoue sa culpabilité surtout dans un pays où prendre le maquis fait partie de toute une culture ancestrale. Sa fuite montre seulement qu'à ce moment-là, rester libre est, pour lui, prioritaire.&lt;br /&gt;c/ Il y a plus important : Yvan part en cavale après avoir vu la « une » de France-Soir qui titrait : WANTED TUEUR DE PREFET.&lt;br /&gt;Cet appel du célèbre quotidien nous renvoie explicitement à la loi de Lynch appliquée pendant la conquête de l'Ouest américain : elle encourageait la justice expéditive. Il s'agissait de ramener le « coupable » vivant ou mort. Et c'est bien de cela qu'il s'agit. Roger Marion avait demandé que Colonna soit ramené « mort ou vif ». Yvan Colonna découvre que ses anciens amis l'accusent d'avoir tué le préfet Erignac alors qu'ils savent pertinemment qu'il n'en est rien. Il est donc fondé à se dire que s'ils sont capables d'un acte aussi grave, ils sont sans doute capables d'aller, eux ou les véritables commanditaires, jusqu'au bout de leur démarche : le supprimer. Car Yvan éliminé, l'enquête se serait éteinte d'elle-même. Sa mort aurait arrangé tellement de monde, y compris les enquêteurs. &lt;br /&gt;En s'enfuyant, Yvan sauvait donc sa peau. Il laissait aux membres du commando le temps de revenir sur leurs déclarations et aux policiers le temps de trouver des éléments qui l'auraient innocenté. Il laissait en outre à l'opinion publique le temps de s'apaiser et d'être en mesure d'entendre ce qu'il avait à dire. &lt;br /&gt;d/ Ajoutons (c'est l'explication qu'Yvan donnera quand il sera interrogé) qu'un Corse arrêté sous un chef d'inculpation qui touche au terrorisme subit régulièrement une détention provisoire de 4 ou 5 ans avant d'être jugé. Informé de cette pratique contestable, Yvan n'a pas voulu s'y soumettre.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Je ne dis pas qu'il a eu tort ou raison. Je dis seulement que ça ne prouve rien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;2 -Pourquoi ses copains l'ont-ils accusé ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Remarques préalables : cette question est symptomatique du parti pris hostile à Yvan qui a marqué toute cette affaire. &lt;br /&gt;Les accusations des membres du commando sont-elles un élément défavorable à Yvan ou le contraire ? Ceux qui estiment que ces accusations sont crédibles, sont très souvent les mêmes qui disent que Yvan étant corse, on peut le soupçonner du pire puisque, pour eux, la culture corse  comprend les traditions de l'omertà, des témoignages de complaisance, de l'irrespect de la loi, du recours à la violence extrême pour régler ses problèmes (cf entre autres la vendetta...). Or ces deux assertions sont contradictoires.  On ne peut pas à la fois dire que les Corses pratiquent l'omertà et couvrent les criminels et dire que si les membres du commando Erignac ont accusé Yvan, c'est la vérité. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Imagine-t-on que si Yvan avait participé à cet assassinat perpétré au nom d'une cause sacrée, la cause corse, à la première occasion ses complices l'auraient accusé alors qu'il n'avait pas été arrêté ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;On peut parfaitement estimer que cette accusation, loin d'être un élément à charge est un élément à décharge. Les assassins qui gardent un silence farouche sur toute une série de détails secondaires (par exemple le déroulement exact de l'assassinat) sont soudainement bavards quand il s'agit de donner l'élément essentiel : le nom du tueur. Est-ce vraisemblable ? Pourquoi donneraient-ils le nom d'Yvan présenté comme le tueur et tairaient-ils le nom des complices qui étaient sur place et dont ils ont fini par avouer l'existence ? Curieuse discordance. Comme est curieux le total manque d'intérêt des juges pour ces complices-là.&lt;br /&gt;Autre remarque : ce n'est pas parce qu'on a été amis d'enfance qu'on reste sincèrement liés à l'âge adulte. Les aléas de la vie sont parfois l'occasion de régler de vieux comptes enfouis et jamais nommés. L'histoire des villages, comme l'histoire des familles est pleine de ces histoires tordues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'explication de Pierre ALESSANDRI &lt;/span&gt;: Au cours du procès en appel, les membres du commando Erignac ont été à nouveau appelés à la barre. La confrontation la plus intense a eu lieu entre Yvan et Alessandri le 9 mars 2009.&lt;br /&gt;Qu'a dit Alessandri, poussé dans ses retranchements par Yvan et ses avocats ?&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; La déclaration essentielle d'abord : Je dois vous dire qu'Yvan Colonna n'a jamais fait partie de notre groupe et n'a pas participé à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella ni à l'assassinat du préfet. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Il a dit en outre, s'adressant à Yvan : je te reproche d'avoir refusé de franchir comme moi la ligne de la violence pour mettre nos actes au service de nos idéaux. On a donc été obligés de faire aller au charbon des jeunes inexpérimentés. (Au premier procès, il avait dit de façon plus confuse à propos d'Yvan : « Nous étions amis. Des choses ont altéré notre amitié ».)&lt;br /&gt;Et encore : je te reproche d'être parti en cavale et d'être parti aussi longtemps. C'est ton entêtement dans ta cavale qui a conditionné ta culpabilité. Ta reddition dans les jours suivants aurait suffi à te disculper comme d'autres. Je pensais qu'elle avait un sens politique. Je me suis lourdement trompé.&lt;br /&gt;Il ajoute enfin et surtout :&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; Oui, il y avait d'autres complices dont les noms n'ont jamais été donnés. J'ai donné le nom d'Yvan Colonna pour protéger ces autres personnes qui ont participé et conçu l'attentat et aussi pour protéger mes proches. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Traduction des propos d'Alessandri : Yvan a été approché pour participer à une action importante et il a refusé. On lui en a donc voulu. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'accuser, c'était lui faire payer cette « trahison ».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Les complices restés anonymes (mais dont l'existence, corroborée par toute une série de témoignages, éclaire beaucoup de choses), sont les concepteurs de l'attentat. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;C'est eux les acteurs principaux. C'est eux qu'il fallait sauver quitte à donner le nom d'un « ami » d'enfance.  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mais il reste dans la déclaration d'Alessandri un élément qui, curieusement, n'a entraîné, à ma connaissance, aucun commentaire éclairé, aucune question : en donnant le nom d'Yvan Colonna, Alessandri veut protéger, dit-il, les complices anonymes. Cela, on peut en saisir les raisons même si on ne les approuve pas. Mais il ajoute à la fin : « et aussi pour protéger mes proches ». Ce dernier point est plus qu'étrange. En quoi donner le nom de Colonna pouvait-il donc protéger les proches d'Alessandri ? On ne peut le comprendre que si on admet que « quelqu'un » a ordonné à Alessandri (et aux autres) de donner un nom en pâture aux enquêteurs (celui de Colonna en l'occurrence) pour les lancer sur une fausse piste. Quelqu'un qui aurait dit : si vous ne le faites pas, c'est votre famille qui en supportera les conséquences. &lt;br /&gt;Et qui donc peut être crédible en proférant une telle menace ? Qui donc, sinon une organisation que les scrupules n'étouffent pas, une organisation qui a fait du crime un moyen normal pour obtenir ce qu'elle veut, une organisation assez puissante pour faire peur à un nationaliste capable de recourir lui aussi à l'assassinat. Qui donc d'assez influent pour obtenir que les services de l'Etat regardent ailleurs ? Et si on veut bien entendre ce qui est suggéré ici, qu'on se repasse le film du témoignage des épouses aux deux procès (en première instance et en appel). Tous les commentateurs ont cherché à nous émouvoir sur le thème : ces pauvres femmes sont complètement déboussolées parce qu'on leur demande une mission impossible. Elles savent que Colonna est coupable, qu'il n'assume pas son crime contrairement à leurs époux, et on veut qu'elles le disculpent. C'est trop leur demander, elles craquent. Sortez vos kleenex ! On ne voit pas qu'une toute autre lecture de ce comportement des épouses est possible : elles savent depuis le début qu'Yvan est innocent. Elles ont contribué à le faire accuser puis à l'envoyer en prison à vie. La seule chose qu'elles devraient dire c'est « on » nous a obligées à mentir. Mais c'est la seule chose qu'elles ne peuvent pas dire parce qu'elles savent que c'est leur peau et celles de leurs enfants qui est en danger. Alors, elles bafouillent, elles pleurent, elles préfèrent oublier la réalité de cette infamie. &lt;br /&gt;Oui, décidément, le témoignage de Pierre Alessandri est manifestement capital. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Pour la première fois, on a des éléments qui éclairent parfaitement et de façon cohérente le déroulement réel de l'attentat contre le préfet Erignac. &lt;/span&gt;On s'étonne que le Président Wacogne n'en ait pas saisi la portée ! Quant aux fins limiers tombés dans le panneau, disons qu'ils n'ont pas le courage de reconnaître leur erreur. Madame Erignac a beaucoup parlé de courage à Yvan en suggérant qu'il n'en avait aucun puisqu'il ne se dénonçait pas. Peut-être se trompait-elle de cible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dernière question : parmi les plus acharnés contre Yvan Colonna, il y a ceux qui disent finement à propos de Pierre Alessandri qui s'accuse d'être le tueur depuis septembre 2004, c'est facile de s'accuser quand on ne risque plus rien puisqu'il a pris la perpétuité. A ceux qui disent cela de bonne foi, il faut rappeler ceci : &lt;br /&gt;1- nul ne s'accuse d'avoir commis un crime dont il n'est pas l'auteur pour rendre service à quelqu'un d'autre. C'est un poids moral excessif. &lt;br /&gt;2 – &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;il est faux de prétendre qu'Alessandri ne risque rien.&lt;/span&gt; Chacun sait qu'aucun condamné ne va jusqu'au bout de sa peine sauf si le comportement en prison est jugé trop dangereux pour une libération anticipée. La preuve c'est qu'il arrive que la condamnation à la perpétuité soit assortie d'une clause de sûreté. La plus lourde est de 22 ans. (Yvan a donc été condamné à la peine maximale alors qu'aucune preuve n'a été apportée contre lui et que les raisons de douter de sa culpabilité sont multiples). Quand on est condamné à la perpétuité simple, le condamné peut demander une remise de peine au bout de quinze ans. Il est assez fréquent qu'il l'obtienne.  On comprend bien que si le juge d'application des peines pense qu'un accusé n'a pas écoppé de la sanction qu'il méritait, il ne libèrera pas le détenu au bout de la durée minimum. Si Alessandri était considéré comme le vrai tueur, il est clair qu'il ne pourrait espérer sortir avant 22 ans. 7 ans de prison de plus ou de moins, est-ce cela qu'on appelle ne courir aucun risque ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CONCLUSION&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces derniers temps, à l'occasion du procès des personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna pendant sa cavale, la presse est revenue sur cette affaire.&lt;br /&gt;Elle donne à propos de la cavale une accumulation de détails sans importance réelle (ainsi, Yvan Colonna aurait subi une échographie de la hanche dans une clinique bastiaise le 4 mars 2003. A 17h37 ! ce type de recherche évite de se poser les bonnes questions et de mener les investigations dans les seules directions qui vaillent : la police antiterroriste a-t-elle fait honnêtement son travail ? A-t-elle enquêté à charge et à décharge ? A-t-elle exploré toutes les pistes possibles ou au contraire, y a-t-il des pistes qu'elle aurait soigneusement évitées ? &lt;br /&gt;Yvan Colonna est-il innocent ou coupable ? La question est légitime puisqu'après tant d'années d'enquête et d'instruction, après deux procès, la mobilisation de tout l'appareil antiterroriste n'ont pas réussi à apporter une seule preuve contre lui et qu'aussi bien le responsable de la DNAT, Roger Marion, que l'avocat général Jean-Claude Kross n'ont pu avancer contre l'accusé que leur « intime conviction ». Ce qui, on l'avouera, reste un peu léger.&lt;br /&gt;L'enquête que j'ai menée de mon côté m'a permis de rassembler les faits et les arguments qui fondent ma certitude de l'innocence d'Yvan Colonna. Si j'ai choisi d'en faire un roman plutôt qu'un documentaire journalistique, c'est parce que le roman donne infiniment plus de souplesse. Il permet d'évoquer les couleurs de la vraie vie. Il permet de varier les genres, les tons, d'inventer des personnages qui porteront la parole de tel ou tel. Il crée une empathie avec le héros. Il  est le seul à pouvoir mettre en lumière les sentiments et les émotions ; il rend compte de la tragédie qui s'abat sur le héros et sa famille.&lt;br /&gt;Après sa parution (avril 2009 chez l'Harmattan), j'ai été conduit à participer à de nombreux débats publics *, à de nombreux salons  du livre. Je continuerai et, dans la mesure du possible je répondrai favorablement aux propositions d'animation de réunions publiques. J'ai eu l'occasion de discuter un nombre incalculable de fois sur l'affaire Colonna. Je retire quelques enseignements de ces expériences.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Quels sont les obstacles les plus fréquents au triomphe de la vérité que j'ai rencontrés ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;-un incroyable racisme anticorse (les plus acharnés à vouloir Yvan Colonna coupable n'ont comme argument que leurs préjugés contre LES Corses réunis dans un amalgame qui relève effectivement du racisme, préjugés aggravés par la prévention confuse contre les mouvements nationalistes dont ils refusent de voir la réelle diversité)&lt;br /&gt;-une mauvaise foi (elle découle souvent du point précédent) qui fait interpréter tous les éléments de l'affaire d'un oeil hostile à Yvan là où une tout autre lecture aurait été au moins aussi recevable.&lt;br /&gt;-le désir sympathique mais irresponsable de refuser par principe la remise en cause du fonctionnement de l'institution judiciaire au nom des intérêts supérieurs de la République ( en d'autres temps, il ne fallait pas remettre en cause la culpabilité de Dreyfus au nom de l'honneur de l'armée). On peut couvrir ainsi n'importe quel scandale d'Etat.&lt;br /&gt;-La difficulté bien humaine de reconnaître que l'on a pu se tromper ou être induit en erreur par la manipulation. Plus l'affaire est grave, et plus il est difficile de faire machine arrière. Les tueurs et leurs commanditaires sont responsables de la mort de Claude Erignac. De leur côté, tous ceux qui se sont tus ou qui ont hurlé avec les loups sont responsables en partie de la terrible condamnation qui frappe un innocent. Il a fallu beaucoup de temps – et de courage - à certains journaux pour reconnaître que, s'agissant de la première guerre en Irak, l'armée américaine les avait savamment manipulés. A propos de l'affaire Colonna, combien de journalistes préfèrent-ils regarder ailleurs et se taire ? Je ne m'explique pas autrement le silence de la plupart à propos de mon roman y compris quand ils avaient promis d'en parler. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POURTANT, dans le procès intenté à ceux qui sont accusés d'avoir aidé Yvan Colonna pendant sa cavale, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;le chef principal d'accusation devrait ouvrir bien des yeux : « Association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste... &lt;/span&gt;» Au premier abord, la formulation apparaît vague. Ce serait une grave erreur de la croire inoffensive. &lt;br /&gt;Qu'on en juge. En 2005, le sénateur non inscrit, Jean-Louis Masson attire l'attention du Garde des Sceaux sur le fait que ce libellé imprécis « peut conduire à des décisions arbitraires ». Dans sa réponse, le Garde des Sceaux précise : « Le délit d'association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes est prévu par l'article 421-2-1 du code pénal qui dispose que constitue un acte de terrorisme le fait de participer à un groupement formé (...) en vue de la préparation (...) d'un acte de terrorisme ».&lt;br /&gt;Donc, pour le Garde des Sceaux, «&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes » sont deux expressions équivalentes.&lt;/span&gt; Jean-Paul Courtois, rapporteur de la Commission des Lois indique le 6 décembre 2005 que « Les infractions de droit commun constituent un acte de terrorisme quand elles sont commises en relation avec une entreprise à caractère terroriste ». Yvan Colonna est poursuivi par la police ; le recéler est un délit de droit commun ; et puisqu'il est accusé d'être un terroriste, le recueillir chez soi, est un acte terroriste. Voilà la réalité de la situation pénale des cinq personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna. La FIDH (qui, par ailleurs, a fermement condamné le déroulement des deux procès contre lui), souligne au sujet de ce chef d'accusation le danger de dérives juridiques reposant « sur un maximum de spéculations, de déductions et d'insinuations ».&lt;br /&gt;Or, qui peut croire un instant, pour ne citer qu'elle, que Patrizia Gattaceca soit une dangereuse terroriste appartenant à une association de malfaiteurs prêts à commettre des attentats ? &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'outrance d'un tel libellé d'accusation en dit long sur le degré d'acharnement haineux, liberticide et obsessionnel des magistrats instructeurs&lt;/span&gt;. Rétrospectivement, elle en dit long sur la partialité de l'instruction menée contre Yvan Colonna. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle dit aussi à chaque citoyen de ce pays à quelle dérive de nos institutions nous sommes arrivés, quelle menace pèse sur les libertés fondamentales. &lt;/span&gt;Elle dit encore que nul n'est à l'abri. Lutter pour qu'éclate la vérité dans l'affaire Colonna, c'est lutter pour sa liberté à soi, celle de ses proches, de ses enfants... &lt;br /&gt;C'est pourquoi, il faut éviter tout ce qui peut affaiblir le camp de la liberté. Il faut expliquer, redresser les faits, encore et toujours. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;« Quand les blés sont sous la grêle &lt;br /&gt;Fou qui fait le délicat&lt;br /&gt;Fou qui songe à ses querelles &lt;br /&gt;Au coeur du commun combat »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Il n'est plus temps de penser à ce qui peut diviser les patriotes corses et les démocrates continentaux ; il n'est plus temps de négliger la communication et d'en affaiblir la portée ; il n'est plus temps de se satisfaire de la compassion silencieuse tissée autour d'Yvan Colonna. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Il est temps de se réveiller et de frapper à la porte de son voisin.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* L'un de ces débats (La Ciotat) a été enregistré. On peut se procurer cet enregistrement auprès de&lt;br /&gt;Stéphane DARNAUD (stephdarnaud@free.fr ou studiostephcreas@free.fr)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-4976042579284879018?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/4976042579284879018/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_26.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/4976042579284879018'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/4976042579284879018'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_26.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-6011901815262581657</id><published>2010-05-24T04:51:00.000-07:00</published><updated>2010-05-24T04:59:38.683-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Suite 6&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;V – LA PERSONNALITE D'YVAN COLONNA&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'on peut savoir, deviner et comprendre de la personnalité d'Yvan Colonna lui donne-t-il plutôt le profil d'un assassin ou celui d'un homme honnête ? C'est une question importante.&lt;br /&gt;Yvan Colonna serait tout à fait opposé à ce que je vais écrire maintenant, non pour le contenu mais pour le principe. Il aurait sans doute le sentiment d'être l'insecte que l'entomologiste examine à la loupe. Je comprends cette réticence et l'irritation provoquée. Mais je ne puis faire autrement que ce que je fais pour au moins deux raisons : d'une part, je ne vois pas de quel droit je garderais pour moi ce que je sais et qui démontre l'innocence d'Yvan et le fonctionnement scandaleux de nos institutions (en ce sens, l'affaire Colonna dépasse largement la personne d'Yvan Colonna) ; d'autre part, beaucoup de gens veulent savoir pour se faire une opinion et c'est eux qu'il faut gagner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce moment, Yvan Colonna et cinq personnes accusées de l'avoir aidé pendant sa cavale comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Le premier pour détention d'armes (il avait une grenade défensive et un chargeur sans pistolet dans son sac quand il a été arrêté), les autres pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes et recel de l'auteur ou du complice d'un crime puni d'au moins dix ans d'emprisonnement.&lt;br /&gt;Notons qu'Yvan ayant fait appel devant la Cour de Cassation il est présumé innocent et l'on comprend mal la tenue de ce procès aujourd'hui puisqu'on ne peut pas juridiquement le considérer comme « l'auteur » ou le « complice » du crime en question.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ton du procès commencé depuis deux jours devant un tribunal correctionnel est nettement plus détendu que les deux précédents devant des cours d'assises spéciales. Tout se passe comme s'il était évident que les gens qui sont au banc des accusés n'étaient pas de redoutables terroristes liés par une organisation de fer. La belle personnalité de Patrizia Gattaceca y est sans doute pour beaucoup. Elle a fait le choix d'assumer ses actes avec simplicité et détermination : elle ne peut qu'entraîner la sympathie. Ils apparaissent ainsi comme des gens d'abord mûs par des sentiments d'humanité. La courageuse solidarité dont ils ont fait preuve avec naturel fait honte à l'individualisme de notre monde desséché. Je les connais presque tous. Ils m'ont aidé considérablement quand je cherchais de la documentation pour écrire ce qui allait devenir LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE. D'ailleurs, les aveux que vient de faire André Colonna d'Istria sur la réalité de sa participation et qui relèvent d'un sens très poussé de l'honneur et du courage, corroborent ce que je raconte de façon déguisée mais qui dit des choses essentielles sur Yvan, sur les gens qui l'ont soutenu, sur la façon dont ils pensent et agissent. Cela n'a rien à voir avec toutes les sottises ou crapuleries qui ont été dites ou écrites. Ce que j'ai raconté de la cavale et qui n'a jamais été dit nulle part ( y compris pour ce qui est de certaines anecdotes piquantes) est donc vrai sur le fond parce que j'ai eu accès aux bonnes sources.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La présidente du tribunal correctionnel adopte un ton agréable. Que pense-t-elle au fond d'elle-même de la gravité des faits reprochés aux prévenus ? La suite le dira.&lt;br /&gt;Elle parle à Yvan comme à une personne normale et non comme à un dangereux malfaiteur.&lt;br /&gt;Leur échange me semble très révélateur de la personnalité de l'accusé. En voici un extrait rapporté par Sylvie Véran du Nouvel Observateur (qui semble, elle aussi, avoir été touchée par la grâce tant le ton qu'elle utilise tranche avec celui de ses chroniques consacrées aux deux procès précédents). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Présidente : - Quelles sont vos occupations en prison ?&lt;br /&gt;Y C : - Tout va bien !&lt;br /&gt;La Présidente : - Vous faites quelque chose ? Vous prenez des cours ?&lt;br /&gt;YC : - Non, je fais du sport.&lt;br /&gt;La Présidente : - Vous avez des visites ? Celles de votre compagne ?&lt;br /&gt;YC : - Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces trois réponses d'Yvan pourraient paraître anodines. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elles sont en réalité profondément symptomatiques de ce qu'il est&lt;/span&gt;. A la question sur ses occupations, il a l'air de répondre à côté. En fait, il dit des choses très fortes.&lt;br /&gt;Cette réponse établit des distances. De mon point de vue, elle dit à la présidente : « Nous ne sommes pas dans un salon où nous parlerions à égalité. C'est &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;votre&lt;/span&gt; justice qui m'a mis là où je suis alors que je suis innocent. Vous n'allez pas maintenant faire semblant d'avoir de la compassion pour moi et moi je ne vais pas faire comme si je pouvais me plaindre à vous et vous faire des confidences». &lt;br /&gt;La suite des réponses est, de la même façon, une fin de non recevoir. Ainsi, par exemple,  quand il dit « Non, je fais du sport », il ne dit pas la vérité. Au  vrai, Yvan travaille plusieurs langues, il lit énormément ( des ouvrages qui portent sur le combat des peuples opprimés, sur l'écologie, sur l'économie ; il lit des ouvrages de littérature générale, de poésie, notamment). Pourquoi cache-t-il cela ? Par fierté. S'il disait de lui des choses qui seraient forcément perçues comme valorisantes, il aurait le sentiment de faire le beau dans l'espoir d'avoir un sucre. Un « sucre » qui ne viendrait pas de toute façon. Yvan pense que le système judiciaire qu'il subit est « aux ordres ». Il ne lui fait aucune confiance. Il ne s'humiliera donc pas devant lui.&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; Il protestera mais ne se plaindra pas&lt;/span&gt;. Je ne suis pas certain que beaucoup de ceux qui lui sont hostiles supportent bien cette fierté dont ils seraient incapables et qui les renvoie à leur propre veulerie.&lt;br /&gt;Comme on comprend que cet homme-là soit parti en cavale. Il n'a pas voulu se soumettre de lui-même à une police qui parlait de le ramener « mort ou vif » ni à une Justice dans l'équité de laquelle il n'avait aucune confiance. La suite lui a tellement donné raison !&lt;br /&gt;Devant une représentante de cet appareil judiciaire, si policée soit-elle, il ferme, courtoisement mais fermement, la porte d'un dialogue possible sur le seul domaine dont il garde à peu près la maîtrise :&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; la vie intime de son esprit&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Le propre de la prison est de priver le détenu de toute capacité à agir sur et pour sa propre vie et celle des siens. Il ne peut plus être maître de son destin. Alors, ce qu'il peut préserver, Yvan en défend l'accès, farouchement. Ses occupations le regardent et ne regardent que lui. Il ne se confiera pas et surtout pas à quelqu'un dont l'intérêt qu'il témoigne est vraisemblablement de pure forme.&lt;br /&gt;Quand il répond « Tout va bien », on peut entendre : « Votre système a voulu m'abattre mais il n'a pas entamé ma capacité de résister : je tiens le coup. Bien que je sois innocent, on m'a condamné à la peine la plus lourde avec la complicité des chiens de garde du système. Je continuerai à me battre autant de temps qu'il le faudra. » &lt;br /&gt;Yvan Colonna est, on le comprend donc, un homme d'une force morale et psychique exceptionnelle. La solitude du berger, la culture acquise, le sentiment de solidarité avec les victimes d'un monde injuste, les années de prison imméritée l'ont aguerri. C'est pour cela qu'il peut affirmer : « Tout va bien ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ce qui caractérise Yvan, donc, c'est cette pudeur farouche, cet esprit de résistance inflexible, ce sentiment intraitable de sa propre dignité. C'est un homme incapable de compromis, à plus forte raison de compromission. Il n'aliénera pas une once de sa dignité, il ne courbera pas l'échine quoi qu'il puisse lui en coûter. C'est aussi cela qui a paru insupportable à ceux qui ont enquêté sur lui ou instruit son procès.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Les preuves en sont multiples. Dès les premières auditions des juges d'instruction, toutes les réponses qu'il a pu faire pour affirmer son innocence ont été durement traitées comme des mensonges. Voici sa réaction : si, quoi que je dise, vous considérez que c'est un mensonge, autant que je me taise. &lt;br /&gt;Et il se tait effectivement pendant près de deux ans. Il n'acceptera de parler aux juges Le Vert et Thiel que lorsqu'il estimera que ses conditions de détention provisoire sont redevenues normales, de sorte qu'il puisse, en particulier, bénéficier des visites de sa famille. Comme tout le monde.&lt;br /&gt;On se souvient qu'au procès en appel, quand il estimera que la preuve est faite que la cour qui le juge est de parti pris et « aux ordres », il refusera de servir d'alibi à ce jeu truqué et refusera de comparaître désormais, quitte à passer le temps des audiences dans une souricière qui « sent la pisse ».&lt;br /&gt;Quand il arrive à Fleury-Mérogis, il est convoqué dans le bureau du directeur. Celui-ci, lui dit en substance : vous êtes un détenu considéré comme dangereux. Je vous aurai à l'oeil. Je veillerai personnellement à ce que vous ne troubliez pas le bon ordre de cette prison. M'avez-vous compris ?&lt;br /&gt;Yvan ne répond pas. L'autre répète : m'avez-vous compris ? Et comme Yvan persiste dans son silence, le directeur lui demande pourquoi il ne répond pas. Alors, Yvan lui dit : Vous aves quelque chose à me demander et vous me laissez les menottes aux poignets. Tant que je serai menotté, je ne répondrai pas.&lt;br /&gt;Le directeur accède alors à cette demande. Dès qu'il est démenotté, Yvan dit : Je suis en prison mais je suis innocent, cela sera montré tôt ou tard. Quand j'affirme que je suis innocent, vous n'êtes pas obligé de me croire. Cependant, innocent ou coupable, je reste un homme. C'est pourquoi, j'entends être traité comme un homme. Si le personnel de la prison me respecte, je le respecterai à mon tour. S'il ne me respecte pas, je ne le respecterai pas.&lt;br /&gt;Banco ! s'exlame le directeur. Banco ! répond Yvan.&lt;br /&gt;A partir de là, les relations entre le prisonnier et le personnel pénitentiaire seront toujours très correctes. &lt;br /&gt;Autre qualité : &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;la maîtrise de soi.&lt;/span&gt; Une anecdote vaut mieux qu'un discours. &lt;br /&gt;Pendant qu'il est en cavale à Olmetu, un soir, il va au restaurant avec un accompagnateur. Dans ce restaurant, il y a une tablée de policiers qui fêtent je ne sais plus trop quel événement. Pendant que le compagnon d'Yvan leur parle pour détourner leur attention, Yvan s'installe tranquillement à une table près d'eux. Ils passeront la soirée côte à côte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si Yvan Colonna était l'assassin que certains prétendent, s'il s'était enfui parce qu'il avait perpétré un forfait, s'il avait nié sa participation alors que ses complices ont été arrêtés, ce qui le caractériserait, ce serait la brutalité, la lâcheté, la déloyauté, le cynisme. Cet homme-là n'aurait pas de scrupule. Pour lui, tout aurait été bon pour tromper le public et pour sauver sa peau.&lt;br /&gt;Cet homme-là aurait accepté sans regret l'exfiltration qui lui a été proposée à plusieurs reprises. Il se serait expatrié et aurait recommencé sa vie ailleurs. &lt;br /&gt;Cet homme-là aurait vu d'un bon oeil que des ouvrages soient écrits sur son affaire surtout s'ils plaidaient en sa faveur.&lt;br /&gt;Qu'en est-il en réalité ?&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Sur la brutalité&lt;/span&gt; : Yvan Colonna lit les poètes, notamment Nazim Hikmet, ce poète de la douceur et de l'amour mais qui a préféré passer une grande partie de sa vie en prison plutôt que de renoncer à ce qu'il croyait juste. Yvan, le Corse n'était même pas chasseur. Il a été secouriste et il a risqué sa vie pour tenter de sauver un nageur allemand imprudent. Il consacrait ses temps libres à aider les jeunes de son village qui jouaient au foot...&lt;br /&gt;S&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;ur la lâcheté&lt;/span&gt; : c'est une injure qui revient souvent (sur le thème : dénonce-toi si tu es un homme) dans la bouche de madame Erignac et dans celle de ses avocats. Comme si un innocent allait avouer qu'il est coupable pour le simple plaisir d'avoir l'air courageux ! De fait, la façon dont il a tenu tête à ses accusateurs, sa détermination inflexible sont tout ce qu'on voudra sauf de la lâcheté. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Sur la déloyauté et le cynisme&lt;/span&gt; : Tous ceux qui le connaissent parlent unanimement de qualités contraires.&lt;br /&gt;Mais l'auteur du roman qui donne les « clés de l'affaire Colonna » peut dire ici son expérience. Une quinzaine de journalistes et d'essayistes se sont proposés pour raconter cette affaire. Yvan Colonna leur a opposé une fin de non recevoir à tous. Malgré cela, quelques ouvrages sont parus, de tonalités et d'intentions diverses :&lt;br /&gt;Les Bergers, roman policier. J.P. Larminier. Ed. Albiana 2006&lt;br /&gt;Les dessous de l'affaire Colonna, enquête menée par deux journalistes : A. Albertini et F. Charpier&lt;br /&gt;Presses de la Cîté 2007&lt;br /&gt;Le Procès Colonna, B.D. Tignous et Paganelli. 12bis 2008&lt;br /&gt;Claude Erignac et Yvan Colonna : deux victimes pour une « affaire d'Etat ». J.P. Larminier. Ed. Jeanne d'Arc. 2008&lt;br /&gt;Le Roman de Ghjuvanni Stéphagèse, clés pour l'affaire Colonna, roman. R. Laurette. l'Harmattan 2009&lt;br /&gt;L'affaire Colonna, une bataille de presse. G. Amaté. Ed. Bayol 2009  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'agissant de mon roman qui est le seul des ouvrages parus construit sur la seule innocence de l'accusé,  Y. Colonna a rappelé publiquement (lettre à Corse-Matin) qu'il n'avait jamais donné son accord pour sa parution. Je me suis déjà expliqué ailleurs sur les péripéties qui ont marqué la genèse de ce roman. Je n'y reviendrai pas ici. La prise de position d'Yvan Colonna montre deux choses : &lt;br /&gt;- La pudeur extrême qui le caractérise et que j'ai déjà évoquée plus haut explique l'horreur éprouvée  quand on parle de lui (mais des milliers d'articles ont été écrits sur lui, la plupart étant bien peu bienveillants)&lt;br /&gt;- C'est un élément de plus pour témoigner de son innocence. Car il est bien évident que s'il était coupable et voulait nier cette culpabilité, Yvan aurait favorisé la diffusion d'un roman qui lui est si favorable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S. Elle montre aussi que ce roman n'est pas une oeuvre de commande. Mais pas plus qu'il n'a  rempli un contrat, l'écrivain n'a cédé devant quelque veto que ce soit. Il a fait, en toute indépendance,  ce qu'il croit juste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                  &lt;span style="font-style:italic;"&gt; à suivre... demain : VI – AUTRES QUESTIONS et CONCLUSION&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-6011901815262581657?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/6011901815262581657/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_24.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/6011901815262581657'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/6011901815262581657'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_24.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-816398331326449655</id><published>2010-05-20T13:42:00.000-07:00</published><updated>2010-05-20T13:55:18.865-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;suite 5&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IV - LES PISTES « OUBLIEES »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises dans les pages qui précèdent : tout se passe comme si on avait enquêté, instruit et jugé « à charge » et seulement « à charge ». Comme si on n'avait retenu que ce qui pouvait convaincre l'opinion de la culpabilité d'Yvan Colonna et faire donc admettre les verdicts infligés. J'ai bien dit l'opinion. Car pour ceux qui connaissent intimement le dossier, on ne voit pas comment ils pourraient croire une seconde à cette culpabilité. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;C'est en ce sens que l'affaire Colonna est une affaire d'Etat.  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Malgré les efforts des juges et des policiers les éléments à charge ne pèsent pas lourd. &lt;br /&gt;Il y avait si peu de choses dans ce plateau d'une possible culpabilité, qu'on a dû « négliger » voire escamoter, souvent au prix d'incroyables contorsions, toute une série de faits, de détails, de témoignages qui seraient allés tout naturellement dans le plateau de l'innocence.&lt;br /&gt;N.B. Deux questions qui n'ont que les apparences du bon sens mais ont fait des ravages dans l'opinion seront traitées dans un chapitre à part : pourquoi s'est-il enfui ? pourquoi ses copains l'ont-ils accusé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;1 – Des détails et des indices négligés&lt;/span&gt; :&lt;br /&gt;Rappelons-en quelques uns en vrac. &lt;br /&gt;- A Pietrosella, on a retrouvé une trace d'ADN sur l'un des morceaux de scotch qui ont servi à baillonner les gendarmes enlevés. Elle ne correspondait à aucun des membres connus du commando. Nul ne s'était avisé de chercher à qui d'autre elle pouvait appartenir. Me Simeoni, à la fin du premier procès, a demandé et obtenu qu'on vérifie au moins si c'était l'ADN d'Yvan Colonna.  Et non, vérification faite in extremis, ce n'était pas l'ADN d'Yvan Colonna. A qui d'autre, alors ? Cette question n'a pas intéressé les juges.&lt;br /&gt;- Après l'assassinat du préfet, un courrier de revendication a été posté le lundi 9 février à Borgo (près de Bastia). On a retrouvé une autre trace d'ADN sur l'une des enveloppes. Cette trace n'a jamais été exploitée.&lt;br /&gt;- Le lendemain de l'assassinat, le samedi 7 février, au moment où Yvan est censé être à Ajaccio chez les Ferrandi, Alain Ferrandi l'appelle chez sa compagne, Pierrette Serrerri. Pourquoi ? Indice jamais exploité. &lt;br /&gt;- Maranelli prétend que, l'après-midi de l'assassinat, il a conduit Yvan « à une adresse » dans Ajaccio. Là « quelqu'un » lui aurait remis l'arme du crime. Les enquêteurs n'ont pas cherché à en savoir davantage sur ce « quelqu'un » et cette « adresse ».&lt;br /&gt;- Le « scénario » de l'assassinat repose en grande partie sur ce que révèle l'enregistrement des communications par téléphone mobile (heure d'appel, durée de l'appel, numéro appelant, numéro appelé et borne téléphonique activée) sur la situation des uns et des autres. Pour la police, à telle heure, Ferrandi était à tel endroit, Maranelli à tel autre, etc. Ces indications ont été complétées par les révélations de Maranelli en garde à vue. Or, au cours du procès en appel, Me Simeoni qui a vérifié le dossier de la téléphonie est en mesure de prouver que ce dossier ne dit pas ce qu'on lui à fait dire sur l'emplacement des membres du commando à tel ou tel moment avant l'assassinat. C'était tout le scénario officiel qui s'effondrait. Ce coup de théâtre n'a entraîné aucune réaction de la part des juges de la cour d'assises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;2 - Des actes de procédure qui traînent les pied&lt;/span&gt;s :&lt;br /&gt;Rappelons pour mémoire la longueur des délais qui séparent le moment où Yvan demande à être confronté à ses accusateurs (ce qui est de droit) et le moment où il sera effectivement confronté. Il est arrêté le 4 juillet 2003. Il est confronté à ses accusateurs le 29 novembre 2005 : 29 mois plus tard !&lt;br /&gt;Octobre 2004 : Pierre Alessandri dans une lettre à la juge Le Vert s'accuse d'être le tueur. Un peu plus tard, pour preuve de sa bonne foi, il indique que le second revolver dérobé à Pietrosella n'a pas été jeté à la mer comme il l'avait affirmé et qu'il peut conduire à l'endroit où il est caché. Le juge Thiel, concerné par cette partie de l'enquête attendra le mois de février de l'année suivante pour procéder à la perquisition proposée. On trouvera effectivement l'arme à l'endroit annoncé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;3 – Des actes de procédure refusés&lt;/span&gt; :&lt;br /&gt;Ne revenons pas sur la reconstitution sur place maintes fois demandée par Yvan Colonna et ses avocats et toujours refusée. Indiquons en revanche que les témoins oculaires du crime n'ont jamais été confrontés ni à Ferrandi ni à Alessandri. &lt;br /&gt;Cédric Le Prévost est l'un de ces témoins oculaires. Il a vu, le soir du crime deux hommes « se poster » dans une rue adjacente. Il affirme être certain de ne pas reconnaître Yvan Colonna comme l'un de ces deux hommes. A Me Simeoni qui lui demande s'il a été confronté à Yvan Colonna, il répond : « non, jamais. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;4 – Des actes de procédure plus que suspects : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Un exemple. Chaque interrogatoire donne lieu à un procès-verbal signé par tous les participants. Les membres du commando affirment que les interrogatoires n'ont pas été étanches comme ils auraient dû l'être et que l'on a fait pression sur les uns à partir des supposées déclarations des autres. On constate que pour certains accusés, les procès-verbaux d'interrogatoire ne sont que des copiés-collés d'autres P.V correspondant à d'autres accusés. Identiques jusqu'aux fautes d'orthographe ! Si cela ne signifie pas une participation active de la police dans le contenu des déclarations, qu'est-ce que cela peut signifier d'autre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;5 – Cachez ces complices que je ne saurais voir &lt;/span&gt;:  &lt;br /&gt;Nous touchons là au point névralgique des défaillances de l'appareil judiciaire.&lt;br /&gt;Depuis l'arrestation des six membres du commando Erignac en mai 99 et la mise en cause d'Yvan Colonna, tout se passe comme si l'appareil antiterroriste ne voulait plus entendre parler d'autre chose : sept accusés et la coupe est pleine.&lt;br /&gt;Mais voilà :&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; la réalité et les témoins disent autre chose.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Dès l'assassinat, de nombreux témoins se présentent à la police pour faire état de faits ou de gens suspects ayant attiré leur attention dans le quartier du Kallistè avant et tout de suite après le meurtre. &lt;br /&gt;- Un témoin affirme avoir remarqué juste avant le crime un homme parlant dans un talkie-walkie et qui, se sentant découvert, est allé se cacher dans l'ombre. C'est le seul talkie-walkie dont il soit question ce soir-là. L'utilisation de cet appareil n'a de sens que si quelqu'un d'autre en a un aussi. Comme ce n'est pas l'un des membres connus du commando, il faut bien que ce soit quelqu'un d'extérieur. Quelqu'un qui sait parfaitement, lui, que les téléphones mobiles laissent des traces...&lt;br /&gt;D'autres témoins ont repéré d'autres personnes, à pied ou en voiture (une voiture rouge qui, après avoir attendu, moteur allumé, a suivi celle du préfet dès qu'il est arrivé dans le quartier ; une 205 blanche qui, à peine quelques instants après le forfait, démarre de façon si spectaculaire qu'un passant relève son numéro, un numéro qui se révèlera trafiqué, puis se fait remarquer encore par une conduite forcenée aux environs de l'aéroport). Si on additionne ces gens suspects, on arrive à une douzaine d'individus. Quand on se rend sur place, quand on voit la configuration du quartier, qu'on pense que les tueurs ne savaient pas par où le préfet allait arriver, on se dit qu'il fallait au moins deux équipes et des guetteurs pour être assuré de réussir l'attentat.&lt;br /&gt;- J'ai déjà évoqué le coup de théâtre de la déposition de Didier Vinolas au procès en appel. Cette déposition indique deux complices « dans la campagne » dont les noms n'auraient jamais été révélés.&lt;br /&gt;- Si on veut bien relire objectivement les dépositions des membres du commando au cours des procès en première instance puis en appel , on comprendra qu'ils font allusion à des complices non connus. Mais cela, personne n'a voulu le voir. On a préféré faire la part belle aux paroles amphigouriques d'Alain Ferrandi (« tu es un homme d'honneur. Si tu y avais été, tu l'aurais dit. Tu ne l'as pas dit, donc tu n'y étais pas ») qui ne signifiaient pas forcément ce qu'on a voulu leur faire dire. Ferrandi disculpe Yvan et lui rend même hommage. Mais il le fait à contrecoeur. Pas forcément pour les raisons qu'on a dites compte tenu de sa personnalité.&lt;br /&gt;-Quoi qu'il en soit, le même Ferrandi utilise des formules tout aussi sybillines mais finalement plus révélatrices et que personne n'a relevées : A propos du commando, il dit « je ne vous donnerai pas les noms ni qui a fait quoi », et encore « Yvan Colonna n'est pas celui qui faisait partie du groupe ».&lt;br /&gt; A Me Simeoni qui lui demande « Y a-t-il d'autres membres du commando non identifiés qui courent encore ? », Ottaviani répond de son côté : « c'est à la justice de le dire ». &lt;br /&gt;Toutes ces réponses n'ont de sens que si l'on admet qu'il y a des complices non identifiés. Des complices qui n'ont jamais été dénoncés par ceux qui ont été arrêtés. Et on voudrait nous faire croire que le commando accuserait Yvan par rancune parce qu'il ne se serait pas dénoncé et qu'il laisserait impunément courir les autres. Où est la logique ?&lt;br /&gt;Au procès en appel, les membres du commando sont encore plus explicites. Ferrandi, pressé de questions par Yvan finit par lâcher :  « Il est évident que des gens n'ont pas été arrêtés... » ou encore « Nous étions plus nombreux au sein du groupe ». De son côté, Versini reconnaît : « Il y avait d'autres gens sur l'action. Il fallait les protéger. Toi, tu étais en cavale... »&lt;br /&gt;Ce que dit Versini est très clair : il y a des complices qu'il fallait protéger. Comme Yvan était en cavale, il était provisoirement à l'abri. On pouvait donc le charger pour couvrir les autres.&lt;br /&gt;On verra plus loin ce que dit Pierre Alessandri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;CONCLUSION : &lt;br /&gt;On aura compris que les acteurs du système antiterroriste s'arc-boutent pour des raisons mystérieuses sur la culpabilité de Colonna quitte à tordre les faits, à commettre un déni de justice, à être sourds, aveugles à tout ce qui pourrait signifier autre chose. Dans ces conditions, toute dérive de procédure, tout manquement aux règles et aux principes du droit français et européen sont autant de preuves « en creux » de l'innocence d'Yvan Colonna.   On n'enquête pas sur tel indice, on ne procède pas à telle confrontation ou à la reconstitution, quitte à violer la loi, parce qu'on sait pertinemment que la thèse de la culpabilité en serait disqualifiée.  Quand un fonctionnaire, dans le cadre de ses fonctions, commet des actes contraires aux règles auxquelles il est normalement soumis, cela s'appelle une forfaiture. Le comportement des policiers et des magistrats qui ont conduit cette affaire amène à se demander s'ils ne tombent pas sous le coup de cette accusation.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;                                                     &lt;span style="font-style:italic;"&gt;  à suivre... demain : V - LA PERSONNALITE D'YVAN COLONNA&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-816398331326449655?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/816398331326449655/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_20.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/816398331326449655'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/816398331326449655'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_20.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-5193851398966600681</id><published>2010-05-19T15:20:00.000-07:00</published><updated>2010-05-19T15:27:22.293-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Suite 4&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;erratum (re) : il semble décidément que j'aie des difficultés avec l'orthographe du nom de Nicolas Sarkozy !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C – LES PROCES : &lt;br /&gt;Du 2 juin au 11 juillet 2003 a lieu le procès de ce qu'on a appelé le commando Erignac au terme duquel des peines lourdes ont été appliquées (de 15 ans à la perpétuité). Le 4 juillet, donc avant la fin, Yvan Colonna est arrêté à Olmetu. Puisqu'il était accusé d'être le tueur du préfet, la logique aurait voulu qu'il soit placé dans le même box que les autres accusés afin d'être jugé avec ses supposés complices. Et si son dossier n'était pas prêt, il suffisait de suspendre le temps nécessaire le procès en cours. Qu'on ne l'ait pas fait est significatif en soi. Pour en comprendre la portée, il faut se souvenir (voir plus haut) de la répugnance avec laquelle les juges d'instruction ont accepté d'organiser les confrontations avec ses accusateurs de la première heure qu'Yvan demandait. On ne voulait pas que ces hommes-là se rencontrent publiquement.  Pourquoi ? A l'évidence parce que cette confrontation aurait fait sauter en éclats l'image négative que les enquêteurs avaient donnée d'Yvan et que sa cavale avait contribué à renforcer.&lt;br /&gt;Le supposé membre principal du commando sera donc jugé à part. Quatre années plus tard ! Quatre années passées en prison préventive. Le procès aurait pu avoir lieu un an plus tôt, les dossiers étaient bouclés. Mais il est vrai qu'entre temps se déroulait une certaine campagne présidentielle... Allait-on risquer de la polluer avec ce procès ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le procès en première instance aura donc lieu du 12 novembre au 13 décembre 2007 devant une cour d'assises spécialement constituée (le jury est composé de 7 juges professionnels désignés et non de citoyens ordinaires tirés au sort). La Cour est présidée par Dominique Coujard.&lt;br /&gt;Auparavant, en mars 2007, se déroule le procès consécutif à la plainte d'Yvan Colonna contre Nicolas Sarkozy pour viol de la présomption d'innocence (rappelons qu'au soir de l'arrestation d'Yvan, N.sarkozy avait déclaré dans un meeting : « la police française vient d'arrêter l'assassin du préfet Erignac, Yvan Colonna). Au terme du procès, le plaignant est débouté. Les juges estiment que les propos de Nicolas Sarkozy « suscitent une impression certaine de culpabilité » mais qu'ils ne présentent pas Colonna comme l'auteur du crime. Sans commentaire.&lt;br /&gt;Le procès en appel se déroule, lui aussi, devant une cour d'assises spécialement constituée du 9 février au 27 mars. Il est présidé par Didier Wacogne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les deux procès où Yvan est l'accusé, les avocats généraux et les présidents de cour incarnent l'appareil judiciaire. Examinons-les.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 – LES AVOCATS GENERAUX : &lt;br /&gt;On ne leur reprochera pas d'avoir requis contre l'accusé : c'est leur fonction. Ils sont même là, au nom de la société, pour tenter de mettre en lumière ce qui fait tomber le prévenu sous le coup de la loi. Cela dit, voici quelques remarques et interrogations. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Au premier procès&lt;/span&gt;, on a pu noter l'absence de réaction des deux avocats généraux tout au long des débats. Ils n'ont quasiment jamais de question à poser. C'est au point que le président lui-même semble s'en étonner : dix jours après le début du procès, il les interpelle : « Le ministère public, toujours pas de question ? ». Ce silence pose problème dans la mesure où tout se passe comme si les débats n'avaient pas lieu, comme si la position des avocats généraux avait été établie &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;à l'avance&lt;/span&gt;. Dans leurs réquisitoires, ils parleront comme si rien n'avait été dit au cours des débats. Ainsi, par exemple, l'avocat général &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Yves Jannier&lt;/span&gt; dira-t-il dans son réquisitoire : « Monsieur Colonna, si vous n'avez rien à vous reprocher, pourquoi ne pas nous dire ce que vous faisiez les 5 et 6 février 1998 ? » C'est proprement incroyable : Yvan Colonna s'est expliqué avec précision sur son emploi du temps. On a vu qu'il y a de nombreux témoins pour le corroborer. Yves Jannier ne les a pas entendus. &lt;br /&gt;Il y a plus grave : Yves Jannier appuie son argumentation sur des contre-vérités. A propos du commando Erignac, il affirme le 12 décembre 2007 : « six de cette armée des ombres ont mis en cause le septième. Ils ont tous balancé Yvan Colonna ». Sur la réalité des accusations, qu'on relise ce que j'écris dans la rubrique « Accusations ». Bien sûr, l'avocat général préfèrerait, pour sa démonstration, qu'il y ait unanimité contre Yvan Colonna. Seulement, ce n'est pas le cas. Et ce détail n'est pas indifférent. Voilà pourquoi il éprouve le besoin de distordre la vérité.&lt;br /&gt;Ajoutons pour mémoire, mais en admettant que c'est de bonne guerre, qu'il fait comme si les assassins avérés étaient des êtres loyaux et fiables et l'accusé le dernier des pervers. Il fait mine de s'étonner qu'aucun des membres du commando ne se soit levé pour laver Yvan de l'accusation des autres (ce qui par parenthèse revient à admettre qu'ils ne l'ont pas tous accusé et que lui, l'avocat général, n'a pas dit la vérité quand il a prétendu le contraire). &lt;br /&gt;Un dernier mot sur Yves Jannier. Huit jours après le procès, il reçoit la promotion qu'il demandait : il est nommé à la tête  de la section antiterroriste du Parquet sur proposition de Rachida Dati, garde des sceaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Jean-Claude Kross&lt;/span&gt;. Il est l'un des deux avocats généraux du procès en appel. Quelques mois plus tard, prenant sa retraite, il publie ses mémoires. A cette occasion il est interviewé par Adrien Cadorel, un journaliste de Métro qui lui parle du procès Colonna et lui fait observer que le dossier ne contenait aucune preuve contre l'accusé. Réponse de Jean-Claude Kross, avocat général : « &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;C'est vrai. Mais j'avais l'intime conviction de sa culpabilité&lt;/span&gt; ». On peut, à l'extrême rigueur, admettre que les membres du jury se prononcent sur la base de leur intime conviction (encore que s'agissant de la peine maximale on puisse s'interroger sur le bien-fondé de ce fonctionnement) mais l'avocat général ? N'est-il pas là pour montrer que l'accusé est coupable ? S'il n'en a pas les moyens, comment peut-il requérir la peine maximale ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2 – LES PRESIDENTS DE COUR.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le Président Coujard&lt;/span&gt; préside la Cour d'Assises spécialement constituée. Il apparaît comme un homme courtois à l'égard de l'accusé. C'est bien, mais...&lt;br /&gt;On va s'apercevoir rapidement qu'il ne tient pas la balance égale entre la défense et l'accusation, loin de là. A aucun moment il ne pousse les enquêteurs dans leurs retranchements. A aucun moment, il ne leur demande les preuves qui fondent leurs accusations. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;A aucun moment il ne rappelle que c'est à l'accusation d'apporter la preuve de la culpabilité. En revanche, il demande à Y.Colonna de prouver son innocence&lt;/span&gt; : « il faut nous apporter des éléments », lui dit-il.&lt;br /&gt;A contrario, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;il s'efforce de jeter le discrédit sur les témoins à décharge&lt;/span&gt;. Le cas le plus grave concerne Paul Donzella, ce restaurateur de Cargèse qui affirme que Yvan Colonna dînait dans sa pizzeria le soir de l'attentat contre la gendarmerie de Pietrosella. C'est un témoignage capital. Car si Y. Colonna n'était pas à Pietrosella, on ne voit pas pourquoi il aurait été à Ajaccio pour tuer le préfet. Donzella à lui tout seul jette à terre toute la mécanique imaginée par l'accusation. Donzella passe à la fin du procès, tout à fait en fin de journée. Il a résisté aux banderilles de l'accusation et de la partie civile. C'est alors que le président Coujard laisse filer un fou rire qui va gagner progressivement la cour puis la salle. Cela va durer suffisamment de temps pour que, du témoignage de Donzella, on ne retienne que cet incident de séance et non pas le contenu. C'est proprement scandaleux et indigne d'un juge équitable. &lt;br /&gt;Mais faut-il s'en étonner ? Le président Coujard a déjà laissé paraître son parti-pris contre Y.Colonna. Dix jours avant la fin du procès, il dit à l'accusé : «  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Nous fondons notre intime conviction à partir de la raison&lt;/span&gt; ». Tout est à critiquer dans cette affirmation. Le «&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; nous&lt;/span&gt; » d'abord qui implique que le Président se sent appartenir au clan de l'accusation et n'est pas au-dessus des parties entre lesquelles il devrait tenir la balance égale. Ensuite, la « &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;raison&lt;/span&gt; » invoquée montre qu'il s'agit bien de raisonnements qui ont servi à échafauder une théorie et non pas d'une réalité objective étayée par des faits. Il en fait d'ailleurs à plusieurs reprises l'aveu involontaire en utilisant le terme de « scénario » qui évoque  bien une fiction. « &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'intime conviction »&lt;/span&gt;, enfin. Dix jours avant la fin du procès, le président avoue avoir une intime conviction défavorable à l'accusé. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Comment pourrait-il donc avoir une attitude équitable ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;On ne s'étonnera pas dès lors de son refus de procéder à la reconstitution demandée par la défense. Mais comme c'est un homme habile, il biaise : il va accepter un transport sur place qui ne montrera rien du tout et pour cause. &lt;br /&gt;Ici, une remarque à propos du refus de la reconstitution. On le justifie en général par le refus des membres du commando d'y participer. Ce n'est une bonne raison qu'en apparence. D'abord parce que ce refus ne concerne que les deux protagonistes du crime : Ferrandi et Alessandri (les autres complices ne sont pas sur place) et qu'en fin du procès en appel Alessandri a levé son opposition. Ensuite et surtout parce qu'en pareil cas, on fait intervenir des gens qui se mettent à la place des accusés (voir à ce sujet les propos du juge Bruguière). En l'occurence, cela aurait largement suffi pour montrer que le scénario (justement !) de l'accusation ne tient pas debout. N'importe qui, sur les lieux du crime, peut comprendre qu'un attentat de cette importance ne peut pas avoir été le fait de deux ou de trois hommes. Si on avait convoqué les très nombreux témoins qui ont vu des choses et des gens suspects le soir du drame, on aurait compris que le scénario de la police est inepte. On aurait compris qu'il y avait bien plus de complices sur place (voir plus loin) que l'accusation ne veut le reconnaître. Voilà la véritable raison pour laquelle il fallait à tout prix refuser la reconstitution. Le Président Coujard a accepté de jouer ce jeu-là.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le Président Wacogne&lt;/span&gt; : La présidence de Didier Wacogne a été si grossièrement scandaleuse et partiale que le parquet s'en est ému : quelques jours après le procès, on apprenait que le magistrat ne présiderait plus de cour d'assises. En attendant il avait tout de même accompli le travail pour lequel il avait été nommé par le premier président de la cour d'appel, lui-même nommé par le président de la République.&lt;br /&gt;Les coups de théâtre du procès en appel étant encore dans les mémoires, on se contenera de rappeler ici les principaux reproches que l'on peut adresser au président.&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;il ne communique pas à la défense toutes les informations qu'il possède&lt;/span&gt;. Ainsi, il ne révèlera que le 27 février le refus du commandant Lebbos de venir à la barre des témoins. Il devait être entendu le 4 mars. Lebbos est un témoin capital pour juger de la façon dont l 'enquête a été conduite (voir plus haut). Il a fourni un certificat médical daté du 4 février (5 jours avant le début du procès). &lt;br /&gt;De son côté, Didier Vinolas (ancien secrétaire général de la préfecture d'Ajaccio au moment de l'assassinat) dont l'audition va créer un véritable choc, avait fait savoir au président Wacogne, dès la fin janvier, qu'il comptait faire des révélations importantes. Le président garde l'information pour lui. Il prétendra ne pas avoir lu son courrier.&lt;br /&gt;Ces rétentions d'information sont de nature à gêner le travail de la défense.&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les refus du président&lt;/span&gt; :&lt;br /&gt;Refus de renvoyer le procès malgré le choc des révélations de Vinolas.&lt;br /&gt;Refus de nouvelles investigations sur les deux complices « dans la nature » désignés par ces révélations au prétexte que les deux personnes étaient déjà connues des enquêteurs et qu'elles n'étaient pas intéressantes. Pas intéressantes, en effet ! Qu'on en juge. On avait découvert chez l'un des vêtements de gendarmerie dérobés à la gendarmerie de Pietrosella. Et l'autre était propriétaire d'une 205 blanche semblable à cette voiture qui, garée tout près du lieu du crime, a démarré en trombe dès l'attentat commis...&lt;br /&gt;Refus d'ordonner un supplément d'enquête.&lt;br /&gt;Refus d'organiser la reconstitution devenue pourtant si nécessaire au dévoilement de la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On évoquera pour mémoire quelques comportements étranges. A Joseph Colombani (voir le chapitre sur les témoins), il lance un méprisant « Vous vous présentez donc comme le témoin idéal ». Au moment où Maranelli va craquer sous le feu des questions des avocats, le président intervient pour qu'on change de sujet. Il n'a aucune question à poser à Marie-Ange Contart qui a pourtant vu l'assassin à deux mètres. En revanche il accable de questions au autre témoin qui n'a rien vu.&lt;br /&gt;Il n'a rien à dire non plus à Me Simeoni qui prouve en audience que tout ce qui a été dit sur le dossier de la téléphonie était erroné. Un président de cour soucieux de vérité aurait convoqué des experts, ordonné un supplément d'enquête... Didier Wacogne, lui, passe à une autre question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                             à suivre... Demain : IV – DES PISTES ECARTEES&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-5193851398966600681?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/5193851398966600681/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_19.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/5193851398966600681'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/5193851398966600681'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_19.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-762903521303710537</id><published>2010-05-18T14:39:00.000-07:00</published><updated>2010-05-18T14:50:45.312-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;suite 3&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;(errata : bien entendu dans les textes déjà publiés, il fallait lire Sarkosy et non pas Sarkosi, et voyous plutôt que voyoux !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;B – L'INSTRUCTION : &lt;br /&gt;Curieusement, le dossier de l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella et celui de l'assassinat du préfet Erignac sont dissociés alors qu'il apparaît très rapidement qu'il s'agit d'une seule et même affaire. Ils sont confiés à deux juges différents : les juges Laurence Le Vert (pour l'assassinat) et Gilbert Thiel (pour Pietrosella). Ils sont chapeautés par Jean-Louis Bruguière. Dans ce club de trois personnes, des sentiments d'inimitié de notoriété publique ne favorisent pas la coopération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;1 – Le juge Jean-Louis BRUGUIERE&lt;/span&gt; : ses activités de juge antiterroriste l'ont souvent mis sous le feu des projecteurs. Aujourd'hui, on reparle de lui à propos de l'attentat de Karachi. En 2007, il est candidat à la députation (sous la bannière UMP). Il a donc été contraint de quitter ses fonctions de magistrat. Le juge Marc Trévidic a repris en charge le dossier de cet attentat qui a coûté la vie à onze ingénieurs français de la DCN. Il donne une orientation totalement nouvelle à l'enquête. Des témoignages nouveaux apparaissent, des révélations montreraient que l'attentat de 2002 aurait été le fait non pas d'Al-Qaïda comme  on l'a prétendu jusque-là, mais de l'armée pakistanaise. Il s'agirait d'une histoire de rétrocommissions qui compromettrait notamment Edouard Balladur, François Léotard et même Nicolas Sarkozy. Si ces accusations sont fondées, si les journalistes qui ont enquêté ont raison, dès 2002, les responsables politiques auraient su à quoi s'en tenir. Cela n'aurait pas empêché le juge Bruguière pourtant informé de l'existence de cette piste, de continuer à n'enquêter, sérieux comme un pape, que sur la seule piste Al-Qaïda.&lt;br /&gt;De la même façon, le même juge Bruguière est soupçonné d'avoir enquêté uniquement sur la piste islamiste dans l'affaire de l'assassinat des moines de Tibéhirine. L'avocat des proches des moines (Me Baudoin) l'accuse d'avoir soigneusement écarté les témoignages qui n'allaient pas dans le sens de la « vérité officielle » (par exemple celui du général Buchwalter attaché militaire à l'ambassade de France d'Alger). Il apparaît de plus en plus aujourd'hui que l'armée algérienne serait impliquée dans ce drame. &lt;br /&gt;Il y a donc lieu de s'inquiéter sur la fiabilité du juge Bruguière.  Mais il faut ajouter à tout cela que le dossier établi par le même juge sur le génocide du Rwanda s'effondre peu à peu.  Une fois encore il s'enfermait dans la ligne officielle du pouvoir politique français soucieux d'escamoter son rôle dans cette tragédie. On finit par se dire que ce sont des soupçons précis, réitérés et concordants qui pèsent sur le même juge. Si ces soupçons étaient fondés, Jean-Louis Bruguière serait&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; le juge de la complaisance à l'égard de la raison d'Etat.&lt;/span&gt; Un juge qui accepterait de s'enfermer pendant des années dans des pistes dont il saurait pourtant depuis le départ qu'elles sont des impasses.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Cela jette une ombre certaine sur sa crédibilité en ce qui concerne son attitude dans l'affaire Colonna.&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;Pour ajouter à cette suspicion de manquements à la déontologie du magistrat, rappelons deux points qui ont marqué son passage à la barre au cours du procès en première instance :&lt;br /&gt;   - J.L.Bruguière est interrogé par Me Sollacaro et Me Simeoni au sujet de l'absence de reconstitution. Il rappelle à juste titre qu'une reconstitution a eu lieu sur les lieux du crime quelques semaines après celui-ci avec les témoins volontaires mais en l'absence des criminels qui ne seront connus que plus d'un an plus tard. Une seconde reconstitution est prévue après l'arrestation du commando Erignac (mai 99). Celle-ci est annulée parce que les accusés ont refusé d'y participer.&lt;br /&gt;Question de Me Sollacaro : Pourquoi ne pas avoir fait jouer leur rôle par des figurants ?&lt;br /&gt;Réponse du juge Bruguière : Parce que nous avons été pris de court.&lt;br /&gt;Il ne dit pas pourquoi ils ne l'ont pas fait par la suite. Ils en auraient eu largement le temps, le procès du commando n'ayant eu lieu qu'en 2003.&lt;br /&gt;      - Il évoque l'audition de Jeanne Ferrandi le 24 mai 1999. A cette date, elle a parlé et accusé notamment Yvan Colonna. Elle n'est donc plus en garde à vue.  Le juge la reçoit dans son bureau de la galerie Saint-Eloi. Il se dit touché par l'émotion de cette femme dont la vie vient de basculer... Très bien.&lt;br /&gt;Mais on remarque alors que ce 24 mai 99 où il reçoit Jeanne Ferrandi, libre, est le lundi de Pentecôte. On se dit que l'audition ne risque pas d'être dérangée par des témoins. Me Simeoni demande à J.L.Bruguière si Jeanne Ferrandi était accompagnée de son avocat. Bien sûr, répond le juge. Et c'était, insiste l'avocat ?... C'était Maître..., commence le juge. Mais il est bien incapable de donner un nom. &lt;br /&gt;Donc, un lundi de Pentecôte, à un moment où il n'y a personne dans la galerie Saint-Eloi, le juge Bruguière s'entretient apparemment en tête à tête avec un témoin important de l'accusation après qu'il a parlé et qu'il a été relâché. Pourquoi ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;2 – Le juge Gilbert THIEL&lt;/span&gt; : Il passe pour l'esprit indocile de la section antiterroriste du parquet. C'est tout à son honneur. Et il est vrai qu'il a fait preuve d'une belle ténacité dans un certain nombre d'affaires. Mais il est arrivé aussi que cette ténacité le conduise à des dérapages. Il lui aura fallu trois ans pour s'apercevoir qu'il s'était fait manipuler par deux de ses collègues italiens. Il a ainsi déployé des moyens d'enquête considérables contre trois militants du nouveau PCI vivant en France. Le député PS André Vallini, qui a présidé la commission d'enquête parlementaire à propos de l'affaire d'Outreau a dit du juge Thiel qu'il a couru après « l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ».&lt;br /&gt;Il arrive donc au juge Thiel de se faire « instrumentaliser » selon l'expression du Syndicat de la Magistrature. Cela ne lui enlève en rien ses certitudes et la passion de les faire prévaloir. Un témoin décisif ( Paul Donzella) vient-il  affirmer qu'Yvan Colonna ne pouvait pas participer à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, le 6 septembre 97, puisqu'il mangeait une pizza avec son fils ce soir-là dans son restaurant, aussitôt le juge l'accuse de faux-témoignage obtenu par une concertation téléphonique avec les avocats (Me Sollacaro) par l'intermédiaire de la famille (Stéphane Colonna). Cette concertation a bien eu lieu. Mais &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;après&lt;/span&gt; la déposition de Donzella. Les accusations du juge vont d'ailleurs amener les avocats à porter plainte pour diffamation. Pourquoi le juge ne publie-t-il pas les dates exactes des entretiens téléphoniques incriminés ? Et leur contenu puisque le téléphone de Stéphane Colonna était sur écoutes ? Et pourquoi ne poursuit-il pas Donzella pour faux-témoignage ?&lt;br /&gt;J'ai déjà évoqué les raisons qui lui ont fait retirer l'enquête à la gendarmerie. Le moins qu'on puisse en conclure, c'est une susceptibilité étonnante. &lt;br /&gt;Cette susceptibilité, on la retrouve dans la façon dont il a traité Patrizia Gattaceca. La chanteuse qui mène une carrière internationale a admis avoir hébergé Yvan Colonna pendant sa cavale. Elle est mise en examen. Admettons. Elle est assignée à résidence. Que craint-on ? Qu'elle se réfugie au Pakistan ? Elle fait valoir que son métier d'artiste la conduit à se produire à l'étranger er que son métier d'universitaire demande qu'elle puisse participer à des conférences ailleurs qu'en Corse. Le juge l'assure qu'il examinera avec bienveillance (il y aurait beaucoup à dire sur le rôle que s'attribue celui qui peut décider avec bienveillance) les demandes de sortie de l'île. Mais voilà que, dans la presse, elle explique en vertu de quelles lois de l'hospitalité elle a hébergé Yvan et pourquoi elle le referait si c'était à refaire. Aussitôt le juge prend la mouche. ( Il se veut l'esprit indépendant mais il n'aime pas l'indépendance des autres : on lui conseillera de relire Antigone) Il assigne donc l'effrontée à résidence en Corse sans exception. Et, pour faire bonne mesure, le fils de Patrizia, lui, est assigné à résidence sur le continent. Sans commentaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;3 – La juge Laurence LE VERT&lt;/span&gt; :  Elle non plus n'est pas très regardante sur les moyens : elle n'hésitera pas à faire mettre sur écoutes un journaliste de l'Est Républicain trop bien informé du déroulement de l'instruction. &lt;br /&gt;On verra un peu plus loin la façon dont Yvan Colonna a été traité par les deux juges d'instruction.&lt;br /&gt;Ce qui est particulièrement grave, c'est le refus réitéré de la juge de verser au dossier les rapports d'écoutes téléphoniques et de filatures favorables à l'accusé. Constatons que le Président de la Chambre d'instruction saisi par les avocats a, lui aussi, refusé de transmettre la demande à l'instance qu'il préside.&lt;br /&gt;Tout aussi scandaleux est le refus, pendant deux ans, de confronter l'accusé à ses accusateurs. La confrontation est un droit que la juge viole donc allègrement.&lt;br /&gt;Notons toujours qu'elle ne reçoit le père de l'accusé que deux ans après l'arrestation. Et n'allons pas imaginer que ce soit pour l'interroger sur l'emploi du temps d'Yvan au soir du 6 février 98. Elle cherche à le prendre en défaut sur la question de savoir s'il a eu ou non des nouvelles de son fils pendant sa cavale. Pour cela, elle cite le beau-frère d'Yvan et elle tronque la citation pour lui faire dire autre chose que ce qu'elle dit. Cet épisode peu glorieux pour la juge est évoqué de façon détaillée dans LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE.&lt;br /&gt;En conclusion, elle s'efforce tout au long de l'instruction, d'escamoter tout ce qui pourrait plaider en faveur de l'accusé. Ce n'est pas une attitude dictée par une grande rectitude intellectuelle. Tant de partialité ne prouve pas non plus  une grande confiance dans le dosier d'accusation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Des méthodes inacceptables en démocratie:&lt;/span&gt; On peut admettre que les affaires de terrorisme appellent une lutte déterminée.&lt;br /&gt;Cela ne fera pas admettre pour autant ce qui semble se dégager du comportement des juges dans cette affaire.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'instruction a été anormalement coercitive. Tout se passe comme si la détention provisoire était un commencement&lt;/span&gt; d'application de la peine avant même tout procès.&lt;br /&gt;Qu'on en juge. Arrêté le 4 juillet 2003, Yvan Colonna est mis à l'isolement total pendant plus d'un an. Cela signifie qu'il ne voit personne même pas les autres détenus, qu'il reste enfermé dans sa cellule 23 heures sur 24, que pendant une heure il peut marcher dans un couloir de béton de huit mètres de long et recouvert d'un grillage. &lt;br /&gt;Il faudra plus d'un an pour qu'il puisse voir ses parents. Les lettres qui lui sont envoyées mettent entre plusieurs semaines et plusieurs mois pour lui parvenir. &lt;br /&gt;Le 10 mars 2005 il est sorti de sa prison pour « bénéficier » de la première confrontation qui lui soit accordée. Elle concerne l'affaire de Pietrosella. Tout le temps (plusieurs heures) qui va du moment où il quitte sa cellule à celui où il entre dans le bureau du juge Thiel, il est menotté dans le dos, il porte un gilet pare-balles et une gagoule, on lui a mis des lunettes opaques qui l'aveuglent. Peut-on s'interroger sur les motivations et les buts de ceux qui ont recours à de pareilles méthodes ? Dans le cas d'espèce, il s'agit à l'évidence de « punir » celui qui s'est entêté à demander ce qu'on lui refusait. Et surtout de l'affaiblir nerveusement et psychologiquement avant une audition importante pour sa défense.  &lt;br /&gt;Le devoir du juge est d'instruire à charge et à décharge. Dans l'affaire Colonna, le postulat de la culpabilité éclaire tous les actes de la procédure. On a systématiquement écarté ce qui pouvait lui être favorable et jeter le doute sur sa culpabilité. On a fait disparaître des pièces. On a systématiquement interprété les faits (parce que c'est très souvent une question d'interprétation) dans le sens de la culpabilité ; on a ignoré de nombreux témoignages et des pièces à conviction (j'y reviendrai). &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Cette instruction n'a pas été équitable.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Comment comprendre cela ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Si on est optimiste, on s'en tiendra à la formulation de la commission d'enquête parlementaire de 99. Elle parle, au sujet des juges en question d' « egos surdimensionnés ». C'est une vision des choses. Elle a le mérite d'expliquer les luttes d'influences, les combats pour des préséances dérisoires, des haines farouches. Elle explique aussi un goût du pouvoir qui conduit à vouloir briser celui qui est à votre merci, à considérer toute réaction de dignité comme un crime de lèse-majesté là où la déontologie demanderait beaucoup d'humilité, d'humanité, de sang-froid et d'impartialité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on est pessimiste, on s'interrogera sur les perversions psychologiques auxquelles le hasard des carrières aura donné l'occasion de s'épanouir, et/ou on s'inquiétera des dérives serviles à l'égard des puissants...&lt;br /&gt;Version optimiste et version pessimiste ne sont d'ailleurs pas forcément exclusives l'une de l'autre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                            &lt;span style="font-style:italic;"&gt;à suivre... Demain : « C – LES PROCES »&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-762903521303710537?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/762903521303710537/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_18.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/762903521303710537'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/762903521303710537'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_18.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-8013510547600790332</id><published>2010-05-17T09:42:00.000-07:00</published><updated>2010-05-17T09:50:12.909-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;suite 2&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III - LES ACTEURS DE L'AFFAIRE COLONNA&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on veut que les deux verdicts qui ont condamné Yvan Colonna à la perpétuité soient irrécusables, il faut que les gens qui ont mené l'enquête, l'instruction et les procès soient au-dessus de tout soupçon. On va voir que c'est loin d'être le cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A – L'ENQUÊTE :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt; 1/ La cheville ouvrière de l'enquête et des interrogatoires est le commandant Lebbos.&lt;/span&gt; Un grand honnête homme ! Les avocats de la défense ont pu rappeler que : &lt;br /&gt;Il battait sa femme. Elle le quitte sans laisser d'adresse. Au nom de la procédure Erignac, il signe une réquisition enjoignant à France-Télécom de retrouver ses coordonnées téléphoniques. Il signe la réquisition du nom de son subordonné (Franck Azaïs) en vacances. C'est donc un faux et un détournement de procédure au profit d'une affaire privée.&lt;br /&gt;Il remarque une jeune femme qu'il trouve à son goût, Martine Mimaud. Il signe une nouvelle réquisition toujours au nom de Franck Azaïs pour avoir son adresse. La procédure Erignac est détournée au profit d'une histoire de fesses. Azaïs s'aperçoit que son nom a été utilisé à son insu. Il se plaint auprès de sa hiérarchie. Résultat : c'est lui qui est mis au placard !&lt;br /&gt;Lebbos est pris en flagrant délit de vol au BHV.&lt;br /&gt;La condamnation de Castela et Andriuzzi est annulée en appel parce que leurs avocats ont pu montrer qu'elle  reposait sur un PV antidaté rédigé par Lebbos.&lt;br /&gt;Décembre 2007, Lebbos est condamné à 6 mois de prison avec sursis.&lt;br /&gt;2009 : procès en appel. Devant la perspective d'être « cuisiné » à nouveau à la barre, le hardi gardien de la loi préfère se faire porter pâle. Avant l'ouverture du procès, il envoie un certificat médical au Président Wacogne rédigé par un psychologue. Serait-il en déprime ? Les remords auraient-ils affaibli sa résistance ? Mais le déroulement du procès conduit Yvan Colonna à faire le choix de récuser ses avocats et de quitter la salle d'audience. Dès lors les séances se déroulent et ronronnent entre gens de bonne compagnie. Voilà le commandant Lebbos qui retrouve miraculeusement sa santé psychique et il vient, frais comme l'oeil, assurer à la barre qu'il a toujours respecté la déontologie du policier. Il n'y a plus personne pour lui poser les questions qui fâchent. Surtout pas le Président Wacogne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;2/ Très rapidement, l'enquête est confiée à la DNAT dirigée par Roger Marion.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Dès le soir de l'assassinat, c'est le SRPJ d'Ajaccio dirigé par &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;le commissaire Démétrius Dragacci&lt;/span&gt; qui opère. &lt;br /&gt;Dragacci commet quelques erreurs techniques regrettables (Dès 23h, il fait laver à grande eau le trottoir où le préfet est tombé à 21h05 ; il ne fait pas enclore un espace de sécurité assez grand si bien que les 400 spectateurs du concert auquel se rendait le préfet piétinent la rue et les trottoirs en sortant du Kallistè, faisant sans doute disparaître des indices précieux ; il ne fait pas relever les numéros d'immatriculation des voitures dans un périmètre suffisant, si bien qu'on va perdre par exemple la trace d'une fourgonnette suspecte garée devant le Kallistè depuis la fin de l'après midi et qui disparaîtra ensuite : on sait que dans des opérations de cette envergure il y a toujours des complices en planque dans des véhicules banalisés)...&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; Mais Dragacci a deux intuitions majeures dont l'histoire montrera à quel point elles étaient judicieuses. &lt;/span&gt;Si on lui avait laissé finir son travail le commando Erignac aurait été arrêté bien plus tôt. Dragacci estime en effet tout de suite que cet assassinat est le fait d'un commando nationaliste à la dérive. Par ailleurs, il comprend que ses membres forcément disséminés dans le quartier ou même la ville ont communiqué entre eux. Ils n'ont pu le faire qu'à l'aide de téléphones portables. Il fait donc relever (« vitrifier ») le soir même tous les appels téléphoniques enregistrés par les bornes téléphoniques d'Ajaccio entre 20h et 21h30.  Ce dossier ne sera exploité qu'environ dix mois plus tard. Or c'est lui qui permettra de confondre les coupables.&lt;br /&gt;Mais Roger Marion obtient du ministre de l'Intérieur de l'époque, Jean-Pierre Chevènement, que l'enquête soit confiée au service qu'il dirige, la Direction Nationale Antiterroriste, la DNAT. Chevènement bien mal inspiré, mais il est vrai que sur cette affaire il  accumulera les erreurs ( la nomination du Préfet Bonnet entre autres, l'homme des paillottes), liquidera Dragacci et nommera le chef d'un service mis en place par Charles Pasqua en 1986 et dont les accointances politiques sont parfaitement limpides (il suffit de voir les carrières politiques d'un grand nombre de membres des structures antiterroristes).&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le premier soin de Roger Marion est de faire table rase du travail de Dragacci. &lt;/span&gt;Ce qui donne l'occasion de dire combien toute cette affaire - et donc le déroulement de l'enquête - a été polluée par les rivalités entre services (ainsi par exemple, Roger Marion se débrouillera pour faire dessaisir la gendarmerie de l'enquête sur l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella. Pour cela il mettra sous les yeux du juge chargé de l'instruction de cette affaire, le juge Thiel, un mot un peu critique du colonel Mazères. Résultat, le juge Thiel chargé d'instruire l'attentat de Pietrosella dessaisit la gendarmerie au profit de la DNAT. Pourquoi le fait-il ? Parce que le colonel Mazères le trouve un peu mou ? Si c'est la bonne explication, il faut en déduire que le juge Thiel fait passer les questions d'amour-propre avant l'intérêt du service. Ou  bien le fait-il parce que la gendarmerie enquête à ce moment-là sur ce qu'on appelle les réseaux Pasqua et leur implication dans l'attentat de Pietrosella ? On comprendra que si c'était cela la bonne explication, elle serait infiniment plus grave que la précédente).&lt;br /&gt;Roger Marion, donc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PISTES ET LEURRES SUCCESSIFS :&lt;br /&gt;Il va se lancer d'abord sur ce qu'on appellera « la piste agricole ». Pourquoi ? Les diverses opérations qui préparent l'assassinat du préfet Erignac vont de l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, le 6 septembre 1997, à l'attentat de la rue Colonnel Colonna d'Ornano le 6 février 1998 en passant par des attentats à l'explosif à Strasbourg ou à Vichy. Elles ont été revendiquées par  deux séries principales de communiqués. La première est composée de déclarations non signées (c'est la raison pour laquelle on parlera du « commando sans nom » ou « des anonymes ») mais dont l'authenticité ne fait pas de doute puisque chacune d'elles comporte des détails connus des seuls enquêteurs et des auteurs des attentats. La seconde est composée de déclarations signées Sanpieru. Le but évident de ces communications est de faire porter les soupçons sur un militant nationaliste du syndicalisme agricole corse : Marcel Lorenzoni. La manoeuvre est tellement grossière qu'elle crève les yeux. Cela n'empêchera pas Roger Marion de faire immédiatement arrêter Lorenzoni, et, à la suite, plusieurs centaines de militants nationalistes du monde agricole. Beaucoup d'entre eux seront gardés plusieurs mois en préventive. Pour être finalement tous relâchés : &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;la fameuse piste agricole s'est révélée comme un leurre tendu pour égarer l'enquête&lt;/span&gt;, un leurre dans lequel le « fin limier », le « premier flic de France » a foncé tête baissée. Après quoi, notre superflic a foncé sur la « piste des intellectuels » : Jean Castela et Vincent Andriuzzi, professeurs en Haute Corse. On a vu plus haut qu'ils ont été relaxés en appel. Deuxième fausse piste donc. Deuxième grave erreur de Roger Marion, l'homme qui fonce dans tous les leurres. Mais la piste Colonna, cette fois, promis, juré, c'est la bonne, ce n'est pas un troisième leurre mis là pour éviter de chercher les vrais coupables !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;COUPS TORDUS :&lt;br /&gt;Au procès de première instance, Marion déclarera devant la Cour à propos d'Yvan Colonna : « Ce sont les déclarations concordantes qui le désignent ». On a vu plus haut ce qu'il fallait penser de cette concordance. Il ajoute : « Les aveux du commando sont sincères, vérifiés et corroborés par des détails de l'enquête ». Quels détails ? Nous n'en saurons jamais rien. Certainement pas en tout cas le rapport du RAID sur la filature et les écoutes téléphoniques dont Yvan Colonna a été l'objet pendant plusieurs mois. Ce rapport est déclaré disparu. (Il ne reparaîtra qu'à la fin du procès en appel quand l'accusé et ses avocats auront quitté le prétoire). On y reviendra plus loin. Ce rapport prouve deux choses : &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;pendant plusieurs mois, Yvan Colonna vit comme un homme qui n'a rien à se reprocher&lt;/span&gt; car on pense bien que si la filature et les écoutes avaient révélé la moindre chose supecte, cela aurait été surexploité par les enquêteurs. Peut-on imaginer que s'il avait été coupable, sur plusieurs mois, il ne se serait jamais trahi si peu que ce soit ? Ce vide est lui est donc tout à fait favorable. Voilà pourquoi on  fait disparaître le rapport. Celui-ci prouve autre chose : &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;la DNAT a menti quand elle a prétendu que le nom d'Yvan Colonna lui était inconnu &lt;/span&gt;avant que Maranelli ne l'évoque pour la première fois en garde à vue. Ce mensonge (corroboré par le livre de Amaury de Hauteclocque, chef du Raid, paru en 2009) laisse penser qu'en garde à vue, le nom d'Yvan Colonna était « dans les tuyaux », comme on dit, et a bien été soufflé aux membres du commando comme ceux-ci l'affirment. Pourquoi mentir, sinon ?&lt;br /&gt;Il est vrai qu'&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;un autre détail de l'enquête a de quoi surprendre&lt;/span&gt; : Mathieu Filidori est l'un des responsables du syndicat agricole corse. Il a été arrêté et placé en garde à vue puis en détention provisoire. La police va retrouver dans sa propriété des bâtons de dynamite. C'est fâcheux pour lui. Mais voilà, cette dynamite est cachée dans un sac plastique provenant d'une grande surface qui n'existe pas sur l'île. Un témoin certifie que les hommes de Roger Marion ont caché eux-mêmes ces explosifs pour compromettre Filidori. Si c'est vrai, en voilà des méthodes de voyoux !&lt;br /&gt;Roger Marion a été convoqué par Claude Guéant à l'Elysée quelques jours avant le procès. Mais on va nous affirmer -sans rire – que Marion avait demandé à rencontrer le secrétaire général de l'Elysée parce qu'il avait reçu des menaces « avec l'accent corse » sur son portable. Comme c'est crédible ! Vous êtes flic, vous recevez des menaces et votre première réaction est d'aller vous plaindre à l'Elysée. Qui peut croire une chose pareille ? D'autres sources prétendent que Roger Marion rendu amer par sa fin de carrière avait menacé de ne pas être très affirmatif sur la culpabilité de Colonna. C'est là que l'Elysée qui semble beaucoup tenir à cette culpabilité aurait convoqué et convaincu Marion de rester dans le bon chemin. Celui qui allait lui permettre de partir à la retraite avec le titre de préfet ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AU BOUT D'UNE ENQUÊTE INTERMINABLE ET QUI A MOBILISE DES MOYENS CONSIDERABLES, QUE RESTE-T-IL DONC ? Beaucoup d'erreurs, de dysfonctionnements et de ratés qui disent crûment ce qu'il faut penser de l'assurance et de la morgue avec lesquelles certains responsables policiers viennent témoigner à la barre ou parader dans des conférences de presse. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Mais surtout, aucune preuve d'aucune sorte&lt;/span&gt;. Et, on le verra plus loin, bien des pistes inexplorées.  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ceci explique le recours systématique et pitoyable de la part de Roger Marion, entre autres, à l'intime conviction.&lt;/span&gt; Je rappelle que le citoyen et le contribuable n'ont que faire de l'intime conviction du policier qui affirme : « cet homme est coupable !». Le policier est payé pour apporter des preuves, pas pour tartiner ses sentiments personnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                     &lt;span style="font-style:italic;"&gt;A suivre... Demain : « B - L'INSTRUCTION »&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-8013510547600790332?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/8013510547600790332/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_17.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/8013510547600790332'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/8013510547600790332'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_17.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-7624133799434448431</id><published>2010-05-16T10:51:00.000-07:00</published><updated>2010-05-16T10:57:04.824-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Suite 1&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II - LES TEMOIGNAGES&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Aucun témoignage à charge contre Yvan Colonna ne tient, donc. En revanche, tous les autres lui sont entièrement favorables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 – Les témoins oculaires du crime : &lt;br /&gt;     Beaucoup de témoins ont remarqué quelque chose de suspect, le soir du 6 février 98 aux alentours du théâtre du Kallistè où avait lieu le concert auquel se rendait le préfet. Tous ces témoins ne parlent que de deux hommes à côté de Claude Erignac au moment de l'assassinat. Or, pour étayer leur accusation contre Yvan Colonna, les policiers ont besoin de trois hommes. C'est pourquoi ils survalorisent le seul témoignage qui parle de trois hommes, celui de Joseph Arrighi. Ce retraité des Renseignements Généraux rentre chez lui en marchant le long du cours Napoléon. De là où il est, il a entendu les coups de feu mais les pâtés de maisons l'ont empêché de voir l'assassinat. Il continue de marcher. Au niveau de la manufacture des tabacs, il est dépassé par deux hommes qui trottinent et qui sont rattrapés par un troisième. Bien évidemment ce témoignage ne prouve rien. Rien ne dit que les deux hommes et le troisième venaient du même endroit. Le troisième, était légèrement décalé parce qu'il venait vraisemblablement d'un autre point où il servait de guetteur.&lt;br /&gt;   Même la juge Le Vert a fini par admettre au cours du procès en appel qu'ils n'étaient que deux sur les lieux du crime.&lt;br /&gt;  &lt;span style="font-weight:bold;"&gt; Donc deux hommes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;  Plusieurs personnes ont vu le crime. Parmi elles, il y en a deux qui sont particulièrement in-téressantes : &lt;br /&gt;Joseph COLOMBANI. Il est l'organisateur du concert, ami du préfet, responsable UMP, bras droit du Conseil de l'Exécutif corse.&lt;br /&gt;Marie-Ange CONTART. Elle a vu le tueur à deux mètres. Ils se sont regardés dans les yeux, le temps d'un flasch indélébile. &lt;br /&gt;   Ces deux témoins ne disent pas : « Je ne reconnais pas Yvan Colonna ».&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; Ils affirment : « Le tueur que j'ai vu, ce n'est pas Yvan Colonna ».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2 – Les témoins qui attestent de la présence d'Yvan Colonna ailleurs :&lt;br /&gt;Le soir de l'assassinat, le 6 février : Jean-Hugues (le père ) et  Josette Colonna-Beech (la tante), affirment qu'Yvan Colonna était avec eux jusqu'à 20 heures (le préfet est tué à 21h05). On dira, c'est la famille proche, ils ne risquent rien, leur témoignage ne vaut pas. (A quoi on peut aisément faire observer que les deux disent la même chose, alors qu'ils sont mis dans l'impossibilité de communiquer entre eux et qu'ils ne savent pas encore qu'Yvan est recherché. Par ailleurs, rappelons qu'il faut au moins une heure pour aller de Cargèse à Ajaccio. Il est invraisemblable que l'auteur d'un crime d'Etat se soit mis dans des conditions de temps aussi serrées. Mais ce n'est pas totalement impossible. S'il s'agissait d'un alibi fabriqué, le père et la tante auraient dit 20h30 ou 20h45 plutôt que 20 h.)&lt;br /&gt;Mais il n'y a pas qu'eux : Alex Alessandri, le berger associé d'Yvan affirme que celui-ci était avec lui jusqu'aux environs de 19h le 6 février et qu'il l'a revu dès 5h le lendemain matin  pour la traite des chèvres (au moment où Yvan est censé être chez Ferrandi à Ajaccio). Toujours ce matin du 7, Yvan Colonna fait la tournée de livraison du brucciu et plusieurs personnes l'ont donc vu (dont une commerçante d'Ajaccio).&lt;br /&gt;Attentat contre la gendarmerie de Pietrosella (6 septembre 97). On sait que les cargésiens qui ont participé à cet attentat ont quitté Cargèse à 17h.&lt;br /&gt;Or, une jeune femme de Cargèse, Sylvie Cortesi, dit avoir vu Yvan sur la plage après 17h. Leurs enfants se sont amusés ensemble.&lt;br /&gt;Plus significatif encore est le témoignage de Paul Donzella, restaurateur à Cargèse et adversaire politique des Colonna. Antinationaliste, même. Il atteste qu'Yvan est venu le soir du 6 septembre manger une pizza chez lui avec son fils. Pourquoi s'en souvient-il ? Parce que le lendemain, quand il a vu dans les journaux l'attaque de la gendarmerie, il s'est dit en pensant à Yvan, en voilà au moins un qui n'y était pas. Les policiers, les juges d'instruction, la Cour d'assises ont tout fait pour discréditer ce témoignage capital qui démolit tout le scénario de l'accusation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les témoignages à charge ne tiennent pas debout parce qu'ils sont contradictoires et qu'ils ont été retirés par leurs auteurs. Seuls les témoignages à décharge sont précis, réitérés et concordants.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-7624133799434448431?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/7624133799434448431/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_16.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/7624133799434448431'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/7624133799434448431'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et_16.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-4774144558997171313</id><published>2010-05-15T08:35:00.000-07:00</published><updated>2010-05-15T08:43:13.926-07:00</updated><title type='text'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS</title><content type='html'>L'INNOCENCE D'YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PREAMBULE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Dans quelques jours, s'ouvrira le procès des cinq personnes accusées d'avoir aidé Yvan Colonna pendant sa cavale (mai 99 – juillet 2003). Après plusieurs mois de silence, la presse parle à nouveau de cette affaire. Beaucoup d'articles prétendent apporter de nouveaux détails sur la période où Yvan, accusé du meurtre du préfet Erignac, a disparu. Ce qui paraît dans les journaux était déjà connu pour l'essentiel ou ne revêt qu'une importance dérisoire. On apprend  par exemple ainsi qu'Yvan Colonna a subi une échographie dans une clinique de Bastia le 4 mars 2003 à 17 h 37. On admirera  la précision du minutage mais on s'interrogera sur son intérêt. &lt;br /&gt;   Sur la cavale proprement dite, je crois que mon roman apporte des éléments plus fondamentaux, plus révélateurs du personnage et de sa façon d'agir et parfois plus pittoresques. Mais il est vrai que j'ai puisé à d'autres sources.&lt;br /&gt;   J'ai publié « LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE (clés pour l'affaire Colonna) » voici un an. Il a été lu par des milliers de gens. Beaucoup qui croyaient Yvan Colonna coupable ont avoué avoir été retournés. Mais certains ont estimé qu'un récit romancé relevait de l'imaginaire de l'auteur et n'était donc pas crédible.&lt;br /&gt;   Je crois le moment venu de parler au premier degré et de faire la synthèse des principaux éléments qui constituent la trame d'une affaire qui restera une tragédie pour ceux qui en sont les victimes : le préfet Erignac et sa famille ; Yvan Colonna que l'on a condamné à tort à la perpétuité et sa famille. C'est aussi une tragédie pour l'Etat et la République. &lt;br /&gt;   J'ai classé par rubriques les faits et les arguments que la longue et minutieuse enquête que j'ai menée m'a permis de rassembler. Je vais les publier ici-même sous forme de feuilleton. Aucun élément n'est décisif à lui tout seul. Mais leur convergence est incontestablement favorable à Yvan Colonna. Aucun de ceux qui connaissent le dossier ne peut l'ignorer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Comment peut-on croire Yvan Colonna innocent ? &lt;br /&gt;   C'est en gros la question que posent systématiquement ceux qui ont mal suivi l'affaire, ont écouté ou lu distraitement des informations de toute façon convergentes, et pensent que, puisqu'il a été été traité publiquement d'assassin par un ministre de l'Intérieur de gauche (J.P.Chevènement) et par un ministre de l'Intérieur de droite (N. Sarkozi), puisqu'il a été condamné en cour d'assises et en cour d'appel, c'est bien qu'il doit être coupable... Les mêmes estiment que la Police, la Justice, malgré quelques erreurs dont l'affaire d'Outreau a montré la possibilité, font grosso modo plutôt bien leur travail. Et puis ce Corse qui agresse ses juges, il n'est pas si sympathique... Quand ses copains l'avaient dénoncé, ils avaient agi sur ce premier mouvement qui est toujours le bon, comme chacun sait. Par la suite, s'ils se sont rétractés, c'est forcément parce que le « clan » Colonna les a convaincus de le faire avec des moyens sans doute peu recommandables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Pourtant, nous sommes de plus en plus nombreux à penser que l'innocence d'Yvan Colonna est une certitude. Cette certitude s'appuie sur plusieurs séries de raisons fondamentales recueillies dans les accusations des membres du commando et de trois de leurs compagnes, dans les déclarations des témoins, dans  la façon dont ont été menés l'enquête, l'instruction et les deux procès, et enfin dans la personnalité de l'accusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I - LES ACCUSATIONS &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Dans le dossier de l'accusation, il n'y a qu'un seul élément à charge : les déclarations d'une partie des membres du commando2 (pour l'essentiel Maranelli et Alessandri. Quant au chef du commando, Alain Ferrandi, il ne l'a mis en cause qu'indirectement : « ma femme a dit la vérité »), et de trois de leurs compagnes. Le ministère public a affirmé sans trève que ces accusations étaient « précises, réitérées et concordantes ». Ces trois adjectifs ont été pieusement répétés à satiété, surtout le troisième qui est le plus grave s'il est fondé. On peut même dire qu'Yvan Colonna a été condamné sur cet adjectif : « concordantes ». Et en effet, si c'était vrai, ce serait troublant. Mais si la répétition à l'infini d'un mensonge peut en faire une opinion, elle n'en fait pas une vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Les accusations contre Yvan Colonna ne sont pas concordantes, elles sont contradictoires ! &lt;br /&gt;   Examinons-les.&lt;br /&gt;   1 - Et commençons par cette contradiction de taille que le chroniqueur du Figaro, Stéphane Durand-Souffland a rappelée au cours du procès en appel. Elle porte sur ce qui s'est passé le 7 février 99, le lendemain de l'assassinat du préfet Erignac.&lt;br /&gt;   Valérie Dupuis est la femme de Maranelli. Le couple habite Cargèse. Elle déclare qu'Yvan Colonna est venu chez eux le 7 février, vers 7h30. Il a amené Didier Maranelli dans la cuisine, ils ont parlé quelques minutes à voix basse puis Yvan est reparti. Après cette entrevue, Maranelli a paru sombre et inquiet.&lt;br /&gt;   De son côté, Jeanne, la femme de Ferrandi (le couple habite Ajaccio), déclare que le 6 février, vers 21h30, son mari est rentré chez lui, accompagné d'Alessandri et d'Yvan Colonna. Ils ont tous dormi là et Yvan Colonna est resté le lendemain, 7 février, jusqu'à midi passé.&lt;br /&gt;   Stéphane Durand-Soufflant fait observer fort justement qu'Yvan Colonna n'ayant pas le don d'ubiquité, il ne peut pas avoir été en même temps à Cargèse (vers 7h30) et à Ajaccio jusqu'à midi. Même la police a été gênée par cette contradiction. Elle a donc fait modifier les dépositions des deux femmes. Jeanne déclare désormais qu'Yvan est parti de chez elle avant midi. Valérie déclare qu'il est venu chez elle après neuf heures. La contradiction est moins flagrante, elle n'en est pas moins réelle chacun comprenant bien qu'après neuf heures et avant midi, ce n'est pas la même chose. Rappelons aussi que le trajet Cargèse-Ajaccio demande plus d'une heure.&lt;br /&gt;   Des contradictions de cette sorte, il y en a bien d'autres.&lt;br /&gt;   2 -Déclarations d'Alessandri et de Versini. Elles portent sur l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, le 6 septembre 97.  Le commando est divisé en deux groupes A et B. Alessandri est dans l'un, Versini dans l'autre. Ils affirment (ils sont les seuls à le faire) que Colonna faisait partie de l'expédition. Chacun d'eux dit qu'Yvan était dans l'autre groupe que le sien. Il n'était pas dans le groupe A ; il n'était pas dans le groupe B. Où était-il donc ? Tout à l'heure, il avait le don d'ubiquité ; voilà qu'il est aussi invisible !&lt;br /&gt;   3 – Les réunions préparatoires : L'équipe se réunit à plusieurs reprises ici ou là pour préparer l'assassinat du préfet. Ils racontent tous que ces réunions ont lieu tantôt dans la distillerie d'Alessandri à Cargèse, tantôt dans la charcuterie de Versini à Cristinacce, tantôt au garage Hertz de l'aéroport dirigé par Ferrandi. Seul, Maranelli dit que certaines ont eu lieu à Cargèse dans la propriété des Colonna. C'est pourtant un détail mémorable puisqu'il s'agit du domicile du « tueur ».&lt;br /&gt;   4 – Maranelli affirme que, la veille du crime, il est allé en voiture avec Alessandri et Colonna faire une tournée de reconnaissance dans Ajaccio. Il raconte encore qu'à un feu rouge, Place Abatucci, leur voiture a été heurtée à l'arrière par une voiture dont la conductrice, Valérie Mariani, téléphonait en conduisant. Interrogée par la suite au sujet de cet accrochage, Valérie Mariani dit qu'elle est descendue de voiture pour le constat. Dans l'autre voiture, il y avait une seule personne : le chauffeur, Alessandri. Maranelli aurait donc menti.&lt;br /&gt;   5 – L'arme du crime : Maranelli (encore lui !) affirme que, dans l'après-midi du 6 février, il a con-duit en voiture Yvan Colonna « à une certaine adresse » dans Ajaccio. Là, « quelqu'un » remet à Colonna l'arme du crime.&lt;br /&gt;   De son côté, Alessandri déclare que le commando s'est retrouvé vers 18 heures au hangar de Baleone (qui appartient au garage Hertz) près de l'aéroport. Là, ce serait lui qui aurait remis l'arme du crime à Colonna.&lt;br /&gt;   Quelle étrange contradiction s'agissant d'un détail aussi important.&lt;br /&gt;    6 – Quant au crime proprement dit, le récit qu'en fait Alessandri apparaît surréaliste même s'il n'est pas à proprement parler contradictoire. Ils seraient donc trois : Ferrandi, le chef ; Colonna, le tueur et lui, Alessandri. Ils sont en train de descendre la rue Colonel Colonna d'Ornano. Alessandri est en avant. Ils croisent le préfet qui monte vers le théâtre. Alessandri continue d'avancer sans se retourner. Il entend les coups de feu. C'est seulement maintenant qu'il se retourne et voit le préfet à terre. Or, il y a eu cinq coups de feu. Entre le troisième et le quatrième, l'arme s'est enrayée. Le tueur a tapé sur la crosse, extrait le chargeur et réarmé. Tout cela représente une durée relativement longue. Le moins qu'on puisse dire c'est que les temps de latence d'Alessandri sont singulièrement lents. Ils lui permettent en tout cas de n'avoir rien à dire sur le moment-clé du drame. Il était là, mais il n'a rien vu !  Quant à Ferrandi, il refuse de donner le moindre détail : c'est le meilleur moyen de ne pas se couper. Ils peuvent donner un élément capital : le nom du tueur. Mais ils sont muets sur les broutilles ! Quels sont donc les « détails » révélateurs qu'il s'agit de cacher à tout prix ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La moindre de ces contradictions aurait dû inquiéter les enquêteurs et les magistrats instructeurs. leur addition aurait dû montrer que le dossier ne reposait que sur des accusations non pas concordantes mais fantaisistes. Tout aurait dû conduire à la relaxe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                          A suivre... Demain : « Les Témoignages »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-4774144558997171313?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/4774144558997171313/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/4774144558997171313'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/4774144558997171313'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/05/linnocence-dyvan-colonna-faits-et.html' title='L&apos;INNOCENCE D&apos;YVAN COLONNA : FAITS ET ARGUMENTS'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-1225765917115230567</id><published>2010-04-26T07:34:00.000-07:00</published><updated>2010-04-26T07:37:37.175-07:00</updated><title type='text'>Le coup de coeur de "Val aime les livres" (blog littéraire)</title><content type='html'>02 avril 2010&lt;br /&gt;Le Roman de Ghjuvianni Stephagese de Roland Laurette&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ghjuvianni Stephagese est un berger qui vit en Saveria. Ancien militant du groupe nationaliste, il s'est assagi depuis la naissance de son fils. Fils d'un ex-membre influent des cabinets ministériels socialistes qui a choisi de quitter son île natale pour le continent, il a fait le voyage inverse et est revenu vivre sur son île, arrêtant ses études pour devenir berger. Mais quand le Gouverneur est assassiné, c'est lui qui va se retrouver au coeur de la tourmente. Toute ressemblance avec l'affaire Colonna n'est bien sûr pas fortuite. Roland Laurette, qui connaît la famille Colonna, s'est méticuleusement documenté pour écrire ce roman, courageusement publié par les éditions L'Harmattan. Le roman se divise en deux parties. Nous faisons d'abord la connaissance de ce berger atypique, qui aime le silence et la solitude (un peu comme moi en fait), ce qui n'en fait pas un ours mal léché pour autant et que j'ai, au contraire, trouvé très attachant. La seconde partie du roman nous décrit l'étau qui se resserre et nous livre les détails de l'enquête, pour finir bien sûr par la condamnation de Stephanese.                                                                              J'ai ouvert ce roman en me disant que j'avais beau avoir mon point de vue sur cette affaire, je lirai ce livre comme une fiction. Et puis, après tout, pourquoi ne pas entendre une autre version des faits? Je suis vite tombée sous le charme de la plume de Roland Laurette et surtout de ce personnage qu'est Stephagese (car il reste pour moi, un héros littéraire). Le chapitre X, où il part à la recherche de ses chèvres, est mon chapitre préféré. Je l'ai lu avec émotion parce que je l'ai trouvé très beau. Quand je suis arrivée à la deuxième partie, je ne pouvais plus faire semblant d'avoir affaire à une fiction et si je reste très dubitative sur un aspect de la défense (le père se laissant influencé par la police pour qu'il change son témoignage), je n'ai pu qu'être convaincue par le fait que les deux témoins non seulement ne reconnaissent pas l'accusé, mais le disculpent. J'ai bêtement versé une larme à l'énoncé d'un verdict que je connaissais déjà et là, Colonna était redevenu Stephagese pour moi, ce magnifique héros pris au piège qui demande aux siens de ne pas pleurer devant "ces gens-là". J'ai refermé ce livre il y a plus de deux semaines mais il ne m'a pas quitté. Je ne pense pas être très influençable et pourtant... Je ne peux que remercier Roland Laurette pour m'avoir proposé de choisir l'un de ses livres et me l'avoir offert, accompagné d'une gentille dédicace. Il a travaillé avec acharnement et rage sans doute pour donner sa vérité, ce qui ne lui a pas valu que des compliments. J'ai un peu de mal à comprendre que les proches d'Yvan Colonna se soient retournés contre ce chant d'amour à un homme, à son île et à la justice (voir ici). Qu'il ait raison ou tort, on ne peut lui reprocher de se battre pour ce qu'il croit être juste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Posté par val-m-les-livres à 08:00 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]&lt;br /&gt;Tags : mes coups de coeur&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-1225765917115230567?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/1225765917115230567/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/04/le-coup-de-coeur-de-val-aime-les-livres.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/1225765917115230567'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/1225765917115230567'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/04/le-coup-de-coeur-de-val-aime-les-livres.html' title='Le coup de coeur de &quot;Val aime les livres&quot; (blog littéraire)'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-6929875117438345529</id><published>2010-03-22T02:42:00.000-07:00</published><updated>2010-03-22T03:26:42.830-07:00</updated><title type='text'>Quand l'affaire Colonna s'invite aux Régionales...</title><content type='html'>Les commentateurs ont manifestement rechigné depuis le premier tour à analyser les résultats des élections régionales en Corse. Ils n'ont évoqué que très tard la situation politique de cette région. Ils l'ont fait de façon parcimonieuse et en restant obstinément focalisés sur le combat majorité présidentielle, opposition de gauche. S'agissant de la Corse, c'était s'interdire de voir ce qui crevait pourtant les yeux et constituait le phénomène majeur de cette élection : la percée des listes nationalistes. Entre 2004 et 2010, elles ont progressé de façon spectaculaire. La liste autonomiste conduite par Gilles Simeoni s'impose désormais au premier plan du paysage politique corse puisqu'elle venait en seconde position au soir du premier tour. On doit s'interroger sur ce qui explique la forte poussée du courant autonomiste. Elle devrait alerter très sérieusement les leaders politiques parisiens. Une évolution que l'on pouvait sentir dans l'opinion de façon intuitive est en train de se cristalliser. Il est possible qu'elle continue de croître. Et cela demande que la France, en tout cas ses responsables, s'interroge sur l'avenir des structures de notre pays.&lt;br /&gt;Je voudrais pour ma part suggérer l'impact de l'affaire Colonna dans cette évolution des sensibilités corses. Au cours des débats que j'anime sur l'affaire Colonna à partir du "ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE" (l'Harmattan), on me demande souvent quelle est la position des Corses sur la question de la culpabilité d'Yvan Colonna. Je réponds que pour ce que je puis en percevoir, sur l'île, la majorité de la population semble convaincue qu'Yvan Colonna est victime d'un déni de justice. &lt;br /&gt;Aujourd'hui, le vote pour les Régionales donne des indications quantitatives. Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner les résultats électoraux du village d'Yvan, Cargèse. La liste conduite par Gilles Simeoni (et qui compte dans ses rangs Christine Colonna, la soeur d'Yvan) réunit les suffrages de plus d'un électeur sur deux au premier tour. On a bien lu : plus de 50% ! Ce qui fait qu'avec les voix obtenues par la liste indépendantiste, les listes nationalistes atteignent presque les deux tiers des voix (65% au second tour). Les listes dites de gouvernement (droite et gauche) atteignent ensemble péniblement un tiers des suffrages. Peut-on imaginer que l'affaire Colonna et ce qu'elle entraîne de compassion pour une famille injustement martyrisée comme de colère contre l'Etat n'ait pas joué son rôle dans ce résultat ? Va-t-on encore longtemps continuer de s'aveugler de façon irresponsable ? Et coupable ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-6929875117438345529?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/6929875117438345529/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/03/quand-laffaire-colonna-sinvite-aux.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/6929875117438345529'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/6929875117438345529'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/03/quand-laffaire-colonna-sinvite-aux.html' title='Quand l&apos;affaire Colonna s&apos;invite aux Régionales...'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-3405981919798347651</id><published>2010-03-01T09:16:00.000-08:00</published><updated>2010-03-01T09:17:45.219-08:00</updated><title type='text'>Pour en finir avec un débat qui n'aurait jamais dû avoir lieu</title><content type='html'>Je veux remercier ici les nombreuses personnes qui, après la mise au point que j'avais été contraint de faire, ont formulé des commentaires parvenus à mon adresse électronique personnelle.  Dans la mesure où elles ont utilisé ce moyen, je considère qu'elles ne souhaitent pas que leur réaction soit publique sans doute pour ne pas alimenter la polémique. Je ne diffuserai donc pas leurs messages sur mon blog contrairement à mon intention de départ. Qu'on sache seulement que la grande majorité m'ont exprimé leur soutien et disent à quel point elles sont désolées des attaques dont j'ai été l'objet. Quelques rares messages plus réservés adressés à Jacques Bernard disent regretter une polémique qui affaiblit le camp des soutiens à Yvan Colonna.&lt;br /&gt;   Pour ma part, j'ai dit ce que j'avais à dire et, pour moi, l'incident est clos. En conséquence je ne ferai rien pour relancer un débat qui virerait trop facilement à l'irrationnel et je ne répondrai donc publiquement à personne. &lt;br /&gt;   Je continuerai à me consacrer à la défense de la vérité dans l'affaire Colonna par tous les moyens qui sont à notre disposition. J'essaierai de le faire en adulte autonome qui prend ses responsabilités et en homme de bon sens. Je n'irai donc pas charger la barque des proches d'Yvan en les prenant à témoin de quoi que ce soit et en leur demandant de régler des problèmes dont ils n'ont que faire.&lt;br /&gt;1er mars 2010&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-3405981919798347651?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/3405981919798347651/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/03/pour-en-finir-avec-un-debat-qui-naurait.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3405981919798347651'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3405981919798347651'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/03/pour-en-finir-avec-un-debat-qui-naurait.html' title='Pour en finir avec un débat qui n&apos;aurait jamais dû avoir lieu'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-3970600692577655197</id><published>2010-03-01T02:11:00.000-08:00</published><updated>2010-03-01T02:29:09.966-08:00</updated><title type='text'>Ma réponse au sieur Abrams (celui du jeu vidéo)</title><content type='html'>L'auteur de cette excellente plaisanterie qui propose une jaquette d'un jeu vidéo éventuel sur Yvan Colonna en forme de chasse à l'homme s'est justifié par le message suivant adressé à Jacques Bernard :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abrams Posté le 27 février 2010 à 17:14:44 &lt;br /&gt;Visiblement, les gens qui attaquent n'ont pas compris qu'il ne s'agissait que d'une blague stupide (je le conçois), il n'est nullement question de créer un jeu sur Yvan Colonna, ce n'est qu'une banale image retouchée ayant pour but de s'exprimer ironiquement sur une affaire médiatisée. Si vous preniez le temps de lire vous auriez peut être remarqué que le ton ironique dans la description est à prendre au 50ème degré.   Ceci étant, je comprends votre colère, apparemment, on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Pour info, j'ai envoyé un mail aux admins du site pour supprimer au plus vite ce canular douteux. Quant à votre haine, vous seriez assez aimable de la garder au fond de votre poche... J'ai pas dans l'idée d'entamer un quelconque débat stérile avec des gens qui ne savent pas s'exprimer autrement que par la menace et la violence !   Amicalement, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici la réponse que je lui ai adressée :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Vous avez raison : on peut rire de tout. La preuve, certains le font. Vous ajoutez, reprenant le mot de Desproges, .... mais pas avec n'importe qui. Vous avez encore raison mais une question se pose alors : vous, avec qui riez-vous ? Aimez-vous hurler (de rire) avec les loups ? Ou avec les salauds ?&lt;br /&gt;   Yvan Colonna est innocent. Il est en prison depuis sept ans pour un crime qu'il n'a pas commis. Cela permet vraisemblablement de protéger des gens avec qui vous pourriez sans doute rire. Sa vie est brisée ; celle de ses proches aussi. Cette affaire en dit long sur l'état de nos institutions et de nos libertés. Ce sont des questions sur lesquelles je manque d'humour pour ma part.&lt;br /&gt;   En revanche, ce que je trouve comique c'est votre faux-fuyant : c'était un canular. Mais monsieur, c'est là l'échappatoire des cours de récréations où on se réfugie derrière le classique « c'était pour rire » parce qu'on y est immature.&lt;br /&gt;                                                                                                                                            Roland LAURETTE&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-3970600692577655197?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/3970600692577655197/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/03/ma-reponse-au-sieur-abrams-celui-du-jeu.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3970600692577655197'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3970600692577655197'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/03/ma-reponse-au-sieur-abrams-celui-du-jeu.html' title='Ma réponse au sieur Abrams (celui du jeu vidéo)'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-3604547267552947999</id><published>2010-02-27T02:13:00.000-08:00</published><updated>2010-02-27T02:17:34.772-08:00</updated><title type='text'>Une nouvelle infamie contre Yvan Colonna</title><content type='html'>CONTRE YVAN COLONNA LES PIRES MOYENS SONT BONS !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cliquez sur le lien suivant. Vous y découvrirez une infamie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&gt; &gt; Alerte Google Web : Yvan COLONNA&lt;br /&gt;Yvan Colonna : le jeu par Abrams - mygamecover.com&lt;br /&gt;&gt; Jaquette de jeux vidéo PC : Yvan Colonna : le jeu par Abrams - mygamecover.com. Créer et imprimer ses propres jaquettes de jeux vidéo.&lt;br /&gt;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, cet Abrams ne propose que des jaquettes à réaliser soi-même pour des jeux  vidéo éventuels qui relèveraient du canular. Cela ne change rien au scandale de cette affaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'opération dit crûment à quel point de déshumanisation est parvenue notre société. L'image d'un être réel qui croupit à tort en prison depuis des années est offerte pour un jeu où s'exerceraient tous les fantasmes du sadisme. Pire : il présente comme un fait allant de soi la culpabilité de la cible proposée, Yvan, et chacun, en toute légitimité, est encouragé à imaginer une chasse à l'homme virtuelle. L'auteur – un humoriste délicat - surfe sur les arrêts d'une justice antiterroriste aux ordres et sur une opinion mal informée. Il feint d'ignorer que tant qu'il y a des recours juridiques l'accusé est présumé innocent et il cautionne à son profit le déni de justice dont Yvan est victime. C'est censé faire rire ! Les proches aussi, on imagine...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se sent les coudées franches. Pourquoi ?&lt;br /&gt;Parce que, dans notre société désormais, tout ce qui permet de gagner du fric, quel qu'en soit le moyen, apparaît comme légitime. Parce qu'il peut être certain du silence de l'immense majorité des médias. Parce que nous sommes dans un piège où protester contre l'ignominie, c'est lui faire de la publicité, et se taire, c'est s'en faire complice et accepter qu'on descende encore plus bas. Parce que cela contribue à cette dégradation des libertés publiques qui a permis de condamner Yvan comme le voulait le Pouvoir, au mépris des principes du droit. Quant au reste du personnel politique, il continuera de regarder ailleurs, vers des élections, des réelections et des situations confortables...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette affaire est un échec pour chaque défenseur d'Yvan. C'est un échec pour chaque citoyen. Plus personne n'est à l'abri de cette terrible dérive. Il faut réagir y compris sur le plan pénal.&lt;br /&gt;Aujourd'hui, l'urgence est de reprendre la main auprès de l'opinion publique. La défense des libertés est prioritaire. Il faut faire de l'affaire Colonna l'affaire Dreyfus de ce début de millénaire. Pour cela, il faut utiliser tous les moyens de communication à notre portée et promouvoir toutes les initiatives. Il faut aussi doter chacun de nous de l'argumentaire simple et efficace qui lui permettra d'être l'avocat permanent de notre cause et le dénonciateur de cette monstruosité qu'on appelle la raison d'Etat. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Mon blog vous est naturellement ouvert comme lieu d'informations et d'échanges.&lt;br /&gt; Courage ! La guerre n'est pas perdue. Nous avons bien l'intention de la gagner ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                 Roland LAURETTE&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-3604547267552947999?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/3604547267552947999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/02/une-nouvelle-infamie-contre-yvan.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3604547267552947999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/3604547267552947999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/02/une-nouvelle-infamie-contre-yvan.html' title='Une nouvelle infamie contre Yvan Colonna'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-105040118961411069</id><published>2010-02-26T09:53:00.000-08:00</published><updated>2010-02-26T10:00:40.445-08:00</updated><title type='text'>un jeu vidéo contre Yvan Colonna</title><content type='html'>A ceux que l'idée d'un roman sur Yvan révulse même si le roman en question montre l'innocence de l'accusé, je signale la parution d'un jeu vidéo (mygamecover) qui prend Yvan comme sujet. Il s'agit d'une chasse à l'homme pendant la cavale. Le but du  jeu est d'attraper le fugitif. On est en pleine loi de Lynch. Voilà à quels moyens recourent nos adversaires pour gagner l'opinion publique à l'idée de la culpabilité. Et nous, de notre côté, nous devrions nous contenter de distribuer des tracts comme au temps du militantisme de grand papa ! Bravo pour l'efficacité !&lt;br /&gt;La polémique contre mon roman n'est pas seulement dérisoire, elle est l'alliée objective de ceux qui veulent maintenir Yvan en prison.&lt;br /&gt;          Roland LAURETTE 26 février2010&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-105040118961411069?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/105040118961411069/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/02/un-jeu-video-contre-yvan-colonna.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/105040118961411069'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/105040118961411069'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/02/un-jeu-video-contre-yvan-colonna.html' title='un jeu vidéo contre Yvan Colonna'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-7872377868468697433</id><published>2010-02-26T00:21:00.000-08:00</published><updated>2010-02-27T00:41:16.292-08:00</updated><title type='text'>Ma réponse aux attaques dont j'ai été l'objet</title><content type='html'>Roland LAURETTE &lt;br /&gt;Comité de soutien 06 à Yvan Colonna &lt;br /&gt;Auteur de &lt;br /&gt;              LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE &lt;br /&gt;                               clés pour l'affaire Colonna &lt;br /&gt;                                   Editions l'Harmattan &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;                                                                                                                                                                                                                                  &lt;br /&gt;      &lt;br /&gt;   Mon roman s'est trouvé, il y a quelques semaines la cible d'attaques d'autant plus surprenantes qu'elles venaient, non pas des adversaires d'Yvan Colonna mais de quelques personnes censées mener le même combat que moi. Les mots, le ton et les arguments utilisés étaient injurieux et injustes. Ce n'aurait pas été très grave si j'avais pu répondre à ces agressions parues dans Corse-Matin (13 janvier) et surtout sur le site du Comité de Soutien à Yvan Colonna (entre le 20 et le 25 janvier). Mais j'ai été censuré dans les deux cas. De même que tous les messages de soutien envoyés et dont je connais l'existence par les copies que j'en ai reçues. Ce ne sont pas des méthodes acceptables entre gens qui poursuivent un but commun. &lt;br /&gt;Je n'avais par protesté contre le black-out dont mon roman était l'objet sur le site mais là, les bornes du supportable sont franchies même si, depuis, les diatribes ont été effacées. Je suis donc contraint d'utiliser d'autres canaux pour rétablir la réalité des faits. Ce texte sera long car toute explication de la vérité demande toujours plus de temps et de minutie que l'injure et le procès d'intention. Il sera aussi l'occasion d'une réflexion sur l'action des comités de soutien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1- L'AGRESSION : Le 4 janvier, Corse-Matin et Nice-Matin publiaient une longue interview de moi réalisée trois mois plus tôt et concernant la sortie chez l'Harmattan de mon roman : &lt;br /&gt;LE ROMAN DE Ghjuvanni STEPHAGESE &lt;br /&gt;                clés pour l'affaire Colonna &lt;br /&gt; J'y réaffirmais ma certitude de l'innocence d'Yvan et les raisons qui m'avaient conduit à écrire un roman à propos de cette tragédie. J'y rappelais aussi l'opposition d'Yvan à un ouvrage sur lui, même si, dans un premier temps, il n'avait pas dit non. Ce dernier point lui est apparu ambigu et il a fait parvenir au journal une mise au point dans laquelle il dit qu'il a toujours été opposé à tout ouvrage sur lui. Il n'apporte donc rien de fondamentalement différent de ce que j'ai dit de moi-même. Le problème naît des commentaires qui accompagnent cette réponse et surtout de 2 ou 3 messages parus sur le site à partir  des propos de Christina Bianca Troncia qui va bien au- delà de ce que dit Yvan et s'ingénie à verser de l'huile sur le feu. Elle accuse l'auteur du roman de vouloir « se dorer la pilule ». Elle avait été plus explicite trois mois plus tôt : elle m'accusait de &lt;br /&gt;vouloir me « faire du fric et de la notoriété sur le dos d'Yvan ». &lt;br /&gt;Quelques éclaircissements sont nécessaires au moins pour ceux qui se sont engagés parce qu'ils sont convaincus, à juste raison, qu'Yvan Colonna est victime d'un déni de justice. On notera que cette lettre n'est jamais critique à son égard car ce qu'il subit est terrible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2- L'ESSENTIEL : Ce qui me paraît le plus important d'abord, c'est qu'aucun de mes détracteurs ne conteste la véracité des faits que je rapporte. Aucun de mes interlocuteurs dans les salons du livre, les conférences-débat que j'anime, aucun journaliste ne m'a jamais reproché la moindre erreur. Une journaliste de Corse-Matin a écrit au contraire que j'avais manifestement eu &lt;br /&gt;accès au dossier. Au mois d'août dernier, l'avocat principal d'Yvan m'a même demandé d'être le rédacteur de ce livre blanc annoncé pour l'automne 2009 et qui n'est toujours pas paru. Il faisait valoir pour me convaincre que ma connaissance  du dossier me permettrait d'aller très vite. &lt;br /&gt;Mon roman dit la vérité, donc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3- LE REFUS D'YVAN : On me reproche d'avoir passé outre la volonté d'Yvan. Je vais dire ici comment, en fait, les choses se sont passées. &lt;br /&gt;A- Remarques préalables : a/- En exprimant son désaccord avec un ouvrage qui lui est pourtant si favorable, Yvan donne, s'il en était besoin, une nouvelle preuve de son innocence. Car, s'il avait la duplicité dont le taxe l'accusation, il aurait bien évidemment applaudi à tout ce qui plaiderait en sa faveur. Il a, au contraire, récusé tous les ouvrages parus sur lui. Il l'a fait sans avoir lu aucun des manuscrits concernés. Quelles sont les raisons de ces refus de principe ? On pourra dire sans &lt;br /&gt;crainte de se tromper  qu'il a horreur de parler de lui et qu'on parle de lui. Seulement voilà : des milliers de pages ont déjà été écrites sur cette affaire. C'est ainsi. On n'a aucun moyen de s'opposer à la parution de textes hostiles. Ils sont pourtant &lt;br /&gt;l'immense majorité. Renoncer à écrire en sa faveur, ce serait donc laisser le champ libre à ses adversaires. Est-ce tenable et responsable, surtout maintenant que ceux qui ont couru le risque de l'aider dans sa cavale sont poursuivis à leur tour ? &lt;br /&gt;b/- Ouvrir le dossier de l'affaire Erignac permet d'aboutir très rapidement à la certitude de l'innocence d'Yvan. La police et les juges d'instruction antiterroristes ainsi que les deux Cours « spécialement constituées » qui ont jugé Yvan ne pouvaient pas l'ignorer. C'est donc en connaissance du déni de justice que la Cour d'Assises et la Cour d'Appel spéciales l'ont condamné. &lt;br /&gt;C'est en ce sens que ce qui est devenu l'affaire Colonna est une affaire d'Etat. A partir de là, elle ne concerne plus seulement la personne d'Yvan même si c'est sa vie à lui qui a été brisée (pas plus que l'affaire Dreyfus ne concernait le seul Alfred Dreyfus) ; elle ne concerne pas davantage seulement les Corses même si la question corse a joué son rôle dans les calculs du &lt;br /&gt;pouvoir politique qui a tout fait pour verrouiller l'appareil judiciaire. L'affaire Colonna concerne directement chaque citoyen de ce pays puisque c'est le fonctionnement de nos institutions et les libertés fondamentales qui sont en jeu. &lt;br /&gt;B- La genèse du roman : Je connais les Colonna depuis près de 40 ans. Je me suis donc intéressé particulièrement au drame qui les frappait et je me suis peu à peu convaincu de l'innocence d'Yvan. Quand tombe le verdict de la perpétuité à l'issue du procès en première instance (décembre 2007), je suis tellement scandalisé que je décide de ne pas rester les bras croisés et puisque je suis romancier, j'échafaude le dessein d'écrire un roman sur cette affaire. J'en parle aux parents qui me préviennent qu'Yvan a déjà refusé plusieurs projets d'ouvrages le concernant mais, puisque le mien est particulier, ils me renvoient vers les avocats. Ceux-ci (sauf Me Siméoni qui était en campagne électorale et qui ne m'a jamais rappelé) se rallient d'enthousiasme à ce projet. Ils pensent qu'en l'absence de fait nouveau avant le procès en appel, mon roman peut être une aubaine (après sa parution, ils qualifieront le roman d' « opportun »). Ils m'encouragent donc vivement à aller de l'avant. Je leur demande toutefois d'interroger Yvan. Je souhaite en effet sa collaboration qui serait une aide incomparable et je demande au minimum sa neutralité bienveillante. Celui des avocats qui en parle à Yvan me rapporte qu'il n'a pas donné son accord mais qu'il n'a pas dit non. L'avocat se fait fort d'aller plus loin et de  le convaincre. Dans les six mois qui suivent, on me parle comme si cet accord était acquis. On me pousse à écrire et on m'ouvre ces portes sans lesquelles je n'aurais pas obtenu la somme extraordinaire d'informations qui font de moi l'un de ceux qui connaissent le mieux ce dossier. Beaucoup de témoins et d'acteurs de cette histoire acceptent de me parler à coeur ouvert en sachant très bien quel est mon projet et parce qu'ils ont le &lt;br /&gt;sentiment d'aider Yvan. Leur bonne foi est totale. &lt;br /&gt;De mon côté je me suis jeté, nuit et jour, à coeur perdu dans un travail obsessionnel.  J'accomplis en six mois ce qui m'en aurait demandé quatre fois plus en temps normal. Pour cela, j'abandonne le roman auquel je travaille depuis deux ans ; je sacrifie le festival de musique que j'anime et l'association loi 1901 qui le met en oeuvre ; inutile de parler de la vie de famille. &lt;br /&gt;J'ajoute que je ne me contente pas de collecter des informations : je les mets en perspective et en forme. C'est cela qui permet une présentation parlante et une démonstration pédagogique de l'innocence d'Yvan. &lt;br /&gt;Quand le manuscrit est achevé, je le fais lire à la famille. Contrairement à ce qui a été écrit, la majorité de ses membres l'ont (beaucoup) aimé. Aucun ne m'a dit, « tu ne peux pas écrire cela » ; tout au plus m'a-t-on suggéré de gommer quelques détails susceptibles de blesser inutilement tel ou tel qui ne le méritait pas. Fin 2008, je présente le manuscrit à quelques éditeurs. Un grand éditeur parisien me téléphone chez moi pour me dire : « Je ne croyais pas à votre projet mais je dois reconnaître que vous vous en êtes tiré de façon magistrale. Cependant, nous n'irons pas... ». Mesure-t-on ce que signifie ce « nous n'irons pas » dans un contexte où le pouvoir s'était tellement engagé contre Yvan ? Les grands éditeurs n'iraient pas à la bagarre. Fallait-il capituler ? Un éditeur corse, pour sa part, dit le manuscrit « très bon, tout à fait publiable quant au fond et à la forme ». Finalement, il renoncera à le publier après avis de Me Simeoni (qui n'a pas l'élémentaire courtoisie de m'en parler). Me Simeoni « ne souhaitait pas voir se multiplier les ouvrages-plaidoyers » avant l'appel car « cela pourrait accroître la pression &lt;br /&gt;médiatique avant un procès qui méritait un traitement judiciaire plus serein ». La suite montrera malheureusement à quel &lt;br /&gt;point cette analyse était erronée et ce qu'il en a été de cette fameuse « sérénité » de la justice.&lt;br /&gt;C'est finalement l'Harmattan qui accepte la publication parce que cette maison s'est fait une spécialité de la liberté d'expression et parce que la question du profit n'est pas sa préoccupation première. &lt;br /&gt;Là-dessus, à la mi-décembre, Me Garbarini, mandaté par Christine Colonna, la porte- &lt;br /&gt;parole de la famille, m'appelle pour me demander de renoncer à mon projet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C- Fallait-il donc renoncer ? &lt;br /&gt;C'était une grave question et j'ai beaucoup réfléchi avant de prendre ma décision.  Le 15 décembre 2008, par courrier électronique,  je m'étonne auprès de la porte-parole qu'on ait attendu que le roman soit terminé pour estimer qu'il fallait que je l'abandonne sans me donner le moindre mot d'explication et qu'on me le fasse savoir par avocat interposé ; je lui propose que nous en discutions ensemble pour arriver à un compromis qui ne lèse personne. Cet entretien, je n'ai jamais pu l'avoir. J'ai de sa part un courrier en date du 17 qui a au moins le mérite d'admettre le déroulement des faits tel que je l'expose ci-dessus et de reconnaître ma bonne foi. En l'absence de tout contact direct, je lui réponds par le même canal pour lui exposer &lt;br /&gt;mon analyse et mes décisions. &lt;br /&gt;Je fais savoir que j'irai jusqu'au bout. Pourquoi ? &lt;br /&gt;Le roman n'est plus un projet mais une réalité. Il a un éditeur. Il m'a demandé une considérable dépense d'énergie. J'avais informé tout le monde en temps utile. &lt;br /&gt;En somme, on m'a fortement poussé à écrire ce livre. Et une fois qu'il est terminé, on me somme d'y renoncer. Désinvolture à l'égard de l'écrivain ? La porte-parole parle aujourd'hui de malentendu. Admettons. Mais au bout du compte pourquoi aurais-je dû sacrifier mon travail et l'oeuvre produite ? Lèse-t-elle Yvan ? Gêne-t-elle sa défense ? Des milliers de personnes qui l'ont lu pensent le contraire. Je ne vois pas ce que sa parution enlève à Yvan ; je vois bien à l'inverse de quoi son sabordage aurait privé la lutte contre les atteintes aux libertés. &lt;br /&gt; Des textes de toute sorte sont sortis sur Yvan (surtout contre Yvan). Cela n'a jamais soulevé la moindre protestation. Je serais fondé à me demander quel étrange masochisme laisse passer en silence ce qui discrédite et proteste devant ce qui soutient. Je défie quiconque de trouver dans mon oeuvre la moindre atteinte à l'honneur et à l'image d'Yvan. Quand j'avais posé la question à ses parents, je l'avais fait par amitié pour eux. Rien ne m'y obligeait : la plupart des éléments que je rapporte sont entrés dans le domaine public et le reste est imaginaire. En fait, la mise au point d'Yvan donne de la crédibilité à mon roman puisqu'il n'est donc pas un ouvrage de commande. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce que j'ai écrit à Christine Colonna début janvier 2009. Mais je lui disais aussi que j'allais tenir compte de l'avis de Me Simeoni et de la position d'Yvan : d'une part, pour ne pas risquer d'altérer si peu que ce soit la sérénité de la justice, le roman paraîtrait après le procès ( Si j'étais aussi intéressé que le prétend C.Bianca Troncia, j'aurais maintenu la sortie du livre à la date prévue pour bénéficier au maximum de l'effet médiatique. Et, rétrospectivement, compte tenu du déroulement du procès, je considère qu'en cédant sur ce point, j'ai commis une erreur préjudiciable à Yvan), d'autre part, il ne serait plus celui d'Yvan Colonna. Tous les noms propres et les noms de lieux seraient changés ainsi qu'un certain nombre de détails. Cela permettrait au récit d'acquérir une exemplarité plus grande puisqu'il sortirait des limites dans lesquelles j'avais accepté de l'enfermer. &lt;br /&gt;J'ajoutais mon souhait que ma lettre soit communiquée à Yvan. Je ne sais pas si cela a été fait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4 – ON ME REPROCHE AUSSI (Joëlle Croce) D'AVOIR EVOQUE L'INTIMITE D'YVAN. C'est vrai et  faux. Toutes les scènes d'intimité sont, par définition, des scènes imaginaires. Elles restent toutes extrêmement pudiques. Une lectrice corse m'a écrit au sujet du roman : « Tout y est avec la chair autour ». La vie privée, c'est cette « chair ». C'est ce qui permet au lecteur extérieur &lt;br /&gt;de s'intéresser à l'affaire Colonna. C'est exactement ce qui crée l'empathie avec le personnage. J'ai de nombreux témoignages qui vont dans ce sens. &lt;br /&gt;N.B. Le site d'Yvan Colonna présente des photos d'Yvan avec sa compagne et son fils qui relèvent de l'intimité familiale. La presse de son côté a évoqué à plusieurs reprises cette vie privée. La compagne d'Yvan, elle-même, a répondu à des interviewes sur ces questions (Par ex. V.S.D. du 22-28 juin 2005). Personne ne trouve à y redire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5 - Ai-je voulu « ME FAIRE DU FRIC SUR LE DOS D'YVAN »  ? &lt;br /&gt;A ma demande, mon éditeur verse 30% du prix HT aux comités de soutien qui diffusent le roman, c'est-à-dire trois fois plus qu'il ne me verse en droits d'auteur (1,8 € par exemplaire). J'assume la charge financière de la promotion du livre et de tous mes déplacements pour assurer divers types de manifestations, notamment des conférences-débats organisées par des comités de soutien. Qu'on soit donc rassuré : la défense d'Yvan Colonna me coûte plus d'argent qu'elle ne m'en rapporte. En donnant ces détails, je n'attends pas qu'on me remercie : j'attends qu'au moins, on ne me crache pas à la figure comme si j'étais le dernier des faussaires ! &lt;br /&gt; S'est-on préoccupé de l'argent que gagne l'imprimeur qui tire les tracts ou l'artisan qui fabrique les tee-shirts ? Quel préjugé inconscient se cache-t-il donc derrière ce parti pris contre le livre et l'écrivain ?  J'ajoute  que si le directeur de l'Aurore a augmenté ses recettes le 13 janvier 1898 parce que ce jour-là, il publiait le fameux « J'accuse » de Zola, c'était tant mieux. Tant mieux pour Dreyfus ! &lt;br /&gt; C.B.T. a exprimé son opposition aux collectes d'argent. Si on la suivait, cela signifierait qu'au nom d'on ne sait quelle pureté, on laisserait aux parents d'Yvan l'immense fardeau des frais entraînés par cette interminable affaire. Je me fais pour ma part une autre idée de la solidarité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6 – Ai-je voulu «  ME FAIRE DE LA NOTORIETE SUR LE DOS D'YVAN  » ? &lt;br /&gt;   C'est pour un autre de mes romans que j'ai obtenu le Prix La Plume de Fébus (à l'unanimité du jury) et le Grand Prix de la Ville de Toulouse. Pour Yvan, il aurait mieux valu que ces prix soient attribués au « Roman de Ghjuvanni Stéphagèse ».  J'ai animé pendant 20 ans deux festivals de musique ; pendant la plus grande partie de ma vie professionnelle, j'ai enseigné dans des classes post-bac ; j'ai milité sur le plan politique et syndical et j'ai eu quelques responsabilités dans ces domaines :  ces activités et les lecteurs conquis auparavant constituent la base de mes « réseaux ».  Je les ai mis au service de la cause d'Yvan. &lt;br /&gt;Je lui ai ainsi gagné tout un public loin d'être acquis d'avance. A quoi cela servirait-il de convaincre les convaincus ? Les tableaux de vente du livre prouvent que les réseaux de l'auteur et ceux des comités de soutien se sont mutuellement confortés et c'est tant mieux. &lt;br /&gt;Je n'ai donc pas attendu l'affaire Colonna pour mener une vie tournée vers le public. Et s'il est vrai que ce roman-là a été lu par des milliers de lecteurs, s'il est vrai aussi qu'il a donné lieu à plusieurs interviewes ou articles dans divers périodiques ou sur diverses chaînes de radio et de télévision, la couverture médiatique n'a guère été plus importante que pour le roman précédent, « Raphaëlle ou l'Ordre des Choses ». Pourquoi ? Parce que écrire sur l'affaire Colonna fait de vous un pestiféré pour la plupart des éditeurs, la plupart des journalistes, la quasi totalité des partis politiques, et pour une grande partie du public... En revanche,  quand j'ai été lu, beaucoup de mes lecteurs hostiles à Yvan a priori, ont avoué avoir été retournés par le roman. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                     QUELQUES REFLEXIONS ET PRINCIPES &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi j'ai choisi la forme du roman ? &lt;br /&gt;Le roman joue sur d'autres registres que l'ouvrage documentaire. Il donne une incomparable liberté de ton et de récit ; il autorise à mêler les genres et les matériaux, la fiction et la réalité; il s'adresse à la raison comme à la sensibilité. Ainsi, par exemple, il permet de se battre à armes égales sur le point suivant. L'un des atouts majeurs de l'accusation, c'est Madame Erignac qui a tellement ému l'opinion et les journalistes. Cela m'a conduit à valoriser dans mon roman deux figures féminines emblématiques : celle de la mère et celle de la compagne. Elles sont là, telles que je les évoque, pour contrebalancer la figure tragique de la veuve et apporter une touche d'humanité. Il fallait montrer qu'un accusé, ce n'est pas une figure désincarnée. C'est au contraire quelqu'un qui a une vie, des passions, des proches... Il fallait montrer qu'une condamnation, n'engage pas le seul condamné ; derrière, il y a la souffrance d'une famille, de tout un groupe... L'un des éditeurs qui aurait volontiers édité le roman m'a écrit très justement: “ Le parti pris de votre ouvrage, s'écartant de l'habituel ouvrage journalistique additionnant faits et hypothèses, est de faire pénétrer le lecteur au coeur du système familial, de l'intimité de l'intéressé”. Je ne saurais mieux dire. Le mérite de la littérature, qui constitue une part des lectures d'Yvan, c'est, entre autres, de donner de l'épaisseur humaine au récit.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pourquoi cette polémique sans fondement réel est-elle particulièrement mal venue ? &lt;br /&gt;D'une part, la publication unilatérale des attaques a créé le trouble et la division. Elle a donc affaibli le camp de ceux qui militent pour que l'innocence d'Yvan soit reconnue.   C'est dommageable à un moment où la mobilisation est difficile. On oublie ainsi que ce qui nous rapproche tous est infiniment plus important que ce qui pourrait nous séparer.      D'autre part, on évite ainsi d'aborder de façon dépassionnée et constructive le problème capital de la communication dans l'affaire Colonna. Cette communication a-t-elle été jusqu'ici suffisante et efficace ? S'est-elle donné les moyens de convaincre le plus grand nombre et de faire reculer les promoteurs et les complices du déni de justice ? La réponse est évidente. La meilleure preuve ? La porte-parole de la famille et son entourage viennent de créer une association loi 1901 dont l'objet affirmé est « la sensibilisation de l'opinion publique en France et à l'étranger ». Je ne dis pas autre chose ! &lt;br /&gt;Yvan n'est pas un communicant. Personne ne songe à le lui reprocher. Mais le silence qu'il observe et dont ses adversaires profitent, doit-il être la règle absolue de ceux qui  veulent faire triompher la vérité ? Là aussi, la réponse est évidente : l'existence même des comités de soutien dont la vocation est d'intervenir auprès de l'opinion publique ( pétitions, tracts, ventes de tee- shirts, manifestations diverses... ) prouve que notre volonté est, précisément, de nous exprimer. Non pas à la place d'Yvan mais de notre place de citoyens indignés par ce que révèle l'affaire Colonna. &lt;br /&gt;Au fil des mois, tout récemment encore et pas seulement en Corse, différentes  affaires montrent, à quel point on laisse la voie libre aux dérives policières.  Le camp liberticide dispose de tous les moyens. Roger Marion annonce publiquement la sortie d'un film sur l'affaire Erignac. Avec un tel propagandiste, on en imagine la thèse : elle sera défavorable à Yvan. Et nous, nous devrions nous contenter de distribuer des tracts et de vendre des tee-shirts ? Cela, parce qu'Yvan n'aurait pas donné &lt;br /&gt;son accord pour d'autres formes de communication ? Il est certes, concerné au premier chef. Mais le scandale d'Etat va bien au-delà de sa personne et de la Corse. Penser le contraire, avoir la naïveté de croire que, sans rapport de forces favorable, l'appareil judiciaire antiterroriste pourrait se convertir spontanément au respect de la Justice et de la Vérité, c'est minimiser la &lt;br /&gt;portée de l'événement et se priver des alliés qui devraient être les nôtres. Et donc risquer de se condamner à l'échec. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment lutter pour Yvan ? &lt;br /&gt;    D'un côté on entoure Yvan surtout sur le plan affectif. Cette forme d'intervention s'exprime majoritairement sur le site. Elle est honorable et utile. Mais elle peut entraîner la tentation de rester entre gens qui éprouvent les mêmes sentiments et les mêmes convictions, entre Corses aussi, parfois. De l'autre côté, on se bat d'abord au nom des principes républicains parce que le déni de justice est une menace pour tous. Dès lors, Yvan est devenu, malgré lui, l'emblème et le symbole &lt;br /&gt;d'une cause qui va bien au-delà de sa personne. Sa victoire serait celle de tous. Comme le serait sa défaite. Cette action vise à convaincre le plus de monde possible : notamment ceux qui sont hostiles à Yvan (la plupart du temps sur la base de préjugés anticorses et antinationalistes). &lt;br /&gt;Ces deux formes d'action peuvent être pratiquées par les mêmes personnes. Il appartient à chacun – dans les limites légales -  de trouver les formes du combat qui lui conviennent le mieux. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pour ma part : &lt;br /&gt;Pour ma part, j'ai écrit ce roman parce que je ne pouvais pas faire autrement. J'obéis à la règle d'Antigone : il faut toujours faire ce qu'on peut faire. A partir du moment où j'avais réuni la somme d'informations dont j'ai parlé, à partir du moment où certains s'étaient confiés à moi à leurs risques et périls, à partir du moment où s'établissait clairement dans mon esprit la démonstration qu'Yvan était innocent, je ne vois pas comment j'aurais pu garder tout cela pour moi. C'est pour le coup qu'on aurait pu m'accuser d'être un renégat. &lt;br /&gt;Une vraie question se pose : le livre écrit est-il efficace ou non ? La conclusion d'un article de Michel Seyrat qui vient de paraître en février dans un mensuel catholique apporte un élément de réponse : « Et si le roman disait vrai ? De cela, on est convaincu en fermant le livre ! ». On s'étonnera donc que tout l'effort de certains vise à en paralyser la diffusion et la lecture. Sauf si leurs vraies motivations sont ailleurs que dans l'intérêt de la vérité et la libération d'Yvan. &lt;br /&gt;Je vais animer chaque fois qu'on me le demande des réunions-débats, sans compter les centaines de discussions que j'ai dans les salons du livre auxquels je participe. On reconnaît en général ma connaissance du dossier ainsi que le caractère efficace et pédagogique de l'argumentaire. Si on veut s'en assurer, on peut prendre contact avec Stéphane DARNAUD de La Ciotat. Il a réalisé une vidéo à partir de la réunion publique que j'ai animée le 5 décembre dans cette ville. Il la diffuse pour un prix modique et  les  bénéfices  sont  entièrement  destinés  au Comité de Soutien (stephanedarnaud@free.fr). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En conclusion : loin d'avoir « utilisé » Yvan Colonna à mon profit personnel, j'ai mis au service de la cause qu'il incarne une part de mon temps, de mon énergie, de ma tranquillité, de mon argent, un certain savoir-faire, et, certains me le disent, ma sécurité...  De quoi faudrait-il donc que je me sente coupable ? &lt;br /&gt;Yvan ne m'a, certes, rien demandé. Je fais ce que je fais parce que cela me paraît juste. Et ce que je crois juste, c'est mon affaire à moi. Je ne laisserai personne intervenir dans ce champ de ma liberté. Je continuerai donc à oeuvrer dans le même sens quoi qu'il advienne.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                 Roland LAURETTE &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je publierai ici les réponses à ce texte.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-7872377868468697433?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/7872377868468697433/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/02/ma-reponse-aux-attaques-dont-jai-ete.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/7872377868468697433'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/7872377868468697433'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2010/02/ma-reponse-aux-attaques-dont-jai-ete.html' title='Ma réponse aux attaques dont j&apos;ai été l&apos;objet'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-5568810214400174230</id><published>2009-04-29T01:45:00.000-07:00</published><updated>2009-04-30T02:48:42.346-07:00</updated><title type='text'>Clés pour l'affaire Colonna</title><content type='html'>&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/JzZ3ra8QuBU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/JzZ3ra8QuBU&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="344" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-5568810214400174230?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/5568810214400174230/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2009/04/interview.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/5568810214400174230'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/5568810214400174230'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2009/04/interview.html' title='Clés pour l&apos;affaire Colonna'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3685637783101982473.post-7822677653658734772</id><published>2009-03-11T02:35:00.000-07:00</published><updated>2009-04-30T02:46:59.651-07:00</updated><title type='text'>De l'affaire Erignac à l'affaire Colonna</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;L'affaire Colonna...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt; Au commencement était l'affaire Erignac du nom de ce préfet assassiné à cause d'une dérive nationaliste inacceptable. Dans cette tragédie, les factieux ont été les jouets de fantasmes mal maîtrisés et, vraisemblablement, de commanditaires dont les enjeux n'avaient que de lointains rapports avec le patriotisme corse.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;Mais l'affaire Erignac est devenue l'affaire Colonna parce qu'à l'horreur du meurtre s'est ajouté l'acharnement à présenter Yvan Colonna comme l'assassin. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: bold;"&gt;Une coalition contre nature.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;Elle réunit :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt; - de &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;vrais coupables.&lt;/span&gt; Dans un premier temps, ils ont cherché à minimiser leur responsabilité en accusant quelqu'un d'autre d'avoir commis l'acte ultime.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt; - la &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;police antiterroriste. &lt;/span&gt;Elle a intrigué pour s'emparer de l'exclusivité du dossier et s'est fourvoyée très longuement sur des pistes qui n'étaient que des leurres.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt; - les &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;juges. &lt;/span&gt;Ils&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;ont instruit&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;uniquement à charge et ont coupé court à tout ce qui pouvait faire douter de la culpabilité de l'accusé.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt; - la &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;Cour d'Assises spécialement constituée. &lt;/span&gt; Elle s'est acharnée à discréditer les témoins à décharge. Elle a fondé son verdict non sur des preuves (il n'y en a aucune) mais sur des interprétations discutables laissées non par le sens des mots mais par les comportements et les mimiques des membres du commando et de leurs compagnes. Résultat : Yvan Colonna a été condamné à la peine maximum.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;"&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: bold;"&gt;Cette Affaire-là"&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;C'est ce dossier que je démonte dans "Cette Affaire-là", roman à paraître dès l'issue du procès en appel. La publication en a été retardée pour éviter le moindre risque d'altérer la "sérénité de la Justice". Mais ce qui se passe jour après jour, montre que les intuitions majeures sur lesquelles il repose étaient largement fondées.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: bold;"&gt;Le journal du procès&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;Je me propose d'écrire ici, chaque jour, mes analyses et mes réflexions à la lumière de la connaissance que j'ai de l'affaire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;Les faits, les incidents, les témoignages qui ont émaillé le procès en appel depuis le 9 février ont contribué manifestement à faire progresser dans l'opinion l'idée qu'Yvan Colonna n'est peut-être pas le coupable qu'on a voulu proclamer en dépit de la présomption d'innocence. Aujourd'hui, se répand l'idée que toute la lumière n'a pas été faite, loin s'en faut, et que le doute doit bénéficier à l'accusé.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: bold;"&gt;Le dernier carré&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:100%;"&gt;Pourtant, sincèrement ou non, certains affirment toujours contre vents et marées la culpabilité d'Yvan Colonna.  Il est vrai qu'il est difficile d'admettre qu'on s'est trompé. Quelques uns redoutent tout ce qui serait remis en cause par l'acquittement. D'autres auraient crié "A mort !"sur le passage de Bontemps. Ceux-là, ce qu'ils aiment, c'est l'atmosphère de la curée. D'autres encore sont mus par des préjugés anticorses peu recevables : l'histoire a montré à quelles abominations pouvait conduire la loi du "tous dans le même sac". C'est aussi de cette loi qu'a été victime le préfet Erignac.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3685637783101982473-7822677653658734772?l=rolandlaurette.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/feeds/7822677653658734772/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2009/03/de-laffaire-erignac-laffaire-colonna.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/7822677653658734772'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3685637783101982473/posts/default/7822677653658734772'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rolandlaurette.blogspot.com/2009/03/de-laffaire-erignac-laffaire-colonna.html' title='De l&apos;affaire Erignac à l&apos;affaire Colonna'/><author><name>Roland LAURETTE</name><uri>http://www.blogger.com/profile/14789859553438018519</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='20' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_oK-eGy6t8qk/Sfl2OzSgdhI/AAAAAAAAAAM/8Jw4wAi2AMY/S220/roland-laurette.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry></feed>
